26 août 2014

Comment survivre par temps de pluie (Dans le Nord et ailleurs)

A la vue du temps qu'il fait dehors, vous avez envie de vous recoucher, et de ne vous réveiller que lorsque que la pluie aura cessé?

Je vous comprends mais votre sommeil a intérêt d'être profond, vous en avez pour un moment.

Alors à moins de retrouver le fusain empoisonné sur lequel se pique Aurore (la Belle au Bois dormant donc) il m'a semblé urgent de vous écrire ces quelques lignes pour survivre en cas de précipitations prolongées.

Hier, premier jour de la semaine, j'ouvre grand mes yeux noisette (couleur chocolat au lait bio 38%) et mes oreilles: une douce mélodie m'arrive, les gouttes de pluie sur le bitume.

Premier réflexe, comme tout le monde je suppose, j'ai ouvert le volet et la fenêtre pour humer l'air.

Oui je fais des trucs comme ça, sans doute parce que dans une vie antérieure, les australopithèques en faisaient autant, j'en sais rien, mais j'aime sentir le temps.

Qu'aurais-je pu faire à la place ami lecteur? Pleurer, m'arracher les cheveux, me lamenter et commencer la journée d'une si horrible façon que mes concitoyens visiblement, en tous cas ceux que j'ai vu passer sous ma vitrine toute la journée durant.

J'ai pourtant entendu une chanson d'amour extraordinaire qui faisait "moi je t'offrirai, des perles de pluie, venues de pays, où il ne pleut pas".

Oui, lecteur, il y a des pays où il ne pleut pas.

Alors, estimons nous heureux. La vie est ainsi faite que veux tu que je te dise, à certains endroits du globe, il ne pleut pas, dans le Nord Pas de Calais, il drache.

Cette constatation faite, que faire?

On peut se mettre en étoile et allumer le gaz, mais c'est encore plus moche de faire ça un jour de pluie.

Non, résistes, restes positif.

Il pleut. Il pleut, il pleut, il pleut, il pleut, il pleut, il pleut, il pleut, il pleut, il pleut, il pleut.

Voilà, tu te sens mieux à présent?

La journée peut commencer, tu as épuisé ton quota de phrases déprimantes (oui, derrière il pleut se cache souvent une phrase voire plus du genre déprimant "quel temps pourri", "c'est vraiment moche", une phrase à la con peut en cacher une autre, la méfiance est de mise)

A présent, lèves toi, allumes la MUSIQUE et non la radio sauf si tu veux absolument te jeter par la fenêtre, il faut dire que ces jours ci, à part les belges sur France Inter, personne n'a le moral, encore moins à Matignon.

Donc, tu mets un cd ou une playlist joyeuse sur ton ipod (et si tu n'en as pas, p***** mais il était vraiment temps que j'écrive cet article!) tu te prépares un bon café, un bon petit déjeuner et tu SOURIS.

Cet exercice consiste à étirer ta bouche, de façon à créer une demi lune croissant vers le haut. Avec un peu de bol tu verras tes dents, et retrouveras l'usage de tes canines pour croquer dans ton croissant pur beurre (ce qui m'est totalement interdit, tu vois tu t'en sors pas si mal)

Ensuite, une douche, une jolie chemise propre et repassée (homme ou femme tu DOIS savoir repasser ta chemise toi même arrêtes de chialer parce que tu te trouves célibataire, ce statut a beaucoup plus d'avantages que tu ne le crois, et comme cette paix royale ne durera pas profites en) (de toutes façons, même en couple TU DOIS SAVOIR REPASSER TA CRISS DE CHEMISE!) un jean qui te rend indestructible, un sourire colgate ultra brite (c'est l'astuce beauté de Karine Ferri je crois, mesures ta chance) et te voilà fin prêt.

N'oublies pas ton parapluie. Et n'oublies pas de ne pas sauter dans les flaques, cette exagération est excessivement énervante. Petit point, approches: ok ce temps pourri te mine le moral mais ne tombes pas dans le versant opposé, celui de l'ultra euphorie à la Gene Kelly. L'idée est bonne, sur le fond, de là à dégueulasser ton "falzar"(spéciale dédicace) il y a une limite attention.

Tu rencontreras des visages moroses. C'est évident, nous sommes en France, dans le Nord qui plus est, donc les tronches de dix pieds de long parce qu'il pleut, comme c'est nouveau pour eux, ça pousse à tous les coins de rue.

Souris-leur.

