24 avr. 2014

Insouciance

En ce moment, jaillissent sur les réseaux sociaux des groupes qui nous permettent de nous remémorer les meilleurs souvenirs de notre ville étant petits, du lycée où nous étions et même du collège....
En relisant tout ce que nous avions pu faire ou même nos souvenirs communs, j'ai repensé à ce que j'ignorais à cette époque: l'insouciance.

Vous savez ce sentiment d'être peinard, de n'avoir rien à penser, aucune responsabilité, aucune obligation, aucun tracas à part comment supporter nos parents, comment réussir ce ds de maths ou ce qu'on va mettre demain.

Quelle période géniale quand on y pense!

Logés, nourris, boutonneux oui, mais en même temps, tellement loin de ce qui nous préoccupe aujourd'hui.

Loin du monde du travail, des factures, de la précarité, loin des responsabilités, loin de la réalité finalement du monde qui nous entoure.

Et ce sentiment finalement de ne pas avoir réalisé à cette période là, combien nous étions chanceux.

Combien nous aurions du nous en profiter, respirer à pleins poumons l'air extraordinairement doux de ces années.

J'ai connu mon premier amoureux, mes meilleures amies, mes premiers émois, mes premières passions, pour le théâtre, le cinéma, la culture, la littérature, les langues, dans ce lycée aux allures de Bateau ivre.

J'avais l'avenir devant moi, j'y passais des heures et des heures, parfois je pleurais le soir, "la vie est si injuste" me disais-je, "mais ma chérie" ai-je envie de me dire à présent, "rappelles toi au contraire comme la vie était douce, t'en rappelles-tu seulement?"

La philosophie, les cours de cinéma audiovisuel, la littérature, j'aurai voulu vivre ces années toute ma vie et c'est aujourd'hui que je ressens cette vérité, cette urgence, celle d'enseigner, pour y retourner, un peu comme pour recréer cette magie dont je n'étais nullement consciente maintenant que j'ai connu la réalité, la cruauté, de la vérité, les verrous qui claquent de la maison d'arrêt, les murs froids des tribunaux, l'indifférence générale des gens face à une agression.

J'ai aujourd'hui ce désir lancinant de revenir à la vie sereine, au cocon, à la bulle du lycée.

Transmettre, apprendre, rire, m'émouvoir de leurs découvertes, de leurs émois, de leur évolution.

Oui, en demandant à entrer dans le groupe "si tu étais au Lycée Arthur Rimbaud de Sin-le-Noble" j'ai compris ça.

Devenir prof pour moi, c'est l'urgence de revenir aux basiques, de revenir à la vie, de revenir à "l'avant", pouvoir sortir des jeunes gens qui ne connaissent pas leur chance, de la morosité que leur vie, où tout va si vite, où tout est acquis, une découverte, une conquête, un apprentissage, a fini par rendre blasés, avant l'heure....

On était si heureux avant, le savent-ils seulement?

J'ai envie de revivre ces moments avec la conscience du bonheur présent.

Souvent on se dit ça, revenir en arrière en sachant comme ce que l'on vit est important pour la suite, il n'y a que Marty Mac Fly qui ait pu vivre l'expérience.

Aujourd'hui, je mets tout en oeuvre pour revenir là-bas.

Goûter de nouveau à l'insouciance.

Vous savez, depuis que j'ai arrêté le gluten, je me rappelle du goût du petit pain au chocolat, de la tartine de brioche à la pâte à tartiner au chocolat blanc, de la baguette fraîche avec du beurre demi-sel et de la confiture de figue, de la pasta all'arrabiata, de la pizza margherita, du panettone....et je suis heureuse d'y avoir goûté, d'en connaître la saveur.

Aujourd'hui, si je reviens dans une cour de récré, dans un collège ou un lycée, je me souviendrais bien sûr du goût que ça avait à 16 ans, mais riche de tout ce que je sais, de tout ce que j'ai appris, je serai plus heureuse encore de les revivre.

Vivement n'est-ce pas?

En attendant, au Lycée Arthur Rimbaud de Sin-le-Noble, nos rires lézardent encore les murs, nos pleurs, nos colères, nos réussites, nos joies, nos échecs, nos conseils de classe et réunions parents-profs, nos premiers et derniers baisers, sont encore dans les interstices des salles de cours, dans la pelouse prés de la salle de sport, dans la salle polyvalente en forme d’œuf et dans les moindres recoins....

Les plus belles années de notre vie.

Si seulement ils le savaient.

Je vous embrasse.




19 avr. 2014

J'me voyais déjà....en haut de l'affiche

Je ne suis sans doute pas la seule dans ce cas: je me projette.

Mais à fond, je ne fais pas les choses à moitié!

