16 avr. 2014

Where is the Job?

Ahhhh, la recherche d'un emploi....quel chemin de croix dans notre pays hexagonal mais néanmoins merveilleux!

De quoi faire perdre son latin à un Pape....il était important néanmoins de réfléchir à la question un instant.

Chercher un emploi.....et en trouver un, le chemin de croix en cinq étapes (on ne change pas une méthode qui gagne)

Pour vous appâter voici le programme: des cv et des lettres de motivation très ou moins motivées, des silences, des mics macs et de l'action, un rendez vous avec Paul, et une détermination qui aboutit à la folie: un entretien.

Première phase: le curriculum vitae (because in latin it looks so smart)

Tiens parlons-en.

A titre personnel, j'en ai déjà trois exemplaires.

Selon la demande bien entendu.....comprenez selon l'usage que je souhaite en faire.

Trop de diplômes? Enlevez-en.

Oui, en France, on n'aime pas les intellos rebelles (= les gens qui ont fait des études, mais qui sont pragmatiques et qui aiment OSER changer de vie quand la leur ne leur convient pas, cassant ainsi le mythe de ceux qui suivent comme des moutons ce qu'on avait choisi pour eux ====> dont moi)

Alors, si on demande quelqu'un à BAC +2 et que vous êtes BAC +5....soit vous ne postulez pas, soit vous enlevez des diplômes de votre cv.

Pire, si vous avez eu un poste dont l'image d'Epinal est "haute qualification professionnelle, à la limite de Pape ou Président de la République....." eh bein enlevez la.

Oui, en France, on n'aime pas les intellos rebelles qui avaient un boulot qui en théorie leur rapportait plein d'oseille et qui viennent piquer le travail de ceux qui n'ont pas étudié. Faites chier quoi.

Voilà voilà.

Donc en résumé, trop qualifiés, trop expérimentés, modifiez vos cv.

L'objectif est d'avoir le job.

Oui, l'objectif est de gagner du pognon pour payer vos charges, pour pouvoir réussir votre projet qui par essence n'est pas le dit job qui vous permet de gagner le dit pognon.

Vous me suivez?

Donc, on ne se pose plus de questions. Chez Paul, on m'a dit que l'objectif était de rendre le recruteur content. Et fier. Et supérieur.

Ok. Alors je le rends supérieur, je n'ai pas plus de diplômes que lui. Exit Maîtrise, CAPA, Licence de droit, je garde le bac quand même, sinon c'est louche.

Ok. Je le rends fier. C'est lui qui a le pouvoir de me dire à moi petite sous fiente de moineau, qu'il me prend ou pas pour un motif ou pas, qui se tient ou pas. Et surtout si je fais l'affaire, c'est grâce à SON pouvoir de recruteur.

Ok. Je le rends content: je le remercie platement de me recevoir, et d'avoir accordé du temps à mon humble personne qui vient quémander un tout petit travail de rien du tout dans sa prestigieuse entreprise.

Voilà voilà..... 

Deuxième phase: la recherche.

Qui dit recherche, implique forcément une mise en situation, façon plan de bataille.

Imaginez vous arpenter la ville à la quête d'un objet précis: un cdd, voire un cdi pour les plus chanceuses d'entre nous, un style particulier (la vente de fringues teenage ou la vente de blaser à 300 euros?) et un quartier accessible. (entendez pas plus d'une heure de trajet de porte à porte, sinon on dépense plus de thunes qu'on en gagne cqfd)

Bref, le Saint GRAAL.

Mais il ne s'agit pas d'accepter n'importe quoi. "Bar à hôtesses" ne signifie pas qu'on recherche des hôtesses d'accueil HABILLÉES dans un bar.

You know what I mean?

L'objectif: faire mouche et obtenir minimum un sourire (et qu'on prenne votre cv et qu'on ne vous le jette pas à la tronche serait un plus) 

Mal à tomber, en caisse, ce genre de personnage qui vous reçoit est TOUJOURS ET EXCLUSIVEMENT DE SEXE FÉMININ

Donc, souriez, mais n'en faites pas trop.

A ce propos, sur la tenue, n'exagérez pas, au même titre qu'on se souvient toujours de la tenue que vous portiez à un premier rendez-vous galant (si l'autre ne s'en souvient pas, vous oui.) dites vous bien que tout fashion faux pas restera dans les annales du magasin en question trés longtemps.

