30 janv. 2015

Zone de confort

Cette zone est familière et pourtant on va prétendre assez longtemps qu'elle n'existe pas, et que les autres exagèrent toujours quand ils en parlent.

C'est ce périmètre, dans lequel on va se complaire, celui où l'on pense avoir trouvé un équilibre, on l'on est même convaincu qu'il constitue le rempart aux attaques extérieures, que rien ne peut nous arriver, que c'est notre place, que dehors (du périmètre) on risque des dangers.

Il est douillet, pratique, rassurant ce confort.

On a comme l'impression d'être dans une bulle, comme si on était dans du coton, comme si dehors c'était le chaos, et qu'on attendait la fin de la tempête avec une lampe à huile, des réserves alimentaires, une bouillotte et un doudou.

En même temps, comment nous blâmer?

N'essaie-t-on pas tout simplement de reconstituer la première bulle confortable que nous avons connue?Celle dans laquelle nous avons "poussé" pendant neuf mois, celle où nous étions à l'abri, protégé des agressions, du bruit, des choses que constituaient le monde extérieur....

J'ai le sentiment que perpétuellement on reproduira ce schéma. A moins qu'on ne se décide un jour à se flanquer un coup de pied au derrière pour avancer quand on a fait le tour de la question.

Je suis comme tout le monde, j'aime quand ça ronronne, j'aime promener mon regard autour de moi pour constater que tout ce qui est là sur les étagères, provient de mes choix, de mes coups de cœur, et me dire "je n'ai plus besoin de rien, je suis arrivée". 

Mais très vite je constate - fort heureusement d'ailleurs- que je ne suis pas arrivée au bout de la route, mais au contraire à une des étapes de la route, et qu'il me faut encore avancer, explorer, aller plus loin.

Le secret est bien là. Aller plus loin.

Rester dix ans dans la même boîte parce qu'on connait tout le monde et qu'on y est bien, et que pourquoi changer "on sait ce qu'on perd mais pas ce qu'on gagne" c'est sympa, je ne dis pas le contraire.

Rester dix ans dans la même boîte au même poste sans souhaiter jamais en bouger, parce que notre zone de confort est douillette et qu'on a juste envie de faire ses heures et de rentrer chez soi, ça peut être un choix de vie, je ne le critique pas.

Mais j'en ai peur quand même de ce choix de vie.

Il me rappelle mes anciens clients, qui dans leur situation plus que préjudiciable, en prison, hurlaient à la mort si on les changeait de cellule. 

C'était leur cellule! Ils y avaient leurs habitudes, y avaient collé les photos de leurs gamins sur les murs, et avaient gravé dans un coin leurs initiales et leur date d'arrivée. Personne n'avait le droit de les déloger de là, pourquoi leur faire ça?

L'humain est incroyable il arrive à se fabriquer du confort au plus bas du plus bas, c'est la même chose que le bout de trottoir ou la cage d'escalier quand on se retrouve à la rue, c'est leur coin.Point.

Il y a d'autres prisons desquelles on ne souhaite pas sortir en se disant "il ne me manque rien", "c'est ça ou rien" des prisons psychologiques dont nous sommes parfois les seuls à fixer les barreaux.

Un mariage de raison. Le domicile des parents. Un rôle de séducteur/trice. Un rôle d'intello.

Combien de cages dorées sommes nous à même de recenser autour de nous?

Et combien de nous sont coincés dans une vie qui ne leur appartient presque plus, et bien sûr ne leur ressemblent pas?

J'ai été une de ces prisonnières. Et quand je prenais cette image pour parler de ma vie d'avant, en souriant timidement avec la conscience que la situation, bien que différente s'y apparentait beaucoup, je me disais "t'as eu chaud ma petite".

J'ai été prisonnière de mon image d'enfant docile, sage et obéissante, respectueuse de l'ordre établi, respectueuse des us et coutumes de mon origine et bien sûr de ma place d'aînée et de fille.

J'ai porté sur mes épaules la charge qui n'incombe à aucun enfant, la responsabilité de la séparation de mes parents, la responsabilité des débuts difficiles de mon petit frère, la responsabilité de la tenue de la maison, la responsabilité de l'unité de ma "famille", la responsabilité de la solitude des uns et des autres.

Comment? C'est difficile à expliquer, c'est vraiment intime comme ressenti, on le sent, dés le début, on est adulte avant d'être enfant, et finalement on ne grandit jamais vraiment, on est lié par un cordon qu'on voudrait déliter, et qu'on n'arrive pas à couper, de peur de blesser, de faire mal, de faire souffrir.