Vous aussi quand vous projeter d'acheter un objet, une voiture, une maison, vous imaginez votre vie dedans?

Quand vous avez repéré une fringue qui vous plaît vous vous voyez déjà dans le miroir la portant?

Quand vous postulez à un job, vous imaginez déjà vos transports, vos collègues, la vie que vous aurez, et ce que vous ferez grâce à l'argent que vous aurez gagné?

Et vous parlez déjà de la situation comme si vous y étiez?

Rooo la la je fais ça tout le temps. 

Je ne pense pas que ça entre dans la catégorie "je suis réalisatrice de films" car, comme tout à chacun, j'ai aussi parfois tendance à tourner, monter et projeter des films sur le plafond de ma chambre. Bien entendu.

Non, je pense que se figurer dans une situation qu'on espère, convoite, est humain, c'est une projection, une manière pour notre cerveau de voir si cela est possible, probable, envisageable pour nous, ce que nous sommes avec nos attentes, nos envies et bien sûr notre réalité.

En visitant les premiers appartements (enfin euh...les taudis n'est-ce pas Milou?) que je comptais occuper en colocation avec mon amie Emilie, j'ai tout de suite su où j'aurai réussi à créer quelque chose qui nous ressemble.

Je savais où je n'irai jamais (genre les toilettes dans la cuisine. Oui oui, dans la cuisine, séparé par un petit rideau de la gazinière.....sympa pour gérer la cuisson des steaks pendant qu'on fait popo) et où je n'aurai pas réussi à fermer l'oeil (toi seule peux te souvenir de la chambre avec la tête de lit en bois massif de la rue du port) 

En revanche, arrivées au Boomker (oui la cave aménagée) on s'est regardé, et on a compris immédiatement qu'on allait y passer des moments de dingo. Ce que d'ailleurs nous avons fait.

Personne ne pouvait comprendre ce choix à part nous.

Même si la première nuit, seule dans ce grand sous-sol aménagé, j'avais écouté tous les bruits des canalisations et sursauté au moindre craquement, on a fait quelque chose de vraiment sympa, nos amis sont tous venus le squatter au moins une fois, j'ai changé de coloc, mais ça restera toujours un appart et une expérience improbable et ce grâce à la projection. (et non grâce à l'aspi-chien, aspirateur qui une fois passé sur la moquette faisait ressortir les effluves d'une délicieuse odeur de chien mouillé)

Sans la projection, nous n'aurions jamais accepté cet appartement, alors que nous y avons mis notre touche personnelle, et passé des moments tellement extraordinaires que ça aurait été vraiment dommage.

Quand j'ai déménagé, et qu'il a fallu trouver un nouvel appart toute seule, j'ai eu le coup de cœur, deux fois, sur photos, et le dernier en date, extraordinaire lui aussi, me plaît et je m'y sens chez moi, même si j'ai régulièrement des sursauts pour de délicieux rez-de jardin orientés plein sud.

Il en a été de même pour ma voiture. Quand j'ai essayé pour la première fois ce petit bolide, j'ai su qu'elle était faite pour moi. Je dois m'en séparer mais je sais que la seule voiture qui me correspond est celle-ci, et qu'elle me correspond.

Et le travail, les vacances, les activités qu'on fait à côté, c'est pareil, ça se décline à l'infini me concernant.

Je m'imagine, quand je postule, sur la route, les horaires, je m'organise dans ma tête, je me mets en situation comme si j'étais architecte et que je m'auto-projetais en 3D dans tel ou tel lieu.

Quand je fais les magasins, que ce soit de fringues ou de déco, je replace TOUT dans le contexte dans lequel j'ai l'intention de faire une acquisition.

Je passe en revue ma garde-robe dans ma tête, à l'affût des combinaisons possibles, n'achète une paire de chaussures que si je peux l'assortir à quelque chose que j'ai déjà et que je peux repositionner ailleurs.

Idem pour la déco, rien de ce que je choisis dans les rayons n'est pas déjà positionné sur les murs, sur les étagères ou même dans telle ou telle pièce.

J'imagine ne pas être la seule dans cette situation, mais en réalité, cela permet aussi de se souvenir, en effet, chaque objet a son histoire, son parcours, sa situation, son époque.

Il n'y a rien qui soit anonyme dans ce que je possède. 

Ni dans ce que je fais.

Quand on choisit un chemin, un emploi, une maison, une voiture, on fait des choix, on a des besoins qui ne seront pas forcément les mêmes d'une heure, d'une semaine, ou d'une année à l'autre.

Et si dans la plupart des choix que nous faisons, nous sommes les seuls décisionnaires, il est évident que pour certains autres nous dépendons de quelqu'un qui en une fraction de seconde, par rapport à ce qu'il juge être bon ou mauvais, acceptable ou non, va changer le cours de notre journée, semaine, année ou vie.