Oui, souris aux inconnus, pas un sourire pourri un brin vicieux, un vrai sourire pour dire qu'on s'en fiche du temps qu'il fait pourvu qu'on soit en vie. (tu avais bien arrêté la musique avant de partir?)

Tu seras surpris, les gens sont trés touchés quand on leur sourit. Et tu pourrais tomber sur un légendaire chti qui "s'en fout qu'ça drache", ou même mieux, sur un authentique citoyen de la couronne britannique en goguette qui trouve que la ville est "so lovely" que ton accent est "amazing" et que tu es "so kind".

Et là, heureuse coïncidence, tu seras heureux d'être sorti de chez toi avec le sourire (et tu remercieras Karine Ferri mentalement) Enfin une journée qui commence bien! Ah il pleut, ah bon, j'avais pas fait attention, maintenant que vous le dites.

Tu travailles? Super, tu seras à l'abri pour la journée, sauf si tu travailles sur un chantier, mais tu seras muni de ton casque et de tes chaussures de protection, fais attention de ne pas glisser, et conserves toujours ta bonne humeur. La journée passera plus vite.

Au chaud dans ton bureau, ta boutique ou ta bibliothèque, tu pourras de temps en temps regarder par la fenêtre en tenant une tasse de café ou de thé (earl grey avec un nuage de lait pour moi merci) brûlante entre tes mains, et te dire, j'en ai de la chance, je pourrais vivre au Sahara.

Tu es encore en vacances? VEINARD! tu as mille possibilités, ce ne sont pas trois gouttes qui vont t'empêcher de vivre si?

Cinéma, expositions, musée, piscine (couverte c'est tellement logique) tu as l'embarras du choix, pourquoi pas bibliothèque, ou même fnac ou furet pour chiner un petit livre de derrière les fagots?

Tu as la flemme? Ok, chez toi, tu vas pouvoir faire des crêpes, et pendant que la pâte à crêpes repose au frigo, trier tes photos, les envoyer pour les imprimer sur internet, te constituer un livre photo, en écoutant tes morceaux préférés.

Ou te caler sous le plaid pour regarder une émission en replay que tu aurais raté. Ou lire un livre. Ou prendre un bain, te faire un masque, te poser du vernis, Lire un magazine, faire du coloriage anti-stress de Mandalas, regarder encore ce film mythique que tu aimes, passer un coup de fil à des amis qui te manquent, écrire des lettres, GRAND DIEU! tout ça?

Et la journée sera si douce....si tranquille.

J'ai la conviction intime que les jours de pluie sont faits pour nous permettre de recharger nos batteries, nous reposer, nous recentrer sur nous mêmes, réfléchir,prendre le temps.

Et dés lors je ne comprends pas pourquoi tout le monde se plaint quand il pleut.

Pourquoi, qui a dit qu'il fallait être de mauvaise humeur et muer en Evelyne Dhéliat dés qu'une goutte tombe sur le sol?

Ronchonner fait il arrêter la pluie?

Voilà, maintenant que tu as passé une belle journée, penses à demain et à toutes ces choses super que tu vas pouvoir faire, prévois toi des pauses avec tes amis, un rendez vous pour un café, un déjeuner, ou même un appel en plein aprés midi.

Penses à la belle sieste que tu vas pouvoir faire, aux Reines du Shopping, regardes un peu ta boîte mail, fais des choses pour toi et surtout ne te laisses pas abattre.

Tu auras des épreuves dans la vie, des vraies.

En attendant profites de ces temps d'accalmie pour prendre la vie avec philosophie, et transformer ces jours de précipitations climatiques en jours de joie intérieure.

Tu es le seul à pouvoir décider de faire cela. Pluie ou pas.

C'est le moment d'étrenner tes jolies bottes de pluie, de guetter l'arc en ciel, de sortir ton smartphone et de faire des photos.

C'est le moment pour se dire qu'on a du bol, il pleut sur nos vitres et on est là pour le voir.

Ne me remercies pas, c'est bien naturel.

Je t'embrasse. Mais si mais si. J'insiste.

23 août 2014

Dear Cristina

Ma chériiiiiie!!!!

Il était grand temps qu'un article te soit consacré sur ce blog.

Merci.

Oh oui, vraiment de tout mon cœur je te remercie ma belle.

Ta bienveillance, ta sympathie, ta bonne humeur, ton professionnalisme,ta patience et tout ce qu'un seul post ne pourrait jamais contenir.

Je suis heureuse de vivre dans un monde où tu existes.