Cette responsabilité est lourde.

Pourquoi? Parce que quoiqu'on en dise, puisque l'on a connu que ça, on accepte implicitement de jouer et d'endosser ce rôle. On se complaît dans cette fonction, on joue notre partition à la perfection, et parfois s'il nous arrive de chuter, on répare immédiatement, on efface l'affront, on se dépasse.

Qu'attend t on de tout cela? De la reconnaissance?De l'amour? Une plus grande latitude ou même une tolérance de prises de liberté?

Oui. J'avoue, j'ai attendu tout ça. Et je l'attendais encore il n'y a pas si longtemps.

J'acceptais ma zone de confort en contrepartie d'un amour que j'imaginais différent de la réalité.

Il en est de même pour mon parcours et mon travail.

J'ai eu la vocation trés tôt de devenir avocat. Huit ans. Pour réparer, pour renouer, pour rassembler.

Erreur.

Mais j'ai continué, j'ai creusé ma case, mon terrier, mon abyssale détermination: je suis devenue avocat.

Et j'ai eu mal, tellement mal, de m'être ainsi menti, trahi, de m'être ainsi coupée, blessée, d'avoir accepté la zone de confort jusqu'au bout, d'avoir accepté de me cogner dans cette réalité qui ne me correspondait pas du tout.

Puis j'ai enseigné, et j'ai retrouvé la paix. Mais je continuais à persister dans un rôle, celui de l'intello de la bande, celui de celle qui a fait des études, et du coup "ouf, elle va au moins être prof, on n'a pas tout perdu"celui de celle qu'on a regardé de travers quand le corps a dit STOP arrêtez le massacre, laissez moi sortir!

"toutes ces études pour arrêter, c'est tellement dommage" pour qui?

Pour vous! Pour votre zone de confort, pour celle que vous avez bâti, pour vos croyances, pour votre image d’Épinal! 

J'ai entrepris de préparer des concours, de me persuader que c'était ce que je devais faire de ma vie, car c'était là ce que je ressentais, mais j'ai étudié le droit. Qu'à cela ne tienne, je vais m'improviser prof d'italien ou prof de lettres, ça convient à tout le monde. A ceux que j'ai quitté, à ceux qui m'entourent, à ceux qui me "dirigent".

Et puis.....et puis entre temps, la vie étant ainsi faite que l'argent est toujours triomphant, j'ai trouvé un emploi dans une boutique, une épicerie fine, au nom aussi charmant que l'était son ambiance, et là, j'ai vu : le malaise dans les yeux de ceux que j'ai connu, l'amusement pour cacher le malaise, la surprise pour cacher le malaise.

J'étais sortie de ma zone de confort, j'avais OSE passer le pas, j'avais osé sortir du rôle qu'on m'avait attribué, j'avais osé faire un choix.

Mais ils ont été rassurés de savoir que ça ne durerait pas, il y a avait une échéance, "tu n'allais pas faire ça toute ta vie de toutes façons" "c'était bien en attendant, tu le passes quand ton capes?"

Comme s'ils allaient reprendre leur rôle de bien pensants, de guides spirituels, à qui j'avais laissé suffisamment de place pour s'exprimer.

La zone de confort de tout ce petit monde s'est trouvée fort dépourvue devant mon sourire éclatant, devant ma joie de vivre retrouvée.

J'ai repris le chemin des livres et des révisions.

Et j'ai aussi réfléchi.

N'est ce pas un éternel recommencement? N'est ce pas encore le même rôle?

Les espoirs que j'ai fondés sur une éventuelle place à se faire se sont effondrés: j'ai fait des études de droit, je n'ai pas accès à autre chose que du droit dans l'enseignement, sans le capes, et encore, ça va être difficile. Et cette réalité vient de haut. D'une barrière institutionnelle logique somme toute.

Le concours: échéance incertaine qui ouvre la porte ou la referme, et en attendant? On fait comment?

On lit, on réfléchit. Et à l'instar de mes compagnons de cellule d'hier, dans mon appartement sous les toits, du matin au soir, entourée de livres, j'ai cherché des solutions.

A-t-on le droit de changer d'avis dans ce monde? Peut-on tout bousculer d'un revers de main et prendre possession de sa vie?

J'en suis convaincue.

