J'me voyais déjà....en haut de l'affiche

Je ne suis sans doute pas la seule dans ce cas: je me projette.

Mais à fond, je ne fais pas les choses à moitié!

Vous aussi quand vous projeter d'acheter un objet, une voiture, une maison, vous imaginez votre vie dedans?

Quand vous avez repéré une fringue qui vous plaît vous vous voyez déjà dans le miroir la portant?

Quand vous postulez à un job, vous imaginez déjà vos transports, vos collègues, la vie que vous aurez, et ce que vous ferez grâce à l'argent que vous aurez gagné?

Et vous parlez déjà de la situation comme si vous y étiez?

Rooo la la je fais ça tout le temps. 

Je ne pense pas que ça entre dans la catégorie "je suis réalisatrice de films" car, comme tout à chacun, j'ai aussi parfois tendance à tourner, monter et projeter des films sur le plafond de ma chambre. Bien entendu.

Non, je pense que se figurer dans une situation qu'on espère, convoite, est humain, c'est une projection, une manière pour notre cerveau de voir si cela est possible, probable, envisageable pour nous, ce que nous sommes avec nos attentes, nos envies et bien sûr notre réalité.

En visitant les premiers appartements (enfin euh...les taudis n'est-ce pas Milou?) que je comptais occuper en colocation avec mon amie Emilie, j'ai tout de suite su où j'aurai réussi à créer quelque chose qui nous ressemble.

Je savais où je n'irai jamais (genre les toilettes dans la cuisine. Oui oui, dans la cuisine, séparé par un petit rideau de la gazinière.....sympa pour gérer la cuisson des steaks pendant qu'on fait popo) et où je n'aurai pas réussi à fermer l'oeil (toi seule peux te souvenir de la chambre avec la tête de lit en bois massif de la rue du port) 

En revanche, arrivées au Boomker (oui la cave aménagée) on s'est regardé, et on a compris immédiatement qu'on allait y passer des moments de dingo. Ce que d'ailleurs nous avons fait.

Personne ne pouvait comprendre ce choix à part nous.

Même si la première nuit, seule dans ce grand sous-sol aménagé, j'avais écouté tous les bruits des canalisations et sursauté au moindre craquement, on a fait quelque chose de vraiment sympa, nos amis sont tous venus le squatter au moins une fois, j'ai changé de coloc, mais ça restera toujours un appart et une expérience improbable et ce grâce à la projection. (et non grâce à l'aspi-chien, aspirateur qui une fois passé sur la moquette faisait ressortir les effluves d'une délicieuse odeur de chien mouillé)

Sans la projection, nous n'aurions jamais accepté cet appartement, alors que nous y avons mis notre touche personnelle, et passé des moments tellement extraordinaires que ça aurait été vraiment dommage.

Quand j'ai déménagé, et qu'il a fallu trouver un nouvel appart toute seule, j'ai eu le coup de cœur, deux fois, sur photos, et le dernier en date, extraordinaire lui aussi, me plaît et je m'y sens chez moi, même si j'ai régulièrement des sursauts pour de délicieux rez-de jardin orientés plein sud.

Il en a été de même pour ma voiture. Quand j'ai essayé pour la première fois ce petit bolide, j'ai su qu'elle était faite pour moi. Je dois m'en séparer mais je sais que la seule voiture qui me correspond est celle-ci, et qu'elle me correspond.

Et le travail, les vacances, les activités qu'on fait à côté, c'est pareil, ça se décline à l'infini me concernant.

Je m'imagine, quand je postule, sur la route, les horaires, je m'organise dans ma tête, je me mets en situation comme si j'étais architecte et que je m'auto-projetais en 3D dans tel ou tel lieu.

Quand je fais les magasins, que ce soit de fringues ou de déco, je replace TOUT dans le contexte dans lequel j'ai l'intention de faire une acquisition.

Je passe en revue ma garde-robe dans ma tête, à l'affût des combinaisons possibles, n'achète une paire de chaussures que si je peux l'assortir à quelque chose que j'ai déjà et que je peux repositionner ailleurs.

Idem pour la déco, rien de ce que je choisis dans les rayons n'est pas déjà positionné sur les murs, sur les étagères ou même dans telle ou telle pièce.

J'imagine ne pas être la seule dans cette situation, mais en réalité, cela permet aussi de se souvenir, en effet, chaque objet a son histoire, son parcours, sa situation, son époque.

Il n'y a rien qui soit anonyme dans ce que je possède. 

Ni dans ce que je fais.

Quand on choisit un chemin, un emploi, une maison, une voiture, on fait des choix, on a des besoins qui ne seront pas forcément les mêmes d'une heure, d'une semaine, ou d'une année à l'autre.

Et si dans la plupart des choix que nous faisons, nous sommes les seuls décisionnaires, il est évident que pour certains autres nous dépendons de quelqu'un qui en une fraction de seconde, par rapport à ce qu'il juge être bon ou mauvais, acceptable ou non, va changer le cours de notre journée, semaine, année ou vie.

Quand je faisais ces allers-retours à Paris, pour devenir comédienne, j'y croyais, je m'imaginais sur scène, j'imaginais que ce serait formidable, quand j'ai envoyé mon manuscrit j'ai imaginé que vous liriez mes écrits, quand j'ai construit avec Lison ce blog, j'ai imaginé que quelqu'un, (une personne, pas 29200!) lirait un jour ce que j'ai au fond de moi ou ce que je ressens sur l'instant.

Chaque chose, que l'on fait, que l'on imagine, nous permet de rêver, de garder cet œil d'enfant, cette patte d'expert en imagination, 

Tout en restant réaliste sur la faisabilité de certains projets, quand on repose le pied sur terre, rien ne doit nous empêcher de continuer à nous imaginer dresseur de tigres ou cosmonaute.

Je ne peux pas m'empêcher de me projeter, et l'enfant qui est en moi, celle qu'un peu je suis restée, me dit qu'il est important de garder cette part de rêve, cette part de réalisation interne, cette capacité à tout envisager, le bon comme le mauvais, à suivre...son instinct.

Ce ne sont pas forcément des rêves de gloire, mais le fait de croire en nos rêves, qui forge ce que nous sommes, et serons demain.

Et comme dans "Essaye-moi" où Pierre-François Martin Laval, prend au mot sa camarade de classe qui lui répond à l'âge de 9 ans "le jour où tu vas dans les étoiles je te donne ma main" à sa demande en mariage il devient cosmonaute et retourne lui demander sa main.....on peut avec poésie, continuer à croire en ses rêves.

Pourquoi faire taire, étouffer même, la petite voix qui jaillit au fond de nous?

Qui n'a jamais inventé des interviews, des passages sur le plateau des Enfants de la Télé, ou des citations de nos oeuvres par Ardisson?

Ah bon? vous ne le faites pas?

Moi si....on sait jamais si un jour ça marche peut-être qu'on repassera la vidéo de mon anniversaire de l'an dernier où je chantais en pyjama du Elvis Presley avec un balai en guise de guitare.....



Oui, bon, ça va, on a le droit de rêver.....

Je vous embrasse.

PS: j'espère que vous aviez gardé votre second degré jusqu'au bout du post....

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