Tu es généreuse et sincère, une chose est sûre toutes les femmes de ce pays rêvent de passer entre tes mains (et celles d'Andrea, mais c'est une autre histoire)

Comment aurions nous appris à nous maquiller,à appliquer la poudre de soleil en forme de 3, que les collants couleur chair étaient interdits et l'eyeliner bleu un délit?

Comment aurais je pu savoir autrement que grâce à tes conseils que j'étais un"ouit poulpeux"?

J'ai appris à m'habiller et à me maquiller grâce à toi, je t'entends dans les magasins quand je m'apprête à franchir (rarement mais quand même)un fashion faux pas.

Cristina tu es notre bonne fée, notre petit miracle brésilien.

Certains diront que la mode est futile,qu'elle n'est pas nécessaire à la vie.

Certes,moins que la nourriture ou la paix mais ce que tu fais pour les gens,c'est plus que nécessaire!

Tu leur redonnes confiance en eux, grâce au relooking et à tes conseils francs mais toujours bien amenés, tu réussis tes défis et en ces temps tourmentés,tu nous fais du bien.

Et des gens comme toi,il y en a peu.

Si un jour tu croises ma route je serais la plus heureuse 

Ne changes pas et surtout ne quittes pas la télé française


Je t'embrasse très fort ma soublyme!


22 août 2014

Les gens qui passent

De mon écrin fruité, j'ai une vue trés claire sur la rue Esquermoise.

Cette rue passante où toute la ville s'agite, où les touristes allongent le pas, sur le chemin de la Pâtisserie Meert.....cette rue que l'on remonte au pas de course pendant la pause déjeuner, pour rejoindre la Grand Place....

Les gens qui passent me fascinent.

Pendant que je range les pots, que je prépare les boîtes, que j’époussette les étagères, la porte ouverte, je les entends, je les écoute, ils me surprennent, ils me font sourire quand ils s'extasient devant la boutique, quand ils commentent la vitrine, quand ils donnent leur avis , en oubliant que la porte est ouverte....

Je les vois, sourire, pleurer, s'embrasser, se rejoindre, se disputer, parler au téléphone, se bousculer quand ils ont le nez dans leur smartphone et les pensées ailleurs.

Je les entends, à haute voix raconter leur vie, découvrir un endroit qu'ils n'avaient jamais vu auparavant, se dire que c'est nouveau.

Je les aime quand ils disent à haute voix le titre du conte qu'ils liront s'ils passent la porte de la boutique.....

Et je les renseigne, quand ils sont perdus.

Les gens qui passent parfois sont sur des échasses, sur les pavés lillois, pourraient perdre l'équilibre à tout moment mais font l'effort de bien se tenir.

Je vois leurs looks, je devine leur personnalité à travers les styles qu'ils aiment se donner.

Parfois les gens qui passent sont tristes, renfrognés, grognons, agacés, creusent les sillons autour de leurs yeux froncés, au creux de la ride du lion qui pointent leurs sourcils vers le bas.

Parfois ils me sourient, sans raison, de ce sourire qui fait ressortir l'humanité.

Et quand ils entrent, 9 fois sur 10, ils ressortent en souriant, fiers d'eux-mêmes d'avoir écouté leur curiosité, fiers d'avoir osé, entrer dans cette boutique aux allures de maison de poupées.

Parfois quand ils entrent, ils parlent trés doucement, ne veulent pas être dérangés dans leur découverte du lieu sucré.

D'autres fois, quand les gens qui passent deviennent des clients, ils posent des tas de questions....et ont les yeux qui brillent quand on leur propose de goûter à tout.

C'est un fait, les gens qui passent ont tous des histoires à raconter, ont tous des destins différents, extraordinaires, particuliers.

Les gens qui passent devant ma bulle enchantée, sont comme les héros d'un film qui m'est projeté en continu, comme si j'avais sous les yeux une diapositive, ils ne sont pas des figurants, ils sont tous des vrais personnages, et ce n'est qu'en s'approchant qu'on devine quel est leur rôle dans le court métrage de leur passage sur ce trottoir.

Même quand la boutique fourmille de gourmands, j'ai en fond sonore les gens qui passent dans les oreilles, ce bruissement de feuilles qu'on tourne, ces talons qui font deviner le pas décidé, l'employée en retard, les chaussures de ville des banquiers qui pressent le pas pour reprendre leur poste, la cigarette libératoire que l'on finit avant de rejoindre un ami ou son lieu de travail.

