16 oct. 2015

L'impact

Je me pose souvent cette question ces derniers temps. Quel impact ont mes changements sur les autres pour recevoir tant de questions ou constater tant de réactions étranges face à ma façon de vivre?

Si je partage mon évolution, ce n'est pas pour imposer aux autres mon mode de vie ou mes changements mais bien pour partager. Mon intention est de faire participer le plus grand nombre aux étapes du changement car je sais qu'il n'est pas évident de changer du jour au lendemain, que chaque étape que je vis, quelqu'un l'a vécu avant moi et quelqu'un la vivra après moi.

Que j'arrête le gluten, le sucre, la voiture, la télé ou le lait de vache ne concerne que moi on est d'accord. 

Mais si j'en parle, ce n'est pas pour faire mon intéressante comme on dit à l'école primaire, ni pour vous contraindre, vous qui me lisez, à emprunter le même chemin.

C'est simplement parce que j'ai découvert qu'une autre voie que celle qui nous est "proposée" est possible, celle que l'on choisit.

Je m'interroge chaque jour sur ce que cela coûte aux autres de m'écouter parler de ce que j'ai changé dans ma vie. Je constate de l'étonnement, de la peur, de la gêne et parfois cachée derrière un bon mot, de l'esprit et de l'humour, une forme d'envie (d'avoir passé le pas)

Je ne suis pas plus forte ou plus intéressante, je n'ai rien de plus que vous.

J'ai perdu une amie chère et le monde a cessé de tourner quelques instants. L'instant d'après, les voitures continuaient de rouler, les trains et les avions partaient toujours à l'heure et aucun cataclysme n'avait eu lieu.

Le marchand de fleurs vendait des fleurs et la boulangère du pain. Rien de perceptible ne pouvait casser le rythme du monde.

Pourtant dans mon for intérieur, tout était bousculé. Le jour où j'ai appris sa maladie, le jour où je l'ai vu abîmée par la chimio, le jour où je l'ai vu la première fois avec ses nouveaux cheveux après la repousse, le jour où je l'ai vu pour la denrière fois, le dernier texto, le jour où j'ai reçu un appel pour me dire que c'était fini.

Voilà ce qui a bouleversé ma vie, quoiqu'en disent ceux à qui cela fait trop peur pour regarder la vie en face.

Sans cette série de "jours où" sans doute parlerait elle de moi à l'imparfait à ma place ou sans doute pas.

En tous les cas, mon changement a été bousculé par sa vie à elle, par son courage, par sa force, je ne suis pas meilleure, je ne suis pas plus intelligente et je ne sais rien.

Je vis des expériences, je découvre que j'ai un corps, je découvre que je peux m'en occuper parce que c'est nécessaire impérieux, indispensable.

J'évite les maladies, je prends soin de mon âme et de mon cerveau, mais en quoi cela vous met il en danger?

Pourquoi chacun de mes choix doit il être discuté, analysé, décortiqué ou jugé?

Pourquoi quand on élimine quelque chose de sa vie, on doit s'en excuser? Pourquoi pour arrêter de manger quelque chose qui nous empoisonne on doit absolument démontrer physiquement qu'on souffre, alors qu'en fait ça va mieux?

Je n'ai jamais compris.

Pour pouvoir arrêter quelque chose dans la société d'aujourd'hui, il faut presque inventer une excuse pour éviter les questions et les jugements.

Je trouve ça incroyable au sens premier du terme, de devoir justifier un choix.

Chacun est maître de sa propre existence! Demande-t-on à celui qui juge les raisons de ses questions?

Qui a déjà demandé: "pourquoi me poses tu cette question?" au lieu de se justifier à coups d'arguments et de contre arguments?

On me demande sans cesse de parler de ma vie professionnelle précédente, on me demande souvent de témoigner.

Les gens sont-ils restés dans le passé quand j'ai mis en oeuvre deux ans durant tout un tas d'expériences nouvelles pour avancer?

Ai-je pris tant d'avance que seuls mes amis proches sont à mon rythme?

N'a-t-on pas le droit de changer d'avis pour se trouver? Doit-on per forza ABSOLUMENT entrer dans un moule et afficher son étiquette aux yeux du monde pour qu'il soit rassuré?

Parce que ce qui effraie, outre le changement de métier ou d'alimentation, c'est bien le changement tout court.

On se projette, et on s'imagine au bord d'un précipice, "j'en serai incapable". 

Quelle idée!

Les seules limites qui existent sont celles que nous nous posons nous-mêmes!

J'ai eu peur moi aussi. J'ai douté, j'ai eu froid bien sûr.

Mais je n'ai plus jamais emmêlé mes jambes en marchant depuis que j'ai pris le bon chemin, je suis tombée tant de fois, tant d'années, et maintenant, plus rien.

J'ai cru que je n'arriverasi pas à courir, c'est faux, moi aussi j'ai des jambes. J'ai cru que je ne sortirais jamais des ennuis, mais j'ai relevé la tête. J'ai cru que je ne trouverais jamais ma voie, ce que j'aurais envie de faire chaque jour, et j'ai suivi mon instinct.

Quand j'ai débranché et vendu ma télé, on m'a demandé "comment tu vas faire?" sans finir cette question que j'étais sensée comprendre. Faire quoi? Comment je vais faire quoi? vivre? j'y arrive déjà!

Quand j'ai arrêté le sucre on m'a demandé "mais tu n'as pas de manque?" j'ai pensé que le chasseur cueilleur arrivait à pêcher à mains nues sans sa ration de nutella tous les matins.....et le mot manque m'a fait sourire, qui peut me dire qu'il ne s'agit pas d'une drogue?