Mon chemin sinueux le prouve, ma détermination m'accompagne, je prends toutes mes décisions après les avoir réfléchies, et parfois j'ai des éclairs de lucidité surprenants, même pour moi, comme l'écrivait le prof de maths en troisième sur mes bulletins "se surprend à comprendre parfois".

Je crois bien que je suis sortie de ma zone de confort.

J'ai la réponse à mes questions.

Avez vous des réponses aux vôtres?

Je vous embrasse.



17 janv. 2015

Cure.

La prise de conscience a été lente et pourtant quand elle est arrivée elle m'a fait l'effet d'une bombe.

Le temps passé sur les réseaux sociaux est chronophage. 

Il était temps de comprendre que ce n'est pas l'outil "facebook" qui est en cause, mais bien - comme tout autre outil d'ailleurs- notre ma façon de l'utiliser.

Une petite mise au point avec moi-même était donc plus que nécessaire.

Je me suis inscrite sur Fb en 2007. Je ne sais toujours pas pourquoi, 

J'ai suivi le mouvement en fait, j'ai reçu une invitation de mon amie Maria, et je me suis rapprochée des lieux. Création du compte. Et puis basta. Rien pendant 1 an. Aucun intérêt.

Puis, en 2008, début de mon activité professionnelle, j'ai commencé à y aller, souvent, puis de plus en plus, puis tous les jours, puis plusieurs fois par jour.

Pourquoi?

D'abord, je suis lucide, l'attrait de la nouveauté: c'était génial de pouvoir être "ami" avec des personnes qu'on n'avait pas vu depuis super longtemps, et de collectionner les contacts facebook était devenu une passion.

Je me souviens trés bien des petites scènes que nous nous faisions avec Jeanne à cette époque, parce que l'une de nous avait tel ou tel en "ami" et pas l'autre, avec le recul c'est rigolo.

Mais même si on clamait haut et fort qu'on faisait super attention, qu'on était au taquet sur qui voit quoi quand et comment, on peut dire qu'on a fini par partir en live total passé un certain temps.

Les connexions n'étaient plus "fréquentes" par curiosité, pour ma part, c'est devenu un mode de vie.

La première chose que je faisais le matin au réveil, parce que je l'avais installé sur mon portable, je ne communiquais plus que par ce biais, j'inter agissais par ce biais je suis devenue une "fb addict" une dépendante.

Et j'étais lucide, trés lucide sur mon utilisation plus qu'excessive de ce réseau social qui conditionnait ma vie.

Je virais mes vrais contacts par facebook, je mettais des statuts à destination d'untel ou untel, je publiais des chansons messages....fin bref n'importe quoi. Passé 30 ans, j'avais l'impression d'avoir régressé de 20 ans. (sauf qu'à cette époque FB n'existait pas. Mark Z avait 10 ans)

Le point culminant a été mon voyage à Montréal (on y revient toujours) et mes statuts quotidiens à 10000 $ canadiens (le chiffre est volontairement gonflé, mais bon, à mon niveau ça représentait psychologiquement ce type d'excès)

J'avais besoin de partager avec le monde entier mes expériences, mes envies, mes découvertes (fort heureusement c'est au même moment que Super Lison est arrivée un soir avec l'idée extraordinaire de ce blog) bref, j'avais besoin d'exister et d'être aimée.

Par qui?

Par mes copains de maternelle, primaire, collège, lycée, fac, de boulot, et d'ailleurs. (cette catégorie n'a toujours pas vraiment été dénommée à l'heure où j'écris ces quelques lignes)

J'avais BESOIN de fb.

C'était devenu un besoin au même rang que se nourrir (de junk food) se vêtir (et acheter 1 million de fringues en plusieurs exemplaires) et dormir (peu, mais en tous cas pas sans avoir checké ma time line)

Une course aux "likes", comme si l'avis de personnes que je ne voyais jamais comptait plus que toute autre chose dans ma vie.

Nous étions en 2010.

De 2010 à 2014, année bénéfique, j'ai continué à errer, à discuter des heures avec des gens qui n'auraient sans doute jamais été là quand, de 2011 à 2013 je n'arrivais pas à joindre les deux bouts, mais dont visiblement les aventures étaient plus passionnantes que ma propre existence qui partait a volo.

Bref. J'ai déconné.