Les langues étrangères se délient, et racontent la nouvelle étape d'un séjour dans la jolie ville qu'ils ont choisi pour telle ou telle raison, de visiter aujourd'hui.

Où irons nous manger, que voulez vous visiter? Des bribes de vie arrivent jusqu'à moi, que je le veuille ou pas.

Ces gens qui passent sont aussi les personnages de mon quotidien, en arrière plan des héroïnes, envoûtantes et sucrées qui peuplent mes journées.

Il parait qu'en hiver, quand le trottoir revêt son costume sombre, la boutique resplendit, et que les gens qui passent deviennent nos spectateurs, que les rôles sont inversés.

En attendant de jouer ce rôle, je continue à endosser celui de faiseuse d'histoires, de distributrice de sourires, d'épicière de plaisirs fruités.

Et j'entends les murmures de la ville, des gens qui passent sur ce bout de trottoir en guise de scène de vie.

Je vous embrasse.




17 août 2014

Poètes Disparus.(et réapparus)

Vous allez trouver ça étrange, voire même incroyable, mais j'ai vu pour la première fois cet après-midi, le Cercle des Poètes disparus (en anglais, sous titré en anglais, ça fait du bien)

Non pas parce que Robin Williams a quitté ce monde pour des cieux plus cléments (car quoi qu'on en dise, la richesse, le talent, la fortune, l'argent ne font résolument pas le bonheur) mais parce que l'occasion m'était proposée par un ami cher et que nous avions du thé à en revendre en cet après midi pluvieux.

Et parce que la curiosité me titillait depuis de nombreux mois, voire de nombreuses années.

Il y a 1 an, juste avant les vacances de Pâques, je suis entrée dans la classe dans laquelle j'étais supposée faire cours, à des étudiants de 4ème année de droit.

Dévastée, déstabilisée par le départ précipité de mon amie Jeanne, j'ai tenu néanmoins à retourner en cours, les étudiants, la naïveté, la candeur, cette fac où nous nous sommes connues, cette salle où nous avons pouffé ensemble au fond à droite prés du radiateur, tout ça ne pouvait que me faire du bien.

Je suis donc arrivée, moins enjouée que d'habitude, j'ai salué ma classe, qui s'attendait à une pirouette, un moon walk ou des claquettes, et j'ai écrit en majuscules sur le tableau : V I V R E.

Ils m'ont regardé avec des yeux ronds bien sûr.

Je ne suis pas montée sur le bureau ce jour là en clamant "Oh captain, my captain" mais je leur ai dit qu'il fallait vivre, profiter, qu'avoir les meilleures notes, les mentions, les honneurs, ne sauve personne de la maladie, qu'il fallait décrocher des cours parfois pour s'oxygéner le cerveau, qu'ils devaient être là parce qu'ils le souhaitaient et non parce qu'on les y obligeait.

Je les ai ensuite invités à me rejoindre durant les vacances scolaires, à la mer.

Nous avons pris les agendas, bloqué une date. "Rendez-vous devant le casino de Malo les Bains, le 17 à 10h30. J'y serai. Et vous?"

La veille je me demandais s'ils viendraient.

Je suis chargée d'enseignement en droit pénal dans une fac de droit, quel intérêt pour eux, de me rejoindre à la plage, auront ils pris mon rendez vous au sérieux? Auront ils saisi l'intérêt?

Le jour J, le coeur battant je remontai la digue de Malo jusqu'au Casino: ils étaient là. Une petite quinzaine d'entre eux avaient fait le déplacement.

Pas forcément les "têtes de classe", pas forcément les plus loquaces.

Mais ils étaient là.

Comme ceux qui se sont levés debout sur leurs pupitres à la fin du film. 

Quand j'ai raconté cette anecdote à mes amis, certains m'ont dit "tu te la joues "cercle des poètes disparus"?"

J'ai souri. Je n'avais pas la moindre idée de ce dont ils me parlaient.

J'ai compris cet après-midi.

Devant le film, sous la couverture, en sanglots, j'ai compris, la comparaison est plus que flatteuse, mais ce qui se déroulait sous mes yeux, c'est ce que j'essaie à mon échelle, de reproduire dans mes cours.

J'aime enseigner, et plus que cela, j'aime apprendre, déceler en chacun de ceux que je rencontre, le potentiel, la capacité à émerveiller, le rebond nécessaire quand on croit que c'est fini.

J'ai lu des ouvrages, dont Chagrin d'école de Pennac, qui m'a beaucoup appris, mais n'ai nullement appris la pédagogie dans un cours ou une Université.