Oui, dans un an, on se souviendra encore de vos cuissardes rouges en simili chez Obaïbi.

Souriez, mais pas de ce sourire conquérant, du genre "j'ai déjà le poste et je me baisse pour ne pas fausser le taux de transformation de ta journée (ceux et celles qui ne comprennent pas ce que je viens d'écrire, renoncez à la vente en chaînes de magasins ou révisez.)

Souriez, disais-je, mais pas de ce sourire niais, qui signifie "qu'est ce que je fous là moi déjà?" ni du sourire aguicheur "mmh dis donc, c'est toi qui t'occupes des cabines?j'ai filé mon bas t'en aurais dans la remise" qui est trés mal perçu, même si vous êtes du penchant sexuel de votre interlocuteur(trice).

La tenue est donc essentielle, propre, et ça s'étend aux cheveux ça va sans dire, bien que ce soit évident qu'on doive se laver chaque jour, y compris le jour où on dépose un cv (pour, je le rappelle, représenter la marque auprès des clients)

Donc, on est propre, pas BCBG (sinon chez Décathlon ça passe moyen) pas trop débraillé (non, à la Botte Chantilly on ne vendra pas de converse) ni trop original (Desigual, certes, mais what else?) bref, un style sobre, actuel, passe partout, jean brut, veste noire, tee shirt (propre) blanc, coton ou pas, et chaussures confortables avec éventuellement petit talon (mais pas baskets ma chérie, ça c'est pas professionnel) mais en tous cas : PROPRES.

Vous l'aurez compris, propreté, présentation nickel, maquillage pas trop exubérant, discret mais présent, parfum mais pas tout le flacon, fin bref voilà, propre, nette, je souris, je dépose mon cv, je parle gentiment sans chewing gum et sans accent (sans dire de saloperie ni pianoter sur mon portable de préférence) et on a au moins gagné un truc: un sourire.

Vous me direz tout ça pour un sourire, la vache, ça fait beaucoup d'efforts pour pas grand chose.

Certes, mais regardez une cérémonie de la rose sur NT1: elles sont toutes sapées pour aller au bal, torturées dans des pompes de 50 cm, et elles n'ont parfois ni la rose, ni le sourire.

Tout ça pour une rose bon, ça fait beaucoup d'efforts pour une fleur, tout ça pour pas de rose, bein....vous avez compris le concept.

Vous avez déposé votre cv, vous avez arpenté plusieurs kilomètres de pavés, plusieurs heures d'efforts et de sourire colgate (ah oui, pensez y aussi, enfin j'dis ça...) vous rentrez chez vous regarder l'ultime épisode des Frères Scott.

Vous êtes prête pour la suite: le mailing.

Troisième phase: le mailing

Vous avez postulé en vrai, c'est mieux.

Derrière votre écran, vous pouvez être crade, en pyj informe, le cheveu gras et la peau dégueulasse, personne ne vous voit, mais on vous lit.

Alors de grâce, relisez vous. Oui, des fautes d'orthographe dans une lettre de motivation, ça craint.

On saura que vous avez bidouillé votre cv.

La phase une se doit d'être discrète, crédible, appropriée.

Vous avez un trou de quinze ans dans votre cv puisque vous avez retiré tous vos diplômes post-bac, eh bein vive l'expérience à l'étranger (invérifiable, enfin sauf si vous dites être allé 15 ans en Chine à un recruteur dont le siège est basé à Pékin et que vous ne parlez pas chinois, mais c'est un détail....)

Le mieux, dans ce cas, c'est de savoir mentir, de croire en son mensonge et de parler une langue étrangère couramment. 

Sinon, réfléchissez à autre chose.

Le mailing donc.

Le principe est le même que de déposer des cv, mais peinard devant Game of Thrones.

Mais sans le son. Sinon on est vite déconcentré.

Alors, vous allez faire une lettre de motivation, remplir des formulaires, je vous conseille vivement de les enregistrer dans un dossier "candidatures 2014" par exemple, pour savoir ce que c'est quand on reçoit des réponses (automatiques, négatives, intéressantes, spam)

Attention, lettre de motivation sans faute, adaptée, avec vos qualités mais pas trop, mais surtout celles qui sont en rapport avec le poste: savoir faire la cuisine on est content pour vous mais c'est pas utile chez Maisons du Monde, bien plus chez Alice Délice, quoique.

