28 sept. 2015

Running with Great Body

Depuis deux années maintenant, j'ai commencé à m'occuper de ce que la vie m'a donné de plus précieux, un corps.

D'abord, j'ai cherché à comprendre ce qui l'empêchait d'être en bonne santé, et j'ai trouvé le salut dans une nouvelle forme d'alimentation, en éliminant ce qui l'empoisonnait, le sucre du blé.

J'ai réduit les apports en sucre, ce qui m'a donné un regain d'énergie, un sentiment de satiété plus facilement atteint, et j'ai découvert de nouvelles céréales, même de nouveaux aliments!

Ensuite, j'ai pris soin de ma peau, alors j'ai commencé à boire plus d'eau, pour hydrater mon corps de l'intérieur et à l'extérieur.

Dormir est devenu un vrai plaisir, un besoin et une activité saine.

Et bien entendu, après avoir perdu près de 33 kgs, j'ai ressenti le besoin de bouger ce corps qui avait tant souffert de son inertie.

Il me réclamait de bouger, c'était trés impressionnant! On ne peut pas dire qu'on m'ait donné le goût du sport et de l'effort dans ma famille.

Je n'ai jamais fait de sport en club et j'étais toujours la dernière au cross du collège et j'étais nulle en sport en général, le saut de haie a fait partie de mes meilleurs souvenirs, je faisais tomber toutes les haies au lieu de les sauter, bon et alors, c'est aussi une prouesse.

Des années se sont écoulées jusqu'à ce que My Hamy Coach ne s'occupe de moi en 2009 et heureusement que c'était mon ami de toujours qui m'obligeait à me lever à 7 h pour aller courir, et se laissait copieusement insulter quand il me demandait de bouger ah la la c'est bien vieux tout ça.

Maintenant, j'ai des vraies baskets, un équipement complet, et je me lève de moi même pour aller courir.

Oui courir. J'en ai besoin psychologiquement et physiquement.

J'ai commencé par une course au profit de Ludopital pour les enfants malades. Quel défii n'est ce pas?

3 kms au parc barbieux de Roubaix, sous un beau soleil, avec ma cousine Graziella. Je n'avais personnellement pas couru depuis facilement 5 ans.

On a couru sur quelques centaines de mètres pour prendre le départ avec tout le groupe puis marché vite parce qu'on ne savait pas trop comment on allait survivre, pour la première fois.

Mais on n'a pas arrêté, on a fait les trois kilomètres en 30 minutes, à un rythme assez rapide, qui nous a valu quelques courbatures à l'arrivée et une immense fierté.

C'était une belle expérience et ça m'a donné envie de recommencer, le dimanche suivant.

Mon amie Annie est venue me "coacher" et soutenir, celle que les américains surnomment Great Body....tout un programme n'est ce pas?

Quatre kilomètres. Un don de soi, une générosité à l'état pur, une vraie belle personne, qui décide de se lever un matin pour m'insuffler sa passion pour le dépassement de soi, pour le corps sain et l'esprit qui va avec, pour le plaisir de partager. Je suis encore plus fière de moi et j'espère pouvoir un jour recevoir un aussi beau compliment.

Dimanche, j'ai enfilé mes baskets et je suis sortie seule, courir trois kilomètres. Trois merveilleux, extraordinaires kilomètres. J'ai tellement ressenti de liberté, de joie quand j'ai rejoint l'arrivée!!!

J'entendais la voix de mon "great body" qui me disait, "je n'ai pas décidé que tu t'arrêterais! allez! montes l'escalier pour ne pas perdre le rythme" comme un petit gimini cricket dans ma tête excellent moyen pour me faire avancer!

Alors voilà, c'était le bon moment, mon moment. J'ai compris. J'ai de la chance. Je suis assez en forme pour faire aller mes jambes et courir, j'ai des poumons qui me permettent de respirer et de ne pas souffrir à chaque foulée, des chevilles qui malgré le poids soulevé, ont le courage de soutenir mon nouveau corps, dans les derniers 15 kilos.

Je suis en bonne santé, parce que je l'ai décidé. Et je ne laisserai plus rien se mettre sur mon passage.