J'enseigne le droit depuis 5 ans, à ma manière, au feeling, et si parfois j'ai du hausser le ton, si parfois j'ai pleuré d'épuisement en corrigeant les fautes d'orthographe, les copies par centaines, j'ai aimé chaque année, chaque minute passée avec eux.

Ma tristesse de quitter l'Université à la fin de mes études a été compensée, en y retournant de l'autre côté du bureau.

Le déclic a enfin eu lieu. Pour atteindre de nouveau mon objectif (enseigner le français, la littérature) que je ne peux préparer sans franchir un dernier obstacle me reliant à ma vie d'avant, il faut que je valide la seconde partie de mon diplôme.

Voilà, c'est parti.

Mon désir, mon envie, que dis je ma passion dévorante pour l'écriture et l'enseignement, ont eu raison de mon talent pour la procrastination.

Un dernier pont à franchir.

Pour pouvoir monter sur un bureau un jour et faire sortir des coeurs et des tripes de mes futurs élèves, le meilleur d'eux-mêmes, humainement parlant.

Je reprends les cours à la rentrée, et maintenant je sais comment et pourquoi j'ai hérité de ma réputation.

Je suis ravie d'avoir pu quelques fois, aider ces jeunes gens en pleins doutes, en pleine recherche d'eux-mêmes, ravie d'avoir pu les éclairer, les accompagner, et je ferais tout ce qui est possible pour continuer.

Ce que l'on a au fond de nous doit sortir pendant que nous pouvons le réaliser, parler,  communiquer, ouvrir son coeur, non, ce n'est pas vain.

Il faut y croire, encore et toujours, il n'y a pas de bon ou de mauvais moment, d'âge, ou de situation qui puisse être un obstacle, à moins qu'on le décide.

J'ai envie de croire, que les poètes disparus réapparaîtront, à chaque fois que cela sera possible pour nous d'accepter de leur ouvrir les portes de nos coeurs.

Je vous embrasse.



8 août 2014

Take This Waltz

Assise à la table d'un restaurant japonais, attendant que mon ami revienne de s'être lavé les mains, je regardais autour de moi quand un détail (pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup) me saute aux yeux.

A une table sur ma gauche, un couple était attablé.

Ils ne se parlaient pas.

Le silence total, pas le silence poétique des gens amoureux qui n'ont pas besoin de se parler pour se comprendre, qui se devinent en se regardant, qui n'ont besoin de mots que pour se dire des choses douces et vraies.

Non, je parle bien de ce silence qui à titre personnel me crispe, m'indispose, me met tant mal à l'aise que je dois partir quand mes mots tombent dans le vide intersidéral.

Il lui tenait la main, et mangeait de l'autre.

Elle, regardait dans le vague, son corps était là, mais son âme, ses pensées, elles, étaient loin....far far away....

Quand mon ami est revenu, je lui ai fait remarquer que cela doit être difficile de ne pas se parler du tout, de n'avoir plus rien à se dire, d'être là, deux inconnus face à face au bout du chemin parcouru ensemble, arrivés à une fourche où il était temps de se dire aurevoir.

Il n'a pas eu à chercher trop longtemps pour comprendre pourquoi je lui tenais un tel discours, et a ressenti lui aussi le silence pesant de la table de gauche.

De là est partie notre discussion sur les rapports humains, amoureux en particulier et ce quelque soient nos préférences de genre.

Que faire quand le silence s'installe?

Que faire quand l'autre que nous connaissons par coeur n'est plus l'objet du désir mais notre meilleur ami, ou pire notre colocataire?

Comment faire revenir le désir?

Et comment s'empêcher de porter notre regard ailleurs, sur des choses mille fois plus désirables par l'attrait du renouveau?

Certains essaient néanmoins, essaient de ne pas faire souffrir l'autre, essaient de lutter contre leurs envies, l'envie de vivre quand le feu de l'amour s'éteint.....

Et c'est ce qui est au coeur du sublime "Take this Waltz"de Sarah Polley.....

Dans ce film, beaucoup de lenteur, de silences, de plans tournés au ralenti comme pour montrer petit à petit la poussière qui s'installe dans nos coeurs quand la passion s'étiole, entraînant l'amour et le désir avec elle.

Quel autre but dans la vie de Margot que celui de vivre, d'aimer, de jouir, de sentir dans le regard, dans les gestes, dans les mots de l'autre, le même désir de vivre?

