21 mars 2016

Chat perché



Cette simple photo m'a transpercé le coeur.

Parce que cette femme, avec son chat en porte bébé, qui a traversé son pays en guerre et en ruines, qui a marché, marché, marché, jusqu'à cette frontière entre la Macédoine et la Grèce, ça pourrait être moi.

Parce que si mon pays, ma ville, devaient être frappés par une guerre, je fuirais moi aussi, avec mon chat.

Et dans mon sac à dos, je mettrais des livres, de la nourriture pour elle, quelques vêtements, de l'argent,  mon calpin avec tous les numéros de téléphone et mon passeport.

Pas ma tablette, pas mes talons hauts, pas mon maquillage.

Le minimum.

Alors voilà, ces gens qui fuient leur pays en ruines sans se retourner, en ravalant leurs larmes, en courant presque, ce sont vous et moi.

Ce sont ces gens qui sont allés à l'école, à l'Université, au parc, au cinéma, aux terrasses des cafés, au restaurant.

Ce sont ces gens qui étaient médecins, professeurs, ébénistes, boulangers, fleuristes, et qui sont maintenant étiquetés "migrants" et parqués dans des camps de fortune.

Ce sont nos voisins et la communauté internationale les traite - avec plus ou moins de complaisance et/ou d'humanité c'est selon- comme des dangers, comme des gens sales, comme des barbares, leur confisquant leurs passeports, les renvoyant chez eux, c'est tellement pas leur problème qu'ils vivent ou qu'ils se prennent une bombe sur le coin du nez.

Bref, que faire? Commencer par les considérer comme des humains et non comme un espèce de bloc de barbares sans foi ni loi alors qu'ils fuient des fanatiques qui tuent au nom d'un Dieu qu'ils méconnaissent.

La religion qui nous parle universellement d'amour et de paix semble avoir été entièrement réécrite par des gens qui n'ont qu'une envie, le pouvoir. Et c'est anti religieux, donc ça devrait s'annuler, mais à la place ça explose et ça fait peur.

Alors les gens qui ont un pouvoir poilitique, dans des "démocraties" décident du sort des êtres humains qui n'ont rien demandé et les ballottent de frontière en frontière et de gares en gares, de bateaux en bateaux et de camps en camps. Eux, ils sont "gentils"au moins. Mouais.

Alors que ceux qui fuient nous sont dépeints comme des violeurs (cf nouvel an 2016 en Allemagne) avant d'être dédouanés (mais le mal est fait et s'est insinué dans les esprits!) ou comme des animaux hein, bien sûr, nous CITOYENS nous devrions - peut-être - nous mettre à leur place.

Parce que rien n'est jamais acquis, ni l'eau potable qui coule de nos robinets, ni la tranquillité de notre vie, et que ce serait bien de redevenir un peu humains.

Finalement, ça tient à quoi la vie? A un battement d'aile de papillon. A un cil. A rien.

Au lieu de sur consommer, de sur vivre, de sur bouffer, ne ferait on pas mieux de vivre et de nous contenter de ce dont nous avons vraiment besoin?

Ne devrions nous pas donner davantage, qu'acheter davantage? Ne devrions nous pas, éventuellement, apprendre à vivre en communauté? Ne devrions nous pas être soudés? Solidaires, intelligents, honnêtes, sincères, spontanés?

Oui, bien sûr je rêve. C'est ce que vous vous dites?

Alors commencez par là. Arrêtez. Pensez à la photo et à ce que vous mettriez dans votre sac à dos si vous deviez fuir votre pays en guerre. 

Pensez à votre vie d'aujourd'hui. Avez vous besoin de tout ce que vous possédez?

Connaissez vous vos voisins? 

Il est temps.

Revenons aux fondamentaux, aux liens humains, aux liens réels, n'ayons plus peur de faire un pas vers les autres, soyons capables de former un tout, ensemble, et d'accueillir les autres.

Soyons heureux et conscients d'être libres. Soyons heureux et conscients de notre chance.

Et prenons exemple sur les chats. Prenons de la hauteur. Jouons à chat perché.

Je vous embrasse.

2 commentaires:

Romain Brault a dit…

Bonjour Laura,

Comme je l'avais annoncé dans un précédent commentaire, je reviens de temps à autre sur votre blog pour y lire vos articles que je trouve fort agréables, car pour moi ils sont très bien écrits. Je n'avais donc pas menti.

Vous signez ici un billet très pertinent et touchant sur un sujet délicat.
Votre conscience, votre sensibilité et votre bienveillance à l'égard du monde dans lequel nous vivons vous honorent.

Je partage votre opinion sur le sort tragique des "migrants", qui sont avant tout des victimes de la guerre, et dont on ne reconnaît peut-être pas assez bien le statut.
Que ferions-nous à leur place ?

Déjà qu'entretenir son propre bonheur réclame une attention particulière et quotidienne, se soucier en plus de la misère du monde est une belle marque de générosité et d'empathie.
Cependant, selon moi, pour se protéger psychologiquement et moralement soi-même, il faut peut-être malheureusement faire un peu preuve d'égoïsme pour profiter de sa vie pleinement.
Je pense qu'on ne peut pas se sentir responsable et prendre sur soi tous les malheurs qui se produisent à chaque instant sur cette planète, car la « compassion universelle » pourrait nous pousser au suicide...

En tout cas, merci pour votre blog et continuez comme ça !

Romain

Y a d'la joie! a dit…

Cher Romain, merci de me lire, rassurez-vous, je suis particulièrement égoïste en écrivant ce post, penser aux autres me permet de me positionner dans le monde, je n'ai pas de compassion universelle, je suis juste moi. Prenez soin de vous et à bientôt 😊

Y a des copains!