Lettre de Motivation, Curriculum vitae impeccables, en PDF (ça prend moins de place en ko: kilo octets. Bon si tu sais pas ça tu sors)

Maintenant que vous avez fait le tour des boites que vous connaissez dans votre région (attention aux annonces toute la France, vous allez encore vous emballer pour rien. Si vous vous emballez souvent pour peanuts, si si, moi aussi alors je le sais) pensez aux sites de dépôt de cv, si vous postulez sur plusieurs profils, scindez vos groupes de mails. Il ne faudrait pas envoyer le cv "chef de projet" sur une annonce "arts du spectacle vivant".

Quatrième phase: l'attente et le double mailing

Vous avez envoyé vos cv, ou vous êtes déplacés, et rien? Au bout de 24 heures c'est normal, oui moi aussi j'ai trouvé ça long, mais dans mes vagues souvenirs, je ne répondais pas aux mails de mes clients dans les 24h de leur envoi.

Alors laissez leur la semaine.

Au bout d'une semaine à vous ronger les sangs, renvoyez un mail.

Montrez que vous êtes motivés, ne lâchez rien.

Une personne seulement me l'a reproché. Mais bon, elle avait plus d'une excuse pour ne pas me prendre à son actif, et l'annonce est toujours sur la vitrine de sa boutique. 

Tout le monde sait que quelqu'un qui cherche du travail, en a besoin. Surtout quand il écrit qu'il est motivé et disponible de suite.

Parfois, vous n'aurez aucune réponse.

Parfois, alors qu'il était écrit "urgent" on a fait la fine bouche, parfois, alors que vous n'avez reçu aucune réponse, vous repasserez devant la boutique en question, et il n'y aura plus d'affiche.

Ceci n'est pas grave, quand vous y repenserez en signant votre CDI, en arrivant à vos fins, en décrochant vos diplômes, vous en rirez.

Aujourd'hui, je sais parce que c'est aussi mon cas, ça vous saoule.

Mais pas de panique.

Bien qu'il y ait des moments d'abattement, vous devez vous relever. Pas de temps à perdre, pas le choix, on fonce, on y retourne.

Chez Paul (emploi) on ne vous proposera RIEN.

Alors demandez! J'ai attrapé au vol, un atelier préparation d'entretien, et un bilan de compétences.

Fouinez, furetez, et renseignez vous. Ils sont sympas chez Paul. Parfois dépassés mais super sympas et n'attendent que ça de vous aider, mais ne savent pas trop comment.

C'est vrai que certains ne prennent pas la peine de vous rappeler, tant pis pour eux.

Plus tard vous vous demanderez si vraiment vous vouliez ce job là, et vous relativiserez.

Mais préparons nous à la cinquième phase!

Cinquième phase: l'entretien.

Bravo! Vous avez décroché un entretien!

Vous continuez à mettre un réveil le matin, à vous lever, à vous préparer, vous êtes combatif(ve) c'est bien!

Rien que de décrocher un entretien redonne du courage!

Rassurez vous, même si chez nous, en France être motivé ne suffit pas, quand en Angleterre, ou aux US, ou bien sûr au CANADA, on peut taper à la porte, être motivé et le prouver par un essai le soir même, chez nous il faut passer trente entretiens, être mis en concurrence, passer des tests psycho techniques, qui ne servent et ne mènent nulle part, subir un arsenal de questions pour finalement pas grand chose à l'arrivée, ceci fait partie du jeu.

Rappelez vous de faire plaisir au patron.

Préparez-vous: vous devez tout savoir sur la boîte, le nombre de salariés, le siège social, la dynamique, le produit, vous devez être au taquet!

Physiquement: mêmes bases que pour la deuxième phase, à une exception près: évitez le jean pour un entretien, bon chez Diesel, je me tâte encore. Mais on évite pour être sûr.

N'en faites pas trop, répondez aux questions calmement.

De toutes façons, ça fait un entraînement. Vous êtes motivé, oui, vous avez un profil "intéressant " ce qui veut dire en français: pas mal mais pas ouf.