Ce personnage, magistralement interprété par une Michelle Williams éblouissante de sincérité et de beauté fragile, malgré les difficultés à quitter son présent, fait de complicité, de mots d'amour, mais dont elle sent que la matière première en est absente, fait la rencontre d'un jeune homme, qui s'avère être son voisin, au croisement des chemins de sa propre vie.

Ces deux-là se comprennent, s'apprivoisent, même si l'attachement de Margot à Lou est indéniable et qu'elle redoute plus que tout de le faire souffrir.

Un repas d'anniversaire de mariage silencieux, le même que celui qui se jouait prés de moi au restaurant japonais, a eu raison des efforts surhumains de Margot pour enfouir son désir d'évasion.

La lutte interne est dure, difficile, 5 années de mariage, sans histoire bien sûr, mais au fur et à mesure sans rien d'autre que des je t'aime, sincères, mais insuffisants......et un jour, après l'aveu de ces heures tourmentées, de ces tergiversations, Lou lui rend sa liberté.

C'est là que Margot reprend le cours de sa vie, et va au bout des choses, y compris au bout, on le devine, de son idylle avec Daniel, avec qui elle va concrétiser ce besoin de vie.

Et là, dans leur jolie complicité, dans leurs je t'aime à tout bout de champ, comme si le dire suffisait à recréer la magie des débuts, on entendait le mieux la signification de cette phrase.

Je t'aime, je m'aime dans ton regard, je m'aime dans ce que tu me renvoies de moi, j'aime ce que je vois dans tes yeux quand tu me regardes.

Un jour je ne vois plus rien, je ne me vois plus comme avant, et je suis triste, et cette tristesse me détache de toi.

Je vois de nouveaux yeux, dans lesquels je me vois si jolie, si neuve, si douce, si désirable....alors je suis ces yeux du regard, mais dans les tiens je ne vois que l'attachement, plus la vie.

Alors je ferme les yeux devant les tiens, pour les ouvrir là où un regard m'accueille pour creuser des sillons autour des miens, je revis, je renais dans un autre iris.....jusqu'à ce que la lumière m'y rende jolie, désirable, douce, vivante.

Quand la lumière se ternira, je chercherai sans doute, dans le miroir, mon regard, le mien, pour voir si j'y vois ce que j'aime y voir, si je me vois comme je voudrais être vue.

Voilà ce que ce film m'a inspiré. Ce que la poésie de ces images parfois impudiques, m'a amené à analyser.

Le silence peut être doux, poétique, reposant......ou bien lourd, gênant, embarrassant.

Je repense à ces deux là. Que s'était il passé?

En étaient ils arrivés à l'érosion des sentiments ou bien tout simplement étaient ils tristes pour une toute autre raison?

La chanson de Léonard Cohen revient dans mon esprit alors que Margot et Daniel se rejoignent, irradiant leurs visages respectifs de sourires de vie.

Danses cette valse.

Vas où ton coeur te mène, comme le dit cette publicité pour les voitures "si vous vous apprêtez à faire quelque chose sans amour, ne le faites pas".

Il y a toujours une forme d'amour en nous, même le pire des égoïstes est capable d'aimer (de s'aimer lui, ce que le commun des mortels ne sait plus faire du tout)

Ce film, ce couple à la vie, cette fille à l'écran, ce titre, ce n'est qu'une seule et même idée: vis.

Danses, vis, souris, pleures, ressens, mais ne perds pas un instant.

Tu douteras, tu seras silencieux, tu seras perdu, mais vas y, fais des choix.

La vie est là.

J'ai été bouleversée par ces images, par cette poésie, par ces phrases clés "ce qui est nouveau deviendra vieux" "j'ai peur des regrets"......et leur rendez vous en 2040 en France près d'un phare quand "je serai digne de recevoir un baiser de toi" quelle puissance....

Je vous recommande ce film, je vous recommande surtout de profiter de ce que la vie vous offre, et de ne pas vous empêtrer dans une relation, sur un chemin, sur des rails, qui ne sont pas les vôtres.

Regardez vous dans les yeux. La réponse à toutes vos questions est là, en vous.

L'amour propre n'est pas l'égoïsme, l'amour-propre est nécessaire pour se sentir libre partout, jamais enchaîné, jamais supplicié ou sacrifié.

Je reste persuadée que savoir être bienveillant envers soi-même permet d'ouvrir plus facilement et plus justement son coeur à celui  ou celle que nous choisirons pour le faire battre.....vraiment.

Je vous embrasse.

Et surtout n'oubliez pas de tomber amoureux.....



