7 avr. 2014

#Perspectives

Le changement entraîne souvent le changement.

Elle a l'air con cette phrase comme ça toute seule et finalement pas tant que ça si vous allez jusqu'au bout de ce post.

En pleine révolution à 180 °, changement professionnel pour écrire un monde meilleur tout ça tout ça, voici venu le temps des nouveaux moyens de vivre sa vie autrement.

Moi la citadine, qui au volant de ma campi-mobile défiais les règles du temps (non, je n'aime pas être en retard, non les gens qui sont systématiquement en retard n'aiment pas ça, c'est comme ça et ça nous énerve, mais c'est pas pour autant qu'on aime ça!Au moins, ça, c'est dit) me voilà face au changement de vie radical.

Pour que ce soit plus clair voici les étapes du changement en six phases (et mes étudiants sont ici pliés en deux , les six phases c'est notre truc à nous)

1. Changement de perspective professionnelle

Vous le savez, il a fallu faire un choix entre ma vie (le fait d'être vivant et en bonne santé, d'avoir des amis, un jour un mec et des enfants donc) et un de mes rêves (qui en réalité  n'avait plus rien d'un rêve, dureté du système et violence des situations ont eu raison de mon coeur (organe vital essentiel chez les humains et particulièrement mis à l'épreuve chez moi) et de mes nerfs) (c'est quoi le problème avec les parenthèses?)

J'ai donc choisi, comme la raison, le coeur, la vie et le reste me le commandaient de changer de métier.

Je me disais naïvement qu'en attendant d'avoir le concours, j'allais trouver vite facilement un job alimentaire histoire de voir venir.

C'était sans compter sur mes trop nombreux diplômes qui visiblement gênent le patron lambda.

Oui, quand tu as trop de diplômes pour le poste, tu coûtes trop cher donc on ne te choisit pas TOI.

Tu as de nombreuses qualités indéniables et tu saurais vendre n'importe quoi à n'importe qui, oui, nous en sommes sûrs, mais tu es trôôôôôp diplômée!

Alors.....une seule solution: retirer des diplômes du CV.

Ouais y en a pas d'autres.

Sinon je me fends d'un aller retour à Paris au siège de chaque magasin de chaîne et je demande à voir le PDG.

Bon j'ai pas le budg', et cette idée ne fonctionne pas à tous les coups, encore une idée insufflée par quelqu'un d'idéaliste no limit. (Oui, je parle bien de vous cher Dominique)

Je ne lâche rien, les cours se sont trop bien passés pour la 4ème année consécutive, les étudiants sont drôles, attachants, retiennent et apprennent, sont intelligents, et me rendent fière d'eux.

Que demande le peuple? A la veille des concours, moi j'dis, bein, le capes m'dame.

Mais que les sceptiques se rassurent: je préfère enlever temporairement des diplômes de mes cv et faire 35 heures en cdd pour renflouer mes caisses que de revenir en arrière. Que ce soit bien clair, je suis à présent bien plus heureuse qu'avant, j'crois même que je ne l'ai jamais autant été.

Mais c'est gentil de s’inquiéter.

2. Le changement de perspective décorative d'intérieur.

Nouvelle vie nouveau décor.

J'ai vidé mon appart: mais vraiment vidé.

J'ai vendu des fringues, des meubles, des bijoux, des objets déco, je ne m'arrête plus.

Je me dépossède, pour mieux me sentir chez moi.

Et ça fait un bien fou! 

Arrachage de tapisserie (et non pas juste 'détapissage" non non, j'ai bien ARRACHE la tapisserie saumonée de ma chambre), peinture grâce au savoir faire et à la patience de mon meilleur ami, nouveaux meubles acquis grâce à la générosité de mes amis, nouvelle déco, nouvelles couleurs, et nouvelle fonction pour ma chambre: DORMIR.

Oui, avant je stockais. Maintenant, il n'y a que l'essentiel, un dressing, de la lumière douce, des livres et de la musique. (en plus d'un lit, ça va sans dire)

Et un message clair sur la porte: prendre le temps. 

A bon entendeur....

3.Le changement de perspective de déplacements.

Je vends ma voiture.

Je l'écris pour mieux réaliser.

Non, je n'ai pas craqué pour aller vivre à pieds dans les montagnes tibétaines, je l'ai tout simplement achetée à crédit et aujourd'hui, sans job, impossible de payer le crédit, alors je dois la vendre.

Mais pour quelqu'un comme moi, qui personnifie tout (ma voiture est donc quelqu'un à part entière dans ma vie, mais je me soigne pour ça rassurez vous) c'est plus qu'un objet qu'on vend, c'est tout ce qui va avec.

Alors je me déplace déjà en bus depuis 1 mois.

Le bus, c'est cool. 

On se fait conduire, on se fait ramener, on est obligé d'anticiper, mais au final, pas de stress, et en plus du temps pour lire, observer le décor qui nous entoure, observer les gens....et accueillir des sourires, qu'on aurait raté, seul dans sa voiture 4 places.

Les locations en auto-partage et autres "je suis une super nana" vont me permettre si besoin essentiel, de me retrouver quelquefois en voiture encore, de louer mon garage à quelqu'un de mon immeuble, d'utiliser les moyens urbains mis à ma disposition, y compris les trains et les bus des autres villes et puis d'accepter de me faire ramener par les amis.