Pourquoi vous prendre vous? ne répondez pas "c'est évident voyons, regardez moi!" même si ça vous démange.

Rappelez vous qui est le boss. Et c'est pas vous.

Mais ça va aller.

Oui, un jour vous vous rendrez à l'entretien qui fera la différence, vous trouverez le job qu'il vous fallait, le tremplin nécessaire à l'accomplissement de votre projet.

Ce jour là vous oublierez l'humiliation, l'obligation d'alléger votre cv, de mentir sur vous-mêmes et vos capacités, vous oublierez que personne ne savait quoi faire de vous, tant vous étiez atypique, mais ce jour là vous en ferez une force.

L'originalité, celle qui est en vous, pas celle que vous construisez, il faut la chérir, la couver même, rien n'est plus important c'est votre signature.

Personne ne croyait en Gabrielle Chanel ni en Vincent Van Gogh.

Allez au bout de vos rêves, de vos ambitions, vous pouvez y arriver, même en assurant vos arrières de façon réaliste, en payant votre loyer, en vivant correctement, en mettant de l'argent de côté.

Donnez vous les moyens qui vous permettront d'atteindre une fin.

Nous vivons dans un pays bureaucratique qui a besoin de documents écrits pour attester de votre talent, même si vous êtes le pire employé du mois, le pire étudiant du siècle, vous avez un titre, vous valez quelque chose.

On ne peut ici prétendre qu'à ce qui a été écrit sur nous, nos diplômes, nos expériences professionnelles, peuvent être balayées d'un revers de la main, parce qu'un autre aura fait un double cursus, sur le papier, même si son anglais est pourrave et qu'il fait trois fautes à chaque mot qu'il écrit.

Il n'y a pas assez de budget pour proposer des formations rémunérées, mais des formations gratos financées par la Région.

C'est un fait, il y a beaucoup de gens motivés qui voudraient travailler, mais aussi beaucoup d'employeurs qui, face au trop plein de demandes, se permettent de faire la fine bouche pour des impératifs financiers bien entendu.

Il n'y a pas que des fainéants assis sur leur canapé qui vivotent de leurs alloc contrairement à ce que certains prétendent. Il y a beaucoup de gens, et j'en ai croisé, diplômés, mais paumés, licenciés, parents, seniors, jeunes sans expériences, valides ou non, qui sont motivés à travailler, à se lever le matin, à faire des tâches ingrates parfois, pour réussir à exister, car le travail aujourd'hui est l'une des denrées de sociabilisation les plus difficiles à trouver et à conserver.

Oui , bien sûr que tout cela décourage.

Mais ce n'est rien du tout comparé à ce que vous valez.

Ne perdez pas espoir, multipliez les formations que vous trouverez sur internet, allez encore et toujours à la rencontre des gens, aux forums, aux ateliers proposés.

Ne vous démotivez jamais.

Aucun emploi ne tombera du ciel, ne rêvez pas. 

Et le réseau? utilisez vos connaissances, vous avez déjà rendu service non?N'hésitez plus à solliciter vos amis, faites passer des cv par leur intermédiaire, vous croyez que les autres font comment?

Ouvrez vous aux autres, allez vers eux.

Il n'y a pas de secret.

Si vous avez un objectif vous devez tout faire (de légal j'entends hein) pour y arriver.

Aujourd'hui, 16 avril 2014, j'ai décroché mon quatrième entretien, sur 30 cv déposés en ligne et en vrai.

On verra la suite. Mais je ne lâche RIEN.

Allez, on y va, on y croit, de toutes façons, c'est à force de détermination, de courage, de motivation, d'audace même, que nous arriverons à la destination que nous nous sommes fixé.

Je vous embrasse, et je crois en vous.








1 commentaire:

daphnexuan a dit…

Hello, merci encore pour ce billet qui je l'espère va encourager plein de passionnés comme toi qui, comme tu le dis, veulent réaliser leurs rêves tout en continuant à vivre décemment (c'est courageux).

Je me posais une question dépendant : tu dis cacher certaines de tes expériences prios et diplômes. Cependant, comment faire à l'époque d'Internet ? Je peux googler ton nom et tomber sur ds éléments m'en apprenant plus sur toi et ton parcours. Comment éviter cela et te faire "percer à jour" par les recruteurs ?

Y a des copains!