5 août 2014

23

Le nombre de mariages auxquels j'ai assisté depuis 10 ans.
 
Et toujours à titre célibataire bien entendu.
 
J'ai chanté, dansé, joué la comédie, j'ai célébré, j'ai fait des choré, organisé....on peut dire que l'investissement est au rendez vous.
 
J'ai fait ce petit décompte (en fait en vrai au début c'était pour rire, puis j'ai fait la liste exacte et n'ai vraiment oublié personne,) au cours du dernier mariage auquel j'ai assisté, où j'ai décidé que c'était fini: il s'agissait du dernier mariage auquel j'assisterai seule.
 
"Pourquoi veux tu te marier?" me demanda mon ami.
"Pour concrétiser un amour réciproque, une union qui respecterait les deux branches d'une même rivière"
 
C'est vrai ça, pourquoi veut-on se marier au fond? quel intérêt de sceller nos destins?
 
De plus en plus de gens veulent rester libres, pour ne pas se sentir liés, pour ne pas perdre leur liberté....enfin raisonnons 5 minutes, faire un enfant ne se défait pas aussi facilement qu'on vend une maison ou qu'on signe une requête conjointe devant le Juge aux Affaires Familiales.
 
Se marier doit être un choix commun et non l'un pour faire plaisir à l'autre, une décision réfléchie mais aussi dictée par un amour sincère, réciproque (non je ne suis pas aigrie, j'y crois encore! comme Lara FABIAN) (Et ALORS?)
 
Croire en l'amour réciproque aujourd'hui, c'est visiblement aussi peu probable que croire en un Dieu et prier.
 
On fait ce qu'on veut bon sang!
 
Bref 23 mariages....et aucun divorce!
 
Au contraire, mes amis concrétisent: je suis maintenant tata, oui, après avoir été témoin de leur amour, la plupart d'entre eux ont lancé les premières graines de joie, je n'en ai pas fait la liste je ne suis pas aussi obsessionnelle, mais certains en sont au 2ème! alors que je n'ai même pas encore commencé à préparer mon mariage!
 
Alors, vous voyez que l'amour existe!
 
Et ils sont heureux, même si la vie quotidienne rend toujours les choses moins glamour, moins romantiques qu'au début de leur union, ils sont assez heureux.
 
Et je ne vous parle pas de ceux qui ne se sont pas mariés et ont mis au monde des bout'choux.
 
Ah vraiment je pense encore à ceux qui se demandent pourquoi je parle beaucoup de ça depuis quelques temps.
 
Vous vous posez encore la question?
 
J'ai envie d'aimer, d'être aimée et de transmettre, bien entendu je suis bien entourée, et en quoi cela est il incompatible avec le fait d'avoir ma famille à moi?
 
Toujours est il que ma décision est prise, le prochain mariage sera sans moi seule assise au bout de la table, seule au moment des slows, seule au moment du lancer de bouquet.
 
Soyons très clairs: je ne souffre pas.
 
J'ai juste décidé que je serai accompagnée d'un homme amoureux de moi la prochaine fois.
 
Sinon j'irai à la cérémonie et c'est tout.
 
Ou bien je déclinerais poliment.
 
Voilà, des fois ça fait du bien de prendre des décisions (cf article précédent)
 
Allez, je vous embrasse, et continuez d'y croire bon sang! Au moins croyez-y pour moi!
 
 

The Show Must Go on Captain

J'ai un peu tardé à revenir vous écrire et pourtant je ne manque pas de choses à vous raconter et à analyser ici même sous vos yeux avides de mes tribulations.
 
La semaine dernière (jour pour jour, il y a quand même une certaine cohérence chez moi, si si quelque part) W9 jouait pour la millionième fois (mais la première dans mon cas) The Truman Show.
 
(Oui, bon ça va, je ne vais pas m'excuser mille ans de ne l'avoir jamais vu avant!)
 
Ce film est très intéressant à plusieurs titres.
 
Il est éminemment bien joué par Jim Carrey, et par chacun des acteurs, les décors sont incroyables et les couleurs sont vraiment très intéressantes.
 
Mais au-delà de cela, le scénario interpelle.
 
Quand le film s'est achevé j'ai pensé "nous sommes les seuls maîtres à bord de notre vie" et c'est un peu un leit-motiv chez moi, disons pour ceux qui ne me connaissent pas que j'ai pris les choses en main et que personne ne peut décider pour moi.
 