Et courir, surtout ça me donne l'impression de voler. De m'élancer dans les airs et de m'envoler. Comme jamais je ne l'avais ressenti auparavant. Alors je cours, une fois par semaine, j'espère bientôt deux fois, puis trois.....j'ai un objectif, courir dix kilomètres en septembre prochain à la braderie.

Je pense que je peux y arriver, j'en suis même sûre. J'ai des regards bienveillants, je crois en moi, c'est possible.

Et mon corps deviendra celui qu'il n'aurait jamais dû quitter: a Great Body.

Ce moment, je l'ai gravé dans mon carnet de gratitude, où je remercie ceux qui me font du bien.

Et j'ai ajouté quelqu'un en dessous d'Annie, de Jeanne, de Dominique Herlin, de Mélanie, d'Amandine, d'Eva , de Caroline, de Leila, de Carmela, de Manuelle, de Marina et de Benjamin ainsi que de chacun de mes amis .....je me suis ajoutée. Je n'en suis pas là par hasard. Je l'ai décidé. Et je m'en remercie.

Je vous embrasse.



16 sept. 2015

TV off.

Chère ALTUS HD, 

Je t'écris ce soir, pour te souhaiter une belle nouvelle vie dans ton nouveau foyer.

Car oui, enfin, j'ai décidé de te rendre ta liberté.

Je suis consciente du vide que ton absence va créer dans mon salon, mais je ne suis pas triste, moi qui d'habitude suis si sentimentale, avec les gens, les animaux et les objets.

Tu es arrivée dans mon foyer douillet en janvier 2008, j'ai pu m'offrir tes services suite à l'obtention de mon diplôme,  moyennant quelques deniers récoltés à cette occasion.

Je suis trés heureuse que tu m'aies accompagnée tout ce temps et je ne regrette pas ces heures passées affalée dans le canapé, passive, à regarder les conneries que tu projetais dans mon iris innocent.

D'ailleurs, tu fonctionnes parfaitement et je sais que tu donneras entière satisfaction à ta nouvelle propriétaire.

Je suis juste lasse. Fatiguée. Je bascule du côté obscur, le côté des intellos, ceux qui lisent des livres et écoutent la radio, ceux qui réflechissent au lieu de s'abreuver de ce que tu leur proposes, de ceux qui occupent leurs soirées à faire autre chose qu'à zapper.

Je sais qu'en le faisant, je me coupe d'une partie du monde non négligeable. La partie des gens "normaux" qui aiment Jean Pierre Pernault, et adorent regarder Arthur le vendredi soir sur Tf1.

Je me souviens avoir réfléchi longuement quand, à Montréal, j'ai découvert que Lison n'avait pas la télé. J'ai été surprise. Puis je me suis souvenue que mon prof de Philo non plus n'avait pas de télé, mais vu l'étendue de sa culture générale j'ai fait un calcul rapide et me suis dit qu'il n'en avait pas besoin. (mais bon, lui il était prof donc...)

Comment diantre faisait il pour savoir tout ça sans BFMTV, la chaine télé réalité de l'info? Bon c'est vrai, en 1997, cette chaine n'existait pas. Mais quand même? Peut on imaginer vivre sans regarder le journal télévisé?

Oui chère ALTUS HD, on peut.

Je survivrai sans voir les séries sur m6 les après midi, je pourrais respirer sans voir la millième rediffusion des mystères de l'amour et j'arriverai sans doute à concevoir mon avenir sans voir n'oubliez pas les paroles.

J'ai arrêté de regarder le journal télévisé il y a quelques années. Le flash info à la radio me suffisait.

J'ai arrêté de regarder les émissions en rapport avec les enquêtes, les crimes, les meurtres, la police, la délinquance, le racolage et tutti quanti il y a deux ans, hasard du calendrier sans doute, soit environ 98% des émissions télévisuelles actuelles.

Parfois, j'allume. Parfois, je zappe. Et souvent j'entends des mises en scène scabreuses, je vois des émissions sans saveur, je me rends compte qu'on essaie de me manipuler entre une pub pour le coca cola qui apporte de la joie (et du cholésterol roooo chut) et des magnums qui foutent du gras au bide de ceux et celles qui aiment ne rien faire devant la télé.

