Memories 4 ever

Trés souvent on me dit que j'ai une bonne mémoire, que je me souviens de tas de trucs, de tas de détails qui finalement pour d'autres sont uniquement des détails et qui pour moi continuent à rester là, bien rangés dans la bibliothèque de mon cerveau sans craindre le poids des années.

Et c'est parfois de là que surgissent les souvenirs, les beaux surtout, mais les mauvais apparaissent, la nuit parfois, ou par flash, subitement, sortis de nulle part.

C'est ainsi qu'au détour d'une rue, un jour comme les autres, j'ai cru rêver en voyant assis sur un banc un garçon blond aux cheveux longs, tout de noir vêtu et avec un visage d'ange ; cette vision m'a renvoyée quelques années en arrière, face à la même vision, au même ressenti, aux frissons, à l'air chaud de l'été, le parallèle s'arête là, puisqu'il aurait fallu y ajouter la musique qui résonnait ce jour-là, ce fameux jour d'août 1997 sur une plage de Nocera Terinese.....

Comment oublier ce visage, ce nom et les peines et joies associées à ce personnage sorti de nulle part qui aurait pu être inventé tant il est différent, extra ordinaire, et a peuplé mes rêves d'adolescente, de jeune adulte, jusqu'à une date trés récente finalement, 2007, où le rêve, l'imagination, a fait place à la réalité et où l'image fantasmée s'est brisée d'un coup, comme un mirage, comme une émanation dissipée dans l'air, qu'on croit avoir vécue, qu'on ne démêle plus de la réalité. 

Et pourtant, en 2016, il m'a suffit de voir quelqu'un de ressemblant pour repenser à lui, pour me demander ce qu'il devient, comment il va. Je sais où il se trouve, je l'ai même recroisé l'année dernière, mais que pourrais-je lui dire? Rien. Ou pas. Mais dans quel but? Le passé est passé, n'en parlons plus. 

Je conserve et promène son souvenir dans les cellules de mon cerveau.

Mais ça ne s'arrête jamais à une personne, vous le savez bien, les souvenirs, reviennent toujours quand on est apaisé, ou quand on ne s'y attend pas. Dans les rêves apparaissent des visages du passé, ces visages enfouis et presque oubliés, ou bien ceux qu'on a cristallisé en nous, au fond de notre coeur et qui ne s'effaceront jamais.

Aussi certains d'entre eux, que je ne retrouverai ni sur Facebook ni sur Copains d'Avant, parce que réellement disparus de la surface du globe et peuplant les étoiles, viennent-ils parfois de trés loin me rendre visite la nuit, en rêve, clairs, vibrants, souriants, beaux, épanouis, comme on souhaite les savoir.

Et il y a ces noms qu'on évoque, qui ont laissé des traces dans notre parcours adolescent, qui ressortent lors de soirées avec nos amis de toujours et qu'on ne parvient plus à chasser de l'esprit, tant et si bien qu'on finit par les chercher sur internet, juste pour voir leur visage, connaître un peu leur vie, juste comme ça, avec une sorte de tendresse bienveillante réservée aux bons vieux amis.

Les souvenirs, doux ou douloureux sont des bribes de notre vie et nous permettent d'avancer, de trouver des repères,de ne pas perdre de vue le chemin parcouru.

Que les noms d'hier réapparaissent aujourd'hui, que les réseaux sociaux soient suffisamment intelligents pour me ressortir des publications d'il y a 8 ans, parfois surprenantes, parfois en pleine face, parfois inattendues, je suis libre d'en faire ce qu'il me plaira.

Pourquoi retenir des anniversaires, des vieux numéros de téléphone, des prénoms, des noms complets, des familles entières de personnes que je ne vois plus, que je ne côtoie plus, parce qu'on a beau se jurer nos grands dieux que rien ne nous séparera jamais, la seule chose qui ne disparaît pas, c'est ce qui est écrit.

Des lettres d'amour les plus précieuses, aux mots doux les plus jolis, des petits carrés de papier pliés et insignifiants, des petits mots griffonnés à la page de nos anniversaires, tout ça et plus encore, l'encre, photographiée ou déliée, reste pour toujours dans l'Histoire, sur la peau, dans les albums, dans les cadres, et dans la mémoire.

De mes agendas de sixième à la terminale, des visages et des fous rires, des gens que notre coeur a aimé de prés ou de loin, des blessures et des joies, tout a été conservé dans mon coeur et dans mes yeux.

Il suffira de sentir un parfum, d'entendre une chanson, ou de frôler une image du bout des doigts pour monter à bord de mon propre vaisseau à remonter le temps. L'émotion est immédiatement la même, fugace, reconnaissable entre mille, irremplaçable.

Chaque décennie est rangée correctement dans la boîte noire et il semble qu'il reste encore pas mal de place.

Pour les jours du présent qui deviennent des souvenirs quand le soleil se couche, pour ces piques niques au Parc Vauban, ces balades dans la ville, ces footings improvisés, ces surprises dans les cours du vieux lille et ces séances cinés au pied d'une cheminée, ces photos prés de la piscine, ces bisous sous les arbres et ces balades en barque, ces petites piqûres de rappel qui te font te souvenir que tu es vivant.

Vivant et libre. Parce que la mémoire se travaille pour ne rien oublier, sans s'encombrer, sans que cela ne pèse lourd sur nos paupières, juste assez pour être celui ou celle qu'on est, une personne avec une histoire.

Mon histoire continue de s'écrire à mesure que je "grandis", à mesure que j'élève mon âme et mon esprit, et vous, mes amis, mes lecteurs, vous m'accompagnez sur ce beau chemin qu'est la vie.

Croisons nos vies de temps en temps....

Je vous embrasse.


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