Les conseils sont bien entendu les bienvenus à la seule et unique condition que je sois la dernière personne à choisir.
 
Or nous rencontrons sur notre chemin de nombreuses personnes enclines à nous diriger, orienter, amener vers une direction....les voyants bien sûr sont les premiers d'entre eux.
 
Nous consultons les astres pour nous rassurer, confirmer un choix, dans une perte de confiance absolue et dans un don de soi total, envers une personne dont c'est le métier, nous dire ce que notre avenir nous réserve.
 
Force est de constater que les voyants ne nous disent pas tout.
 
Ils donnent les grandes lignes et quelques points de détail....et nous racontent l'avenir qu'ils voient pour nous.
 
Ils nous racontent une vie, que nous ne vivons pas encore, mais qui sera la notre par Jupiter, et Toutatis aussi, et selon notre degré de tension, nous acceptons la vie qu'on décide pour nous.
 
Par esprit de contradiction, à la phrase "ne changez rien", j'ai pensé "comptes là dessus et bois de l'eau", et j'ai vu dans l'œil de mon interlocutrice qu'elle savait à qui elle avait à faire.
 
Bien sûr, j'ai fait ce que je voulais moi, dans le présent d'aujourd'hui, à ma façon.
 
La vie que je vivrais demain sera celle que je souhaiterai vivre et non une vie décidée pour moi, en couleurs ou en noir et blanc, comme ce brave Truman. (oui, il y a un fil rouge dans mes posts il serait temps de le concevoir)
 
Notez que s'appeler Truman (l'homme vrai si je traduis littéralement) est assez bien amené quand on connait sa vie mais bon. 
 
Sa vie est un scénario, construit de toutes pièces par un grand argentier qui n'est autre que le réalisateur du show.
 
Quel film visionnaire! A l'heure où des adulescents gonflés aux hormones et si bronzés qu'on ne sait s'ils sont ou non en mousse, acceptent (depuis 2001) d'être filmés 24h sur 24h pour vivre dans un bocal, de leur plein gré, c'est assez impressionnant.
 
Cela dit la vraie différence avec Truman c'est qu'il ne sait pas durant 30 ans, que sa vie est en carton.
 
Il croit vivre au Paradis, aucun ennui, quelques péripéties (pour que le public soit au rendez vous) mais en tout état de cause, qui accepterait de croire que sa vie n'est qu'un immense scénario, un tissu de mensonge, que tout ce que nous vivons est prévu à la minute prés?
 
Personne ne veut savoir ça! On veut le contrôle sur notre existence sur nos choix, sur nos itinéraires, sur nos projections, impossible d'accepter que quelqu'un décide à notre place où et quand nous devrions faire telle ou telle chose....
 
Outre les voyants, que nous sommes libres d'accepter de croire ou non, combien d'entre nous choisissent de suivre un chemin tout tracé?
 
Combien choisissent de vivre en suivant les conventions?
 
Combien acceptent de se remettre en question et de reprendre le cours de leur vie comme ils l'entendent?
 
Faut-il du courage? Je ne sais pas si c'est bien de cela qu'il s'agit.
 
A la fin du film, Truman choisit de sortir du cadre du film, et ce qui est cynique c'est cette phrase "on coupe, bon en même temps il y a quelque chose après, oui, il y a quelque chose", zappé Truman et ses 30 ans de vie, place au prochain programme....
 
Truman avait le choix, rester dans sa vie de confort tracée pour lui jusqu'à sa mort, ou choisir de sortir du cadre et de vivre sa propre existence.
 
Il a fait le choix de sortir, "et si je ne l'ai pas encore fait, je vous souhaite une très belle journée"
 
Il a sans doute eu peur, sans doute a-t-il hésité, sortir sans aucun repère puisque toute sa vie il n'a pris aucune décision jusqu'à lors.....mais il a choisi.
 
Voilà, ce que ce film m'a enseigné, m'a conforté dans mon choix, m'a convaincu.
 
Il faut avoir de l'amour-propre et le courage de l'assumer.
 
Savoir se tromper mais assumer ses erreurs, savoir chuter mais se relever, savoir prendre des décisions, mais douloureuses mais elles sont les nôtres, c'est bien comme cela qu'on avance dans la vie.
 
Je vous souhaite d'être aujourd'hui, et demain, les capitaines de votre propre embarcation.
 
Quelques soient vos subterfuges, vos béquilles, vos doudous et vos gri-gris, la décision finale, doit toujours vous revenir.
 
Je vous embrasse.
 
 

Y a des copains!