Ah ça , ça va me manquer. J'adore la publicité. Je pourrais zapper des heures à sa recherche pendant que les autres vont aux toilettes. Tu vois, c'est mieux qu'on se sépare. C'est psychologiquement mieux je veux dire. 

Se détendre en regardant la télévision. C'est un concept.

J'ai cru moi aussi me détendre. Quand on sait que pour un sommeil de qualité il faut arrêter tout contact avec un écran deux heures minimum avant de dormir (et qu'en général on s'endort sur le canapé, tout habillé, pour ne se réveiller, hébété, que quatre heures après, pour finalement, zapper, et tomber sur une rediff et enfin se coucher vers 2H30 du mat non sans s'être empiffré parce que t'as un pti creux....oui oui....j'ai déjà vécu cette scène)

Bref, saches que tu n'y es pour rien. Toi, tu fais ce qu'on te demande.

Tu émets des ondes quand on t'allume et tu la fermes quand on t'éteint.

Au final on pourrait trés bien continuer à vivre comme ça, mais ce n'est pas possible car l'humain est ainsi fait qu'un beau jour, ou peut être une nuit, je serai tentée de t'allumer, par flemme, parce que je m'ennuie, alors que j'ai mille trucs à faire, mais juste pas de courage, alors que je pourrais courir, danser, draguer, vivre, manger, dormir, lire, sortir, aller au musée, rencontrer mes amis, appeler mes amis, faire des enfants, voire même écrire un nouveau roman ou un article sur ce blog.

J'ai la faiblesse d'être née dans les années 80 et d'avoir connu la télé allumée non stop, d'avoir connu la télé comme membre à part entière de la famille qui partageait nos seuls repas en famille du dimanche, la nounou le mercredi après midi, le samedi soir, j'ai toujours cru que tu étais indispensable. 

Je t'aime tu sais. Mais là c'est trop.Tu ne le sais peut être pas, mais EN PLUS, les guignols de l'info ne seront plus diffusés en clair sur canal plus.

Ce n'est pas - seulement-  pour ça que je te quitte rassures toi. C'est plus profond.

J'en ai ras le bol qu'on choisisse à ma place comment je dois consommer, où je dois aller en vacances, quel mobilier je dois acheter, quel téléphone je dois utiliser.

Je suis fatiguée de voir des gens s'écharper à la télévision, et en même temps sur les réseaux sociaux pour raconter des inepties, des conneries, des idioties, des non sens, des contre sens, des balivernes, je suis navrée, je suis triste.

Je suis préoccupée, chère ALTUS HD.

Oh que oui.

Il y a 60 ans, mes grands parents ont émigré en France, depuis leur pays ruiné par la guerre et où on n'offrait rien, ils sont venus travailler ici, dans le nord, les macaronis, les ritals.

Evidemment, l'accueil qui leur était réservé était sensiblement le même que celui que les simples d'esprit, les peureux, les ignorants - sans doute les mêmes qui regardent les émissions spécialisées à base de chtis et de marseillais lessiveuses de cerveau et qui oublient de voter mais donnent leur avis truffé de fautes d'orthographe sur les réseaux sociaux hein, parce qu'y en a marre - réservent aux syriens, qui fuient la guerre et le terrorisme qui sévissent dans leur pays.

Mais tu vois, j'ai naïvement cru qu'en 60 ans, vu les progrès que le monde a connus, on pouvait s'attendre à mieux.

Et ce que je vois sur ton écran, ma petite Télé, c'est moche. T'y es pour rien, je le répète, mais si c'est pour te faire la tête , autant que tu ailles égayer le quotidien d'autres gens qui passeront outre. Qui s'en fouteront quoi. 

A la place de larver sur le canapé rouge du dimanche après midi, moi, l'enfant de la télé, j'ai pris la décision d'aller aider les réfugiés, les sans abris aussi tiens, vu qu'on en parle, d'agir, de sortir de chez moi, de me documenter, de me les bouger en clair.

Je sais que ça paraît assez étrange dit comme ça et que ça fait un peu bobo prof ou pire, intello, mais j'ai passé un cap. En plus j'écoute France Inter et Classic 21. Tu vois, on ne peut plus vraiment discuter toutes les deux.

Sur internet, il paraît qu'on peut regarder des émissions en replay, si j'ai besoin de ma dose de pubs, un jour de faiblesse.