Mes photos, mes statuts (mes humeurs en fait, étudiées, parce que j'avais toujours ce point commun avec Jeanne avec qui la guerre fb avait été déclarée à cette période, j'étais con on a dit. Après on s'est réconciliées en 2011- 2012 heureusement que dans la vraie vie on s'était réconciliée en se serrant dans les bras) étaient étudiés, pesés.

Je n'en reviens pas d'avoir perdu tout ce temps.

Et en même temps, j'ai aussi pu retrouver des gens que je n'avais pas vu depuis des lustres, et pris de leurs nouvelles, et ça m'a fait plaisir, j'ai pu interagir sur des sujets qui me semblaient importants, j'étais - me semble t il- connectée au monde. 

Parallèlement, je me suis trouvée confrontée au problème que nombre d'entre nous rencontrent, j'avais fait l'erreur d'accepter certains membres de ma famille, certains plus ou moins proches.

Et leurs statuts gênants, compliqués à gérer, me déstabilisaient, m'inconfortaient, me mettaient dans l'embarras.

Mais comment faire? Les virer purement et simplement? Impossible, virer la famille c'est chaud, il aurait mieux valu ne pas les avoir accepté.

Leur répondre? QUELLE IDEE A LA CON! et c'est bien sûr ce que je faisais.

J'en ai perdu du temps et de l'énergie à expliquer mon point de vue, à donner des exemples et des contre exemples. J'ai été tellement rassurée de trouver le bouton "je ne veux pas voir ça" au lendemain des attentats au siège de Charlie Hebdo.....ouf sauvée. Ma bienséance et ma bonne éducation ne sont donc plus à mettre en cause, j'ai réussi à me "désabonner "sans virer la plupart des gens dont les statuts et publications m'indisposaient.

Et pour ceux qui m'insupportaient, j'ai juste utilisé le bouton "retirer de ma liste d'amis".

Mais pourquoi ne pas accepter l'invitation de certaines personnes que je vois et que j'aime tous les jours de ma vie?

Pour éviter de rentrer dans ce jeu, par respect, par amour aussi.

Les gens aujourd'hui, en tous cas ceux qui sont sur fb, ne comprennent pas voire prennent mal qu'on ne les accepte pas comme contacts.

Qu'est ce que cela changerait?

Et bien, parfois on n'a juste pas envie que le monde entier sache ce que l'on fait, où l'on va, avec qui on partage des passions, des opinions, par RESPECT et parce qu'on ne veut blesser personne.

J'ai réussi à écumer 150 amitiés factices ces derniers jours. 150 personnes que je ne connaissais pas, ni ne voyais, ni ne côtoyais même.

Pourquoi accepter de montrer ma vie à des gens que je n'ai jamais vus?

Bonne question.

Aucune raison. J'ai arrêté de faire ça.

De qui ai je envie de voir les actualités? De mes amis, ceux que je vois, ou avec qui j'ai des contacts fréquents, ou moins fréquents physiquement, mais que j'ai plaisir à lire et avec lesquels j'ai envie de papoter de temps en temps.

Avec qui ai je envie de partager mes idées, mon quotidien? Les mêmes.

Il est - fort- possible que des gens que j'ai viré de la liste, croient à tort que je les ai virés de ma vie. 

Bon. Il est aussi possible qu'ils ne le remarquent même pas. Peut être que je les ai déjà saoulés avec mes statuts et qu'ils ont eux déjà utilisé la fonction "ne pas suivre".

Peut être d'ailleurs que personne ne voit ce que j'écris. Moi qui me crois parfois spirituelle....la loose.

Il faut quand même se croire assez intéressant pour s'exprimer devant une foule de personnes que l'on connaît, sûr de soi même.

Qui parmi vous monterait sur scène et prendrait la parole chaque jour, pendant un an, pour raconter sa vie à ses amis, collègues, connaissances, famille?

Mmmh, ouais personne.

Du coup, je choisis aussi, plus précisément ce que je veux leur dire.

J'évalue tous ces risques.

Je choisis aussi de ne pas me virer définitivement d'un coup, j'y vais progressivement.

En fait, je pense vraiment que chaque outil peut s'avérer utile, à condition d'en faire l'usage qui lui est destiné.

J'ai donc tout chamboulé. Réduit l'accès, réduit la fréquence, réduit l'utilisation.

Je suis sortie dans la rue, j'ai respiré. J'ai rencontré de nouvelles personnes.

Comprenez bien, ce n'est pas Facebook qui m'empêchait de le faire, mais mon comportement face à Facebook.

