Cure.

La prise de conscience a été lente et pourtant quand elle est arrivée elle m'a fait l'effet d'une bombe.

Le temps passé sur les réseaux sociaux est chronophage. 

Il était temps de comprendre que ce n'est pas l'outil "facebook" qui est en cause, mais bien - comme tout autre outil d'ailleurs- notre ma façon de l'utiliser.

Une petite mise au point avec moi-même était donc plus que nécessaire.

Je me suis inscrite sur Fb en 2007. Je ne sais toujours pas pourquoi, 

J'ai suivi le mouvement en fait, j'ai reçu une invitation de mon amie Maria, et je me suis rapprochée des lieux. Création du compte. Et puis basta. Rien pendant 1 an. Aucun intérêt.

Puis, en 2008, début de mon activité professionnelle, j'ai commencé à y aller, souvent, puis de plus en plus, puis tous les jours, puis plusieurs fois par jour.

Pourquoi?

D'abord, je suis lucide, l'attrait de la nouveauté: c'était génial de pouvoir être "ami" avec des personnes qu'on n'avait pas vu depuis super longtemps, et de collectionner les contacts facebook était devenu une passion.

Je me souviens trés bien des petites scènes que nous nous faisions avec Jeanne à cette époque, parce que l'une de nous avait tel ou tel en "ami" et pas l'autre, avec le recul c'est rigolo.

Mais même si on clamait haut et fort qu'on faisait super attention, qu'on était au taquet sur qui voit quoi quand et comment, on peut dire qu'on a fini par partir en live total passé un certain temps.

Les connexions n'étaient plus "fréquentes" par curiosité, pour ma part, c'est devenu un mode de vie.

La première chose que je faisais le matin au réveil, parce que je l'avais installé sur mon portable, je ne communiquais plus que par ce biais, j'inter agissais par ce biais je suis devenue une "fb addict" une dépendante.

Et j'étais lucide, trés lucide sur mon utilisation plus qu'excessive de ce réseau social qui conditionnait ma vie.

Je virais mes vrais contacts par facebook, je mettais des statuts à destination d'untel ou untel, je publiais des chansons messages....fin bref n'importe quoi. Passé 30 ans, j'avais l'impression d'avoir régressé de 20 ans. (sauf qu'à cette époque FB n'existait pas. Mark Z avait 10 ans)

Le point culminant a été mon voyage à Montréal (on y revient toujours) et mes statuts quotidiens à 10000 $ canadiens (le chiffre est volontairement gonflé, mais bon, à mon niveau ça représentait psychologiquement ce type d'excès)

J'avais besoin de partager avec le monde entier mes expériences, mes envies, mes découvertes (fort heureusement c'est au même moment que Super Lison est arrivée un soir avec l'idée extraordinaire de ce blog) bref, j'avais besoin d'exister et d'être aimée.

Par qui?

Par mes copains de maternelle, primaire, collège, lycée, fac, de boulot, et d'ailleurs. (cette catégorie n'a toujours pas vraiment été dénommée à l'heure où j'écris ces quelques lignes)

J'avais BESOIN de fb.

C'était devenu un besoin au même rang que se nourrir (de junk food) se vêtir (et acheter 1 million de fringues en plusieurs exemplaires) et dormir (peu, mais en tous cas pas sans avoir checké ma time line)

Une course aux "likes", comme si l'avis de personnes que je ne voyais jamais comptait plus que toute autre chose dans ma vie.

Nous étions en 2010.

De 2010 à 2014, année bénéfique, j'ai continué à errer, à discuter des heures avec des gens qui n'auraient sans doute jamais été là quand, de 2011 à 2013 je n'arrivais pas à joindre les deux bouts, mais dont visiblement les aventures étaient plus passionnantes que ma propre existence qui partait a volo.

Bref. J'ai déconné.

Mes photos, mes statuts (mes humeurs en fait, étudiées, parce que j'avais toujours ce point commun avec Jeanne avec qui la guerre fb avait été déclarée à cette période, j'étais con on a dit. Après on s'est réconciliées en 2011- 2012 heureusement que dans la vraie vie on s'était réconciliée en se serrant dans les bras) étaient étudiés, pesés.