Pourquoi? Comment? Ah bon? Mais enfin:! tu en as besoin! 

Merci de vous inquiéter pour.... vous mêmes. Vous vous projetez et vous flippez comme si en arrêtant je vous obligeais à modifier votre existence.

Mais pourquoi?

Quand je parlais de politique sur les réseaux sociaux - bien mal m'en a pris puis j'ai découvert la fonction "je ne veux pas voir ça " un peu tardivement -  j'étais à fleur de peau.

Si préoccupée par l'amour de mon prochain, la tolérance et le respect que beaucoup de discours m'horripilaient.

Mon intérêt pour les vrais problèmes s'est alors éveillé: 

Et si pour nous éviter de penser à ce qu'on met dans nos assiettes et dans nos verres, on agitait le spectre de l"étranger" pour nous faire peur, nous faire manger, nous faire boire, nous faire fumer, nous faire oublier qu'en fait tout cela est construit de toutes pièces alors que l'important, l'urgence, est ailleurs?

Qu'y a t il de plus important que la Planète sur laquelle nous vivons et qui a épuisé toutes ses réserves naturelles? Qu'y a t il de plus nécessaire que l'eau potable? qu'y a t il de plus quotidien que la nourriture que nous ingérons?Comment continuer à vivre de la sorte?

Et j'ai découvert qu'on pouvait vivre différemment, que des acteurs citoyens existaient, qu'ils étaient zébrés et qu'on pouvait leur faire confiance car ils agissaient au lieu de parler à 10000 euros la minute dans l'hémicycle pourtant élu en notre nom.

Je ne suis pas une révolutionnaire, je suis d'une nature plutôt optimiste et je crois que tout peut être amélioré.

Oui tout. A condition de le vouloir.

Sinon on peut rester comme ça et attendre que ça se passe. Quand il n'y aura plus rien, on pleurera. A moins que nous ne manquions d'eau potable pour créer des larmes.

C'est du bon sens, c'est un cerveau parfaitement irrigué et sans aucun sucre ajouté ou toxine quelconque qui le pense, je ne suis pas moins
humaine ou plus forte. Je suis juste réveillée, et décidée à ne pas laisser vivre ma vie par d'autres que moi même.

L'impact de mes mots/maux ne peut pas aller au delà de ce qu'ils sont, je ne suis responsable que d'eux. 

Pas du ressenti de ceux qui m'écoutent. Mais je suis disponible pour en discuter. Quand même.

J'avais besoin de partager ces réflexions avec vous, j'aspire au calme intérieur et à l'énergie décuplée, j'espère chaque jour meilleur, et je continuerai à être tolérante envers mon prochain. 

Parce que je ne refuse pas qu'on pense différemment de moi. J'aimerai juste dire que ce que je vis n'est pas une vérité absolue qui s'applique à tous. Juste à moi. Et j'aimerai tellement que cela soit entendu, assimilé, compris et respecté. Comme je le fais pour chacun d'entre vous même quand ça me chiffonne.

Je vous souhaite de pouvoir en faire autant, d'être sûrs de vos choix, de vos convictions, de ne pas avoir peur de qui vous êtes ou voulez devenir. Je vous sais forts, je vous sais capables, je vous devine volontaires mais timides, j'ai confiance en vous pour prendre en mains votre propre destinée.

Je vous embrasse chacun et chacune trés fort car je sais que vous avez hoché la tête plus d'une fois en me lisant.

Prenez bien soin de vous, c'est un conseil, pas un ordre.

A trés bientôt!


3 commentaires:

Ballou a dit…
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Ballou a dit…

Bonjour madame,
Je suis heureuse de voir au travers de vos publications, votre " changement "!! Je vous lis depuis pas mal de temps et je prend plaisir à voir que vous vous épanouissez dans votre nouvelle façon de vivre.
Vous devez avoir pas mal changé depuis l'époque ou je vous ai connue!!
Comment vous oublier vous cette prof qui m'a tant appris bien au delà des simples cours de droit que vous dispensiez à la fac!!
Vous étiez ( et êtes encore je n'en doute pas) une personne hors du commun, joyeuse en tout temps, souriante et qui transpirait la bonne humeur!!
Vous avez su me donner la force de me battre pour continer dans ce que j'avais entrepris!! J'arrivais à vos cours motivée comme jamais, en plus le samedi matin :)
Je vous admirais à l'époque et je pense encore plus maintenant quand je vois comment vous avez le courage d'assumer votre vie!! Je vous admire!! Je trouve ça fabuleux!!!
Je pense à vous régulièrement, vous avez sans le vouloir marqué ma vie de votre emprunte en m'acceptant telle que j'étais en ne me jugeant pas et en me transmettant tout votre savoir faire et votre humanité!
Je ne vous avez jamais remercier à l'époque, je le fais maintenant! Merci milles fois pour tout!
Je vous embrasse bien fort, et vous souhaite tout le bonheur du monde!!

Une ancienne élève de Lille II :)

Y a d'la joie! a dit…

Mille mercis chère Ballou 😉 je suis extrêmement touchée par cet adorable message ❤ si j'ai pu t'apporter quelque chose de positif alors j'ai réussi ma mission d'enseignant et surtout d'être humain!Qui peut bien se cacher derrière ce pseudo? J'espère que tu es heureuse dans ta vie!bonne continuation et viens me voir ici de temps en temps!bisous!!!

Y a des copains!