De la même manière que je reçois chaque jour des dizaines de pub dans ma boîte aux lettres, personne ne m'oblige à aller acheter tout ce que ces documents me proposent. Je CHOISIS de les jeter.

De la même manière que je reçois des mails promotionnels des marques que j'affectionne, je ne me jette pas à corps perdu sur ma carte bancaire pour en profiter. Je choisis de les supprimer.

Aujourd'hui, je choisis donc d'y passer de temps en temps dans la journée, mais progressivement je pense que je n'y verrais plus trop l'intérêt.

En tous les cas, certains de mes amis proches n'y sont plus ou ne s'y sont jamais inscrits et ne vivent pas reclus dans une grotte pour autant.

L'un d'entre eux, alors que j'ai modifié mon intérieur et que j'avais l'intention de mettre un bureau devant ma fenêtre - parce qu'un écrivain sans bureau heu....comment dire-  m'a demandé si j'avais peur du vide.

Non, plus aujourd'hui.

J'ai eu peur de la vacuité de ma vie durant de longues années, mais j'ai mis un terme à ce qui me faisait peur.

Je ne prône pas l'arrêt total de nos activités sur les réseaux sociaux, j'invite à la prudence, à la réflexion, moi, la fb-alcoholic, qui passais un temps fou à scruter les moindres remous de la toile et qui craignais d'en rater une miette, 

Oui, je crois que ça fait partie du grand chamboulement de ma vie ces derniers mois.

Et ça ne concerne que moi là présentement, mais j'avais envie de partager ces réflexions avec vous.

On passe tellement de temps à abuser de tout, on passe tellement d'heures rivées sur nos écrans alors que dehors, le monde que nous scrutons existe pour de vrai.

Alors, comme le voisin d'Amélie Poulain le lui conseillait de sa petite voix tremblotante : "tu peux te cogner à la vie, tes os ne sont pas en verre...." je vous encourage à profiter plus des choses oubliées.

Respirer, lire, marcher dans la rue, dans les parcs, regarder des films, créer, visiter des musées, écrire des cartes ou des lettres aux gens que vous avez en contact sur fb, leur rendre visite,  boire des thés avec vos amis, profiter des trésors que vous offre la vie, avoir des tas de projets, apprendre une nouvelle langue, regarder les vitrines des magasins, feuilleter des magazines, faire du vélo, appeler votre grand mère,.....etc.....faire la paix (avec vous mêmes et ceux que vous voulez) et bien sûr, aimer.

Aimer, franchement y a que ça de vrai.

Ça fait un peu slogan à la noix, mais vraiment j'ai rien trouvé de mieux.

Je vous embrasse trés fort.








10 janv. 2015

Charlie

J'ai toujours détesté les réactions épidermiques et continue de m'en méfier.

Ecrire le 7 janvier 2015 à 11h32 n'aurait pas été une bonne idée, non pas que mon avis ait changé depuis, mais l'émotion était trop forte et on n'aurait rien compris, un peu comme quand je parle au milieu de mes larmes.

Je suis terriblement triste. 

La liberté d'expression pour un humain est importante bien que l'on passe sa vie à mettre une muselière sur nos pensées et nos ressentis en permanence, pour ne pas choquer, ne pas perturber, ne pas froisser les autres.

Parce que c'est bien de cela qu'il s'agit: les autres, autrui, nos semblables, nos voisins, nos frères.

J'ai à de nombreuses reprises utilisé le mot "fraternité" sur les réseaux sociaux, parce que c'est la valeur suprême de notre République, notre devise, notre emblème, c'est même à ça qu'on nous reconnait, nous, le peuple français.

Liberté, égalité, fraternité.

C'est beau.

Mais ça fait combien de temps qu'on les a mis de côté?

Depuis combien de temps avons nous négligé les bases d'une vie commune avec d'autres personnes de notre société?

C'est cela vivre en société, vivre ensemble, c'est concevoir que les autres soient différents, que les autres aient reçu d'autres codes, d'autres valeurs, d'autres messages, c'est accepter le risque de plaire ou de déplaire, c'est composer pour ne blesser personne tout en restant soi même, c'est un art de vivre.

Personne n'est prêt à ça dés la naissance, ça s'apprend.

Et certains d'entre nous ont soit oublié ce qu'ils ont appris, soit n'ont pas eu la chance - et je pèse mes mots- d'apprendre.

Quand je lis ici et là que l'on cherche des responsables partout pour ce qu'il s'est passé ces derniers jours, je crois que le monde est sourd.