Je n'en reviens pas d'avoir perdu tout ce temps.

Et en même temps, j'ai aussi pu retrouver des gens que je n'avais pas vu depuis des lustres, et pris de leurs nouvelles, et ça m'a fait plaisir, j'ai pu interagir sur des sujets qui me semblaient importants, j'étais - me semble t il- connectée au monde. 

Parallèlement, je me suis trouvée confrontée au problème que nombre d'entre nous rencontrent, j'avais fait l'erreur d'accepter certains membres de ma famille, certains plus ou moins proches.

Et leurs statuts gênants, compliqués à gérer, me déstabilisaient, m'inconfortaient, me mettaient dans l'embarras.

Mais comment faire? Les virer purement et simplement? Impossible, virer la famille c'est chaud, il aurait mieux valu ne pas les avoir accepté.

Leur répondre? QUELLE IDEE A LA CON! et c'est bien sûr ce que je faisais.

J'en ai perdu du temps et de l'énergie à expliquer mon point de vue, à donner des exemples et des contre exemples. J'ai été tellement rassurée de trouver le bouton "je ne veux pas voir ça" au lendemain des attentats au siège de Charlie Hebdo.....ouf sauvée. Ma bienséance et ma bonne éducation ne sont donc plus à mettre en cause, j'ai réussi à me "désabonner "sans virer la plupart des gens dont les statuts et publications m'indisposaient.

Et pour ceux qui m'insupportaient, j'ai juste utilisé le bouton "retirer de ma liste d'amis".

Mais pourquoi ne pas accepter l'invitation de certaines personnes que je vois et que j'aime tous les jours de ma vie?

Pour éviter de rentrer dans ce jeu, par respect, par amour aussi.

Les gens aujourd'hui, en tous cas ceux qui sont sur fb, ne comprennent pas voire prennent mal qu'on ne les accepte pas comme contacts.

Qu'est ce que cela changerait?

Et bien, parfois on n'a juste pas envie que le monde entier sache ce que l'on fait, où l'on va, avec qui on partage des passions, des opinions, par RESPECT et parce qu'on ne veut blesser personne.

J'ai réussi à écumer 150 amitiés factices ces derniers jours. 150 personnes que je ne connaissais pas, ni ne voyais, ni ne côtoyais même.

Pourquoi accepter de montrer ma vie à des gens que je n'ai jamais vus?

Bonne question.

Aucune raison. J'ai arrêté de faire ça.

De qui ai je envie de voir les actualités? De mes amis, ceux que je vois, ou avec qui j'ai des contacts fréquents, ou moins fréquents physiquement, mais que j'ai plaisir à lire et avec lesquels j'ai envie de papoter de temps en temps.

Avec qui ai je envie de partager mes idées, mon quotidien? Les mêmes.

Il est - fort- possible que des gens que j'ai viré de la liste, croient à tort que je les ai virés de ma vie. 

Bon. Il est aussi possible qu'ils ne le remarquent même pas. Peut être que je les ai déjà saoulés avec mes statuts et qu'ils ont eux déjà utilisé la fonction "ne pas suivre".

Peut être d'ailleurs que personne ne voit ce que j'écris. Moi qui me crois parfois spirituelle....la loose.

Il faut quand même se croire assez intéressant pour s'exprimer devant une foule de personnes que l'on connaît, sûr de soi même.

Qui parmi vous monterait sur scène et prendrait la parole chaque jour, pendant un an, pour raconter sa vie à ses amis, collègues, connaissances, famille?

Mmmh, ouais personne.

Du coup, je choisis aussi, plus précisément ce que je veux leur dire.

J'évalue tous ces risques.

Je choisis aussi de ne pas me virer définitivement d'un coup, j'y vais progressivement.

En fait, je pense vraiment que chaque outil peut s'avérer utile, à condition d'en faire l'usage qui lui est destiné.

J'ai donc tout chamboulé. Réduit l'accès, réduit la fréquence, réduit l'utilisation.