Quand je faisais ces allers-retours à Paris, pour devenir comédienne, j'y croyais, je m'imaginais sur scène, j'imaginais que ce serait formidable, quand j'ai envoyé mon manuscrit j'ai imaginé que vous liriez mes écrits, quand j'ai construit avec Lison ce blog, j'ai imaginé que quelqu'un, (une personne, pas 29200!) lirait un jour ce que j'ai au fond de moi ou ce que je ressens sur l'instant.

Chaque chose, que l'on fait, que l'on imagine, nous permet de rêver, de garder cet œil d'enfant, cette patte d'expert en imagination, 

Tout en restant réaliste sur la faisabilité de certains projets, quand on repose le pied sur terre, rien ne doit nous empêcher de continuer à nous imaginer dresseur de tigres ou cosmonaute.

Je ne peux pas m'empêcher de me projeter, et l'enfant qui est en moi, celle qu'un peu je suis restée, me dit qu'il est important de garder cette part de rêve, cette part de réalisation interne, cette capacité à tout envisager, le bon comme le mauvais, à suivre...son instinct.

Ce ne sont pas forcément des rêves de gloire, mais le fait de croire en nos rêves, qui forge ce que nous sommes, et serons demain.

Et comme dans "Essaye-moi" où Pierre-François Martin Laval, prend au mot sa camarade de classe qui lui répond à l'âge de 9 ans "le jour où tu vas dans les étoiles je te donne ma main" à sa demande en mariage il devient cosmonaute et retourne lui demander sa main.....on peut avec poésie, continuer à croire en ses rêves.

Pourquoi faire taire, étouffer même, la petite voix qui jaillit au fond de nous?

Qui n'a jamais inventé des interviews, des passages sur le plateau des Enfants de la Télé, ou des citations de nos oeuvres par Ardisson?

Ah bon? vous ne le faites pas?

Moi si....on sait jamais si un jour ça marche peut-être qu'on repassera la vidéo de mon anniversaire de l'an dernier où je chantais en pyjama du Elvis Presley avec un balai en guise de guitare.....



Oui, bon, ça va, on a le droit de rêver.....

Je vous embrasse.

PS: j'espère que vous aviez gardé votre second degré jusqu'au bout du post....

16 avr. 2014

Where is the Job?

Ahhhh, la recherche d'un emploi....quel chemin de croix dans notre pays hexagonal mais néanmoins merveilleux!

De quoi faire perdre son latin à un Pape....il était important néanmoins de réfléchir à la question un instant.

Chercher un emploi.....et en trouver un, le chemin de croix en cinq étapes (on ne change pas une méthode qui gagne)

Pour vous appâter voici le programme: des cv et des lettres de motivation très ou moins motivées, des silences, des mics macs et de l'action, un rendez vous avec Paul, et une détermination qui aboutit à la folie: un entretien.

Première phase: le curriculum vitae (because in latin it looks so smart)

Tiens parlons-en.

A titre personnel, j'en ai déjà trois exemplaires.

Selon la demande bien entendu.....comprenez selon l'usage que je souhaite en faire.

Trop de diplômes? Enlevez-en.

Oui, en France, on n'aime pas les intellos rebelles (= les gens qui ont fait des études, mais qui sont pragmatiques et qui aiment OSER changer de vie quand la leur ne leur convient pas, cassant ainsi le mythe de ceux qui suivent comme des moutons ce qu'on avait choisi pour eux ====> dont moi)

Alors, si on demande quelqu'un à BAC +2 et que vous êtes BAC +5....soit vous ne postulez pas, soit vous enlevez des diplômes de votre cv.

Pire, si vous avez eu un poste dont l'image d'Epinal est "haute qualification professionnelle, à la limite de Pape ou Président de la République....." eh bein enlevez la.

Oui, en France, on n'aime pas les intellos rebelles qui avaient un boulot qui en théorie leur rapportait plein d'oseille et qui viennent piquer le travail de ceux qui n'ont pas étudié. Faites chier quoi.

Voilà voilà.

Donc en résumé, trop qualifiés, trop expérimentés, modifiez vos cv.

L'objectif est d'avoir le job.

Oui, l'objectif est de gagner du pognon pour payer vos charges, pour pouvoir réussir votre projet qui par essence n'est pas le dit job qui vous permet de gagner le dit pognon.

Vous me suivez?

Donc, on ne se pose plus de questions. Chez Paul, on m'a dit que l'objectif était de rendre le recruteur content. Et fier. Et supérieur.