Ces trois personnes ont assumé leurs actes et l'ont dit, ils ont voulu museler la liberté, ont tué des chrétiens, des musulmans, des athées et des juifs au nom de leurs croyances (et non de leur religion, car la religion dont ils parlent n'est pas celle que l'on croit.)

Ces trois personnes ont voulu mourir en martyrs.

Pourquoi refuser de voir la monstruosité chez des humains? Pourquoi chercher à faire porter la responsabilité à d'autres quand ces trois personnes ont assumé pleinement avec leur voix, leur bouche, leurs gestes, ce qu'ils ont fait avant de mourir comme ils le désiraient? 

J'aurai préféré un procès. Je ne souhaitais pas leur faire plaisir. Je ne voulais rien d'autre qu'une réponse de la République à la barbarie car je suis citoyenne d'une démocratie.

C'est mon avis. On peut ne pas le partager.

Mais si je condamne la haine et la mort, je ne peux me résoudre à réclamer vengeance. 

C'est de la cohérence.

Vous savez, c'est difficile d'être dans ma position, d'aimer, de prôner la fraternité, d'assumer d'aimer mes frères et mes soeurs, quelque soit leur couleur.

C'est bien plus simple de lâcher les armes, de céder à la tentation du populisme bas de gamme et de demander à des gens innocents de se justifier pour des actes qu'ils n'ont pas commis, de lancer des phrases en l'air sans comprendre leur portée, d'oublier qui je suis, de devenir haineuse, de partir en vrille, de voter Front National par facilité.

Oui mais voyez vous, je suis fidèle à moi-même et je réfléchis.

Je bénis de toutes mes forces, s'il m'est possible de bénir qui que ce soit, mes parents de m'avoir donné un cerveau, de m'avoir permis d'être capable de réfléchir.

Je suis reconnaissante envers la vie de m'avoir fait arriver sur cette planète avec des origines étrangères et de m'avoir envoyé des meilleurs amis de toutes les couleurs et de tous les horizons.

Je suis heureuse d'avoir à mes côtés depuis bientôt 20 ans, une soeur musulmane et une soeur athée, des amis de toutes les cultures et d'avoir appris avec eux à cultiver ma tolérance chaque jour.

La liberté d'expression m'est chère aussi, parce que j'écris.

Je suis une accro du stylo.

Je suis une anonyme qui aime les mots, et je connais leur sens et leur portée. 

Aucun de ceux que j'utilise n'est choisi à mauvais escient, je ne fais rien pour choquer ou pour blesser, j'aime écrire, j'aime rire, et je suis Charlie.

Je ne lisais pas Charlie Hebdo chaque mercredi, je le feuilletais, je l'achetais parfois, je n'étais pas toujours d'accord avec eux, mais j'étais fière de vivre dans un pays où Cabu pouvait croquer des politiques et des personnages populaires ou impopulaires à sa guise.

Mourir pour des dessins.....Je ne conçois pas l'obscurantisme idéologique. Je ne conçois pas, même si j'essaie de comprendre pourtant, comment on peut voir chez des dessinateurs satiriques, un danger, si ce n'est celui d'éveiller des consciences qu'on préfère garder endormies.

Je suis chrétienne. Et ça ne m'a jamais empêché de manifester, de rire, d'aimer mon prochain. C'est même plutôt l'inverse.

J'ai manifesté pour que chacun en France ait le droit de se marier, parce que ma religion prône l'amour.

Chacun a le droit de croire, de se tromper, de s'améliorer, de replonger, de s'en sortir, de choisir.

Je sais que ces trois jeunes garçons dont l'un avait mon âge, étaient des humains, dans toute leur monstruosité, dans toute leur errance, dans leur froideur, dans leur terreur.

Je n'oublierai jamais ce que j'ai vu et entendu ces trois derniers jours.

Je n'oublierai jamais les larmes qui ont coulé sur mon visage sur la place de la République comme si un membre de ma famille m'avait définitivement quitté.

Je n'oublierai jamais ces milliers de gens réunis autour de moi, ce silence, ces applaudissements.

Enfin notre drapeau représente la liberté, l'égalité et la fraternité, enfin, la France est debout, enfin.

Alors il y aura toujours des fous, des idiots, des imbéciles de tout poil pour salir ces images de paix et d'amour.

Alors que dans le monde entier on nous envoie du soutien et de l'amour, il faudrait en effet rester soudés.