Mais dans la vie, à l'extérieur, dans le monde, il y a tant de choses à voir que je n'ai pas vues ni vécues.

J'en peux plus que quelqu'un vive à ma place. J'en peux plus que quelqu'un soit sur la Terre et pas moi.

J'ai envie de connaître, de savoir, de comprendre, d'explorer.

Mon corps réclame de l'action, mon cerveau me supplie. Si ça se trouve, en sortant de mon train train, je ferai du bien autour de moi et je changerai (un peu) le monde.

Qui sait.

En tous cas toujours plus qu'en restant assise ici, et en déplorant que rien ne bouge, et que rien n'aille comme je veux.

Alors voilà, chère Altus HD, toi et moi, on a bientôt fini notre route ensemble. Je pense fort à toi quand même, on se sera bien marrées, mais là j'ai une vie à vivre, et avant qu'elle ne passe à la télé, j'aimerai en profiter.

Je t'embrasse, sans rancune, sois forte, tu as encore de belles heures devant toi, il y a encore tant de gens qui vivent par procuration, devant leur poste de télévision.

Moi je vais t'éteindre, et reprendre une activité normale. Voilà voilà.

Bisous.



1 sept. 2015

Rentrée et classe

Les vacances sont terminées et avec le mois de septembre est arrivée la rentrée, ce moment que j'attendais, que j'ai toujours attendu, espéré, aimé  et qui ne m'a jamais déçue.

J'adorais l'odeur des cahiers neufs, les crayons, les stylos, toutes les aventures que nous allions découvrir et vivre, écrire et colorier, j'adorais recouvrir mes livres et coller les étiquettes, j'adorais découvrir ma classe, recommencer à m'instruire, retrouver mes amis et partager avec eux et mes professeurs ces moments feutrés d'insousciance et de savoir.

Alors ces jours ci, je m'interroge, la rentrée a-t-elle tant changé? Pour que des publicitaires proposent tel ou tel produit pour l''affronter"? Pour que des parents désespérés de voir le temps qui passe pleurent et traumatisent leurs enfants d'aller à l'école, ou pire d'aimer ça?

Je ne vous cache pas que je rêve secrètement de ces jours bénis où j'irai avec mes enfants faire les achats de fournitures scolaires, je m'imagine presque aussi excitée qu'eux à l'idée de remplir le caddie de nos achats neufs du jour, des moments de joie à préparer la rentrée des classes, de l'amour de l'école que je leur transmettrais, moi qui l'aime tellement que j'y ai passé 25 ans, moi qui l'aime tellement que je suis prête à y retourner enseigner pour revivre cette ivresse.

Je suis impatiente de vivre ces moments, de les voir tracer des lignes, des courbes, des lettres, des mots, je rêve de les accompagner, de les motiver, de leur dire que c'est une chance d'avoir le droit d'aller à l'école, de leur expliquer ces enfants qui doivent traverser le désert pour y accéder, que savoir est merveilleux, qu'apprendre est fantastique, qu'il n'y a d'autre lieu plus magique qu'une salle de classe, et de métier plus extraordinaire que d'enseigner, tant la tâche est rude.

Je sais que cela paraît incroyable aux parents qui me lisent, mais croyez moi, j'aime l'école, j'aime apprendre et enseigner, ma vie prendra tout son sens quand cette étape de ma vie sera franchie: enseigner à mes enfants l'amour de la connaissance et la curiosité. Je suis impatiente de vivre ça.

Alors, ces gémissements, ces tremblements, ces pleurs, ces déchirements, je ne les comprends pas.

Je ne vois que du positif à aller à l'école, pourquoi certains l'entreprennent comme une torture? Pourquoi transmettre de telles peurs ???

Nos propres parents ont ils eu de telles angoisses? Quelle est elle? le temps qui passe? La séparation? Pourquoi avoir la hantise d'apprendre?

Je serai parent un jour, je me souviendrai de ces interrogations. Mais je me promets d'être la même qu'aujourd'hui, convaincue qu'apprendre est une chance, que l'école est une fête, que l'enseignement est un jeu.

D'ici là, je vous souhaite une belle rentrée, digne, joyeuse, pleine d'entrain et de classe.

Je vous embrasse.



Y a des copains!