4 mars 2017

Viens,on s'en fout.

Tout va bien. J'insiste. Dans la peinture qui représente ma vie actuellement, au premier regard, tout va bien. On me voit au travail, en train de lire, me documenter et écrire, créer et corriger mon texte, courir de la maison d'éditions à mes rendez-vous, le visage tourné vers le soleil. On me voit dans mon nouvel appartement, avec son toit vitré pour voir le ciel, le décorer et l'apprivoiser. On me voit avec mes amis, avec les nouveaux et les anciens, boire des thés en vrai ou passer du temps au téléphone. On me voit dans l'action citoyenne, investie et enthousiaste, prête à gravir des montagnes. On me voit avec le chat qui ronronne, du chocolat et des bouquins. On me voit au cinéma, au théâtre ou manger des frites avec les doigts. Au premier regard, tout est joli et coloré. Mon cerveau est en ébullition et les idées fusent à l'infini.

Attardons-nous sur ce qu'on ne voit pas, tournons la peinture. Derrière, il a l'envers du décor, le "background", tout ce qu'il a fallu gravir, franchir, subir et supporter pour arriver où j'en suis, le 4 mars 2017 alors que je vous écris. En réalité des choses ont eu lieu et je ne les ai pas digérées, j'ai encaissé, poitrine au vent, "allez c'est bon c'est rien, on verra plus tard". Un jour, ce plus tard nous explose à la tronche. Pas d'un coup violent, non. Mais dans le quotidien. Un coup de stress, une angoisse incontrôlable pour des choses d'ordinaire tout à fait banales, Une montée de larmes sans raison, et l'impossible moment , là où le sommeil nous cueille d'ordinaire et qui ne vient pas.... 

Alors que s'est-il passé de si grave? Croyez-moi j'ai cherché, surtout quand l'une de mes proches amies m'a dit qu'elle me trouvait "triste". Triste. Pas irritable, pas chiante, pas insupportable ou colérique. Triste. C'est dire!J'avais besoin de me reposer pour y réfléchir. Je ne me rendais pas compte que c'était de la tristesse, je pensais que c'était de la fatigue. La fatigue de vouloir tout contrôler et de ne pas y arriver.

La tristesse, l'insécurité, l'angoisse de perdre des repères. Oui, et en remontant le fil j'ai retrouvé le jour où toutes les trois elles sont revenues squatter dans ma vie. Nous étions en novembre 2015.

Y a des copains!