L'amour des autres, la générosité, l'humour, les bons mots.

La liberté d'être soi.

Aucune religion ne dispense de cours de haine dans ses enseignements.

Je suis si triste, mais si fière d'avoir vécu 33 ans et des broquettes dans un monde qui a compté Desproges, Coluche, Le Luron, Charb, Cabu, Wolinski, Tignous et les autres. 

J'espère - encore-
que les muselières sont parties en fumée en même temps que la haine.

Il ne nous reste qu'à marcher. Rire encore malgré la tristesse. Se re-souder. Se reconstruire. Et à lever notre stylo.

Je vous embrasse.


2 janv. 2015

2015 New Pages to Write :)))

Nous y voilà.

L'année nouvelle, le vent léger, le souffle de nouveauté, la joie d'être là pour connaître 2015.

Nous y voici, face à ce livre, à ces pages blanches sur lesquelles nous allons écrire notre vie cette année.

Quelles bonnes résolutions? Quels projets? Quels défis allons nous relever en 2015?

Que voulons nous pour notre monde? Celui du quotidien, celui qui nous entoure, celui dont nous sommes les acteurs?

A l'heure où certains lisent les prédictions des voyants avec une certaine fébrilité, d'autres se demandent ce que la vie va leur réserver en décidant de prendre la vie comme elle vient.

Je suis de ceux-là.

L'année 2014 a été celle de la transition, de la renaissance, de la reconstruction pour moi.

J'ai quitté un métier que j'avais choisi pour les mauvaises raisons, qui me faisait plus de mal que de bien, pour une autre vie, à laquelle j'aspire et que je sais meilleure.

Et il y a eu l'entre deux. 

L'année 2014. Elle n'a pas été rose, ni facile, mais j'ai tenu bon. Elle a été ce que j'ai voulu qu'elle soit.

J'ai donc décidé d'écrire à son sujet, et c'est un des défis que je compte relever cette année.

Une vie que je sais meilleure? oui, je le sais, car en enseignant chaque jour depuis quatre ans, je sais que je suis dans le chemin tracé pour moi: je suis heureuse.

Et je n'ai plus peur de le dire.

J'ai perdu beaucoup de temps à vouloir être parfaite alors que grandir consiste à être soi.

J'ai donc grandi.

Cette année j'ai pris plus de centimètres que durant les 33 années qui sont dans le rétroviseur à présent.

J'arrête ce comportement stérile. inutile, fatigant, contre productif, surnaturel. J'arrête de plaire.

Je suis.

Voilà ce que l'année qui s'est envolée m'a appris.

Aujourd'hui, il va falloir consolider, aller plus loin, réaliser les projets que j'ai préparé durant l'année écoulée.

Le monde qui nous entoure semble perdre le principal, l'amour de l'autre, la solidarité, la joie, la tendresse, le bonheur.

Comme s'il fallait posséder des biens pour l'être, comme si le bonheur ne passait pas d'abord par le changement de son propre coeur.

J'ai tendance à croire moi aussi, comme Roberto Benigni, que nous possédons tous le bonheur en nous.

J'ai tendance aussi à croire que nous sommes bons. Que ce sont les événements qui nous rendent tristes ou malheureux. Personne ne naît malheureux, personne ne naît triste, mauvais, difficile.

Personne sur cette Terre ne vit pour souffrir, c'est de nous que doit venir le changement.

Arrêtons de subir, arrêtons de faire reposer sur d'autres notre avenir.

Soyons le changement que nous voulons pour le monde. Soyons nous.

Je vous souhaite une sublime année et des moments de joie par milliers, sachez les reconnaître et les apprivoiser, chérissez les, comme s'ils étaient des enfants, aimez vous.

A trés vite pour la suite de nos aventures épistolaires.

Je vous embrasse

Roberto Benigni - La felicità



LE BONHEUR

à ce propos, cherchez le, tous les jours de votre vie, cherchez le, on nous l'a donné en don quand nous étions petits, et c'était un cadeau si beau, que certains d'entre nous l'ont caché, si bien caché qu'ils ne savent plus où!!! Dans les tiroirs chez vous, il est là, vous le prendrez peut être par surprise, mais il est partout, chez chacun de nous.

Le bonheur, on doit y penser toujours, même si parfois il nous oublie, nous ne devons jamais l'oublier, jusqu'au dernier jour de notre vie.

Y a des copains!