Je suis sortie dans la rue, j'ai respiré. J'ai rencontré de nouvelles personnes.

Comprenez bien, ce n'est pas Facebook qui m'empêchait de le faire, mais mon comportement face à Facebook.

De la même manière que je reçois chaque jour des dizaines de pub dans ma boîte aux lettres, personne ne m'oblige à aller acheter tout ce que ces documents me proposent. Je CHOISIS de les jeter.

De la même manière que je reçois des mails promotionnels des marques que j'affectionne, je ne me jette pas à corps perdu sur ma carte bancaire pour en profiter. Je choisis de les supprimer.

Aujourd'hui, je choisis donc d'y passer de temps en temps dans la journée, mais progressivement je pense que je n'y verrais plus trop l'intérêt.

En tous les cas, certains de mes amis proches n'y sont plus ou ne s'y sont jamais inscrits et ne vivent pas reclus dans une grotte pour autant.

L'un d'entre eux, alors que j'ai modifié mon intérieur et que j'avais l'intention de mettre un bureau devant ma fenêtre - parce qu'un écrivain sans bureau heu....comment dire-  m'a demandé si j'avais peur du vide.

Non, plus aujourd'hui.

J'ai eu peur de la vacuité de ma vie durant de longues années, mais j'ai mis un terme à ce qui me faisait peur.

Je ne prône pas l'arrêt total de nos activités sur les réseaux sociaux, j'invite à la prudence, à la réflexion, moi, la fb-alcoholic, qui passais un temps fou à scruter les moindres remous de la toile et qui craignais d'en rater une miette, 

Oui, je crois que ça fait partie du grand chamboulement de ma vie ces derniers mois.

Et ça ne concerne que moi là présentement, mais j'avais envie de partager ces réflexions avec vous.

On passe tellement de temps à abuser de tout, on passe tellement d'heures rivées sur nos écrans alors que dehors, le monde que nous scrutons existe pour de vrai.

Alors, comme le voisin d'Amélie Poulain le lui conseillait de sa petite voix tremblotante : "tu peux te cogner à la vie, tes os ne sont pas en verre...." je vous encourage à profiter plus des choses oubliées.

Respirer, lire, marcher dans la rue, dans les parcs, regarder des films, créer, visiter des musées, écrire des cartes ou des lettres aux gens que vous avez en contact sur fb, leur rendre visite,  boire des thés avec vos amis, profiter des trésors que vous offre la vie, avoir des tas de projets, apprendre une nouvelle langue, regarder les vitrines des magasins, feuilleter des magazines, faire du vélo, appeler votre grand mère,.....etc.....faire la paix (avec vous mêmes et ceux que vous voulez) et bien sûr, aimer.

Aimer, franchement y a que ça de vrai.

Ça fait un peu slogan à la noix, mais vraiment j'ai rien trouvé de mieux.

Je vous embrasse trés fort.








Commentaires

La Reine des Pâquerettes a dit…
Tu me touches encore au plus profond de mon âme, Miss L!!!!
Tu es véritablement une joueuse de mots pour apaiser les Maux... Quelle merveille de te connaitre...
Que ce doit être passionnant de t'avoir en Vrai au quotidien...
J'espère sincèrement que 2015 nous permettra de nous croiser, le temps de partager une tisane, un ptit thé, et quelques gourmandises de réflexions intellectuelles....
Surtout ne change rien... tu es parfaite comme tu es...
Y a d'la joie! a dit…
Merci pour ces gentilles attentions chére Reine
Je te souhaite une très belle année et que 2015 sache apaiser nos maux, en nous permettant de trouver les mots qui nous rapprochent de ceux que nous aimons 😊 je t'embrasse
la Reine des Pâquerettes a dit…
Je découvre tes mots ma Belle Miss L... Que ton coeur est grand et ta générosité sans faille. Je suis touchée, tellement touchée... tellement fragile... tu es un Trésor. Merci et que 2015 te permette de t'épanouir encore et encore... Telle une petite fleur ayant soif de lumière et d'amour...

Y a encore plus de joie!

La dernière séance

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Poppy Spring