La roue tourne en fait, et j'agis en conscience, celle d'économiser et dans ma situation ça urgeait un peu, et celle de me déplacer autrement. (et de ne plus prendre de PV)

On reparlera voiture si j'obtiens le capes et un poste dans un collège de campagne avesnoise.

Ou si j'ai soudainement des enfants.


4. Changement de perspective alimentaire

J'en ai déjà parlé ici et pourtant j'attaque ma quatrième semaine sans glucides ni gluten, et je suis encore là pour en parler comme quoi c'est possible de s'alimenter autrement, même quand on a peu de moyens.

Des légumes, des fruits et des protéines, tout compte fait ce qu'on mangeait avant Marco Polo, et même avant le welsh et les frites.

Donc, en fins de comptes, manger moins sucré, moins gras et sans blé, c'est possible (et sans mauvais jeu de mots)

J'ai attrapé une ligne mes amis, vous m'en diriez des nouvelles.

Et puis ça va plutôt bien.

J'ai beaucoup sommeil en revanche, j'imagine que je devrais en conséquence, retourner me coucher plus tôt.

Même si je pars du principe qu'on dormira quand on sera mort.

Dormir aide néanmoins à ne pas mourir trop vite.....donc....

Bref, rdv dans 2 mois!

5. Changement de perspective amicale

Je les vois, je les entends, je les écoute, je suis là quoi.

Et ça change tout.

J'arrive à suivre une conversation avec des humains sans avoir mon téléphone branché sur 15000 volts et ça change du coup beaucoup de choses.

Etre moins connecté aide surtout à se reconnecter avec la réalité: une chose à la fois, je suis dans le présent, sans avoir un pied dans le futur. En clair, quand je suis avec un(e) de mes ami(e)s, je fais en sorte de ne pas être déjà mentalement ailleurs avec un(e) autre pote.

Bien sûr nos rythmes sont différents, et pour sortir il faut un financement.

Mais au final, ceux qui restent sont importants.

Ce n'est pas facile d'être là pour tout le monde tout le temps dans la vie quotidienne, mais un mot par ci par là, un petit message, une attention, ne serait-ce qu'à ce ce qui se dit, forcément ça renforce les liens.

Oui, le changement était bénéfique....pour un courant d'air comme celle que j'étais il n'y a pas si longtemps.

6. Changement de perspective dans le miroir

Qui suis-je, où vais-je, dans quel état j'ère, étaient des questions importantes et quasi quotidiennes de mon existence précédente.

Aujourd'hui, je sais qui je suis, d'où je viens et où je vais.

Je retrouve mon image initiale, je retrouve des repères et forcément ça détend.

Je sais où je dois aller, parce que je l'ai décidé, et rien n'est plus important que les caps qu'on se fixe à soi-même quand ils sont réalisables et même irrationnels. (j'ai quand même publié un bouquin!)

En me regardant, en me fixant, je ne baisse plus les yeux, je sais où est la ligne d'arrivée, où se trouvent chaque pallier, la détermination me pousse au-delà de mes limites.

Tout ce que je mets en place aujourd'hui, dans la vie quotidienne, dans chacun de mes choix, sera essentiel pour demain.

Et même s'il y a encore du boulot, je ne me décourage pas, le chemin parcouru en trois mois est énorme.

Chaque matin, se lever avec des objectifs, être dans le bus à 7h39 alors qu'avant j'arrivais à peine au Palais à 9h30...nouveaux objectifs bien définis, nouvelle vie, nouvelle femme, et je n'ai volontairement pas mentionné de phase 7 sur le changement de perspective sentimentale.....c'est encore en construction, j'apprends seulement!

Tout ça pour dire qu'il est possible de changer, possible d'assumer ses choix, et de pouvoir se retourner en se disant qu'on est fier de soi, fier du travail entrepris, fier de tout ce qui nous a poussé là où nous sommes.

Au bon endroit, au bon moment.

Y croire toujours ça aide vachement.

Vous devriez essayer!

Je vous embrasse.










4 commentaires:

Luna a dit…

Quel bel article! j'adore!

Y a d'la joie! a dit…

Merci Luna :))

Tyty Breizh a dit…

Tu as raison, il faut être fière de ce que nous sommes et continuer sur ce chemin où l'on se sent bien... :)
J'ai changé radicalement de vie aussi en 3 ans : je n'ai pas changé de métier, mais je suis revenue dans ma région en 2011, un nouveau "chez-moi", les amis, reprendre le sport (que je faisais à contrecœur avant ) un nouveau projet en 2012 qui a mis du temps : devenir sapeur-pompier volontaire.
Nous sommes en 2014 et je suis heureuse d'en être là aujourd'hui.
Ca fait du bien d'être en accord avec soi.
Et ce n'est pas fini : moi aussi j'attends la phase n°7 !! ( Je nous la souhaite )

Que du Bonheur à venir ;)

Y a d'la joie! a dit…

l'espoir :))) Bises et merci de ta visite toujours toujours! Love is in the air!

Y a des copains!