Ok. Alors je le rends supérieur, je n'ai pas plus de diplômes que lui. Exit Maîtrise, CAPA, Licence de droit, je garde le bac quand même, sinon c'est louche.

Ok. Je le rends fier. C'est lui qui a le pouvoir de me dire à moi petite sous fiente de moineau, qu'il me prend ou pas pour un motif ou pas, qui se tient ou pas. Et surtout si je fais l'affaire, c'est grâce à SON pouvoir de recruteur.

Ok. Je le rends content: je le remercie platement de me recevoir, et d'avoir accordé du temps à mon humble personne qui vient quémander un tout petit travail de rien du tout dans sa prestigieuse entreprise.

Voilà voilà..... 

Deuxième phase: la recherche.

Qui dit recherche, implique forcément une mise en situation, façon plan de bataille.

Imaginez vous arpenter la ville à la quête d'un objet précis: un cdd, voire un cdi pour les plus chanceuses d'entre nous, un style particulier (la vente de fringues teenage ou la vente de blaser à 300 euros?) et un quartier accessible. (entendez pas plus d'une heure de trajet de porte à porte, sinon on dépense plus de thunes qu'on en gagne cqfd)

Bref, le Saint GRAAL.

Mais il ne s'agit pas d'accepter n'importe quoi. "Bar à hôtesses" ne signifie pas qu'on recherche des hôtesses d'accueil HABILLÉES dans un bar.

You know what I mean?

L'objectif: faire mouche et obtenir minimum un sourire (et qu'on prenne votre cv et qu'on ne vous le jette pas à la tronche serait un plus) 

Mal à tomber, en caisse, ce genre de personnage qui vous reçoit est TOUJOURS ET EXCLUSIVEMENT DE SEXE FÉMININ

Donc, souriez, mais n'en faites pas trop.

A ce propos, sur la tenue, n'exagérez pas, au même titre qu'on se souvient toujours de la tenue que vous portiez à un premier rendez-vous galant (si l'autre ne s'en souvient pas, vous oui.) dites vous bien que tout fashion faux pas restera dans les annales du magasin en question trés longtemps.

Oui, dans un an, on se souviendra encore de vos cuissardes rouges en simili chez Obaïbi.

Souriez, mais pas de ce sourire conquérant, du genre "j'ai déjà le poste et je me baisse pour ne pas fausser le taux de transformation de ta journée (ceux et celles qui ne comprennent pas ce que je viens d'écrire, renoncez à la vente en chaînes de magasins ou révisez.)

Souriez, disais-je, mais pas de ce sourire niais, qui signifie "qu'est ce que je fous là moi déjà?" ni du sourire aguicheur "mmh dis donc, c'est toi qui t'occupes des cabines?j'ai filé mon bas t'en aurais dans la remise" qui est trés mal perçu, même si vous êtes du penchant sexuel de votre interlocuteur(trice).

La tenue est donc essentielle, propre, et ça s'étend aux cheveux ça va sans dire, bien que ce soit évident qu'on doive se laver chaque jour, y compris le jour où on dépose un cv (pour, je le rappelle, représenter la marque auprès des clients)

Donc, on est propre, pas BCBG (sinon chez Décathlon ça passe moyen) pas trop débraillé (non, à la Botte Chantilly on ne vendra pas de converse) ni trop original (Desigual, certes, mais what else?) bref, un style sobre, actuel, passe partout, jean brut, veste noire, tee shirt (propre) blanc, coton ou pas, et chaussures confortables avec éventuellement petit talon (mais pas baskets ma chérie, ça c'est pas professionnel) mais en tous cas : PROPRES.

Vous l'aurez compris, propreté, présentation nickel, maquillage pas trop exubérant, discret mais présent, parfum mais pas tout le flacon, fin bref voilà, propre, nette, je souris, je dépose mon cv, je parle gentiment sans chewing gum et sans accent (sans dire de saloperie ni pianoter sur mon portable de préférence) et on a au moins gagné un truc: un sourire.

Vous me direz tout ça pour un sourire, la vache, ça fait beaucoup d'efforts pour pas grand chose.

Certes, mais regardez une cérémonie de la rose sur NT1: elles sont toutes sapées pour aller au bal, torturées dans des pompes de 50 cm, et elles n'ont parfois ni la rose, ni le sourire.

Tout ça pour une rose bon, ça fait beaucoup d'efforts pour une fleur, tout ça pour pas de rose, bein....vous avez compris le concept.

Vous avez déposé votre cv, vous avez arpenté plusieurs kilomètres de pavés, plusieurs heures d'efforts et de sourire colgate (ah oui, pensez y aussi, enfin j'dis ça...) vous rentrez chez vous regarder l'ultime épisode des Frères Scott.

Vous êtes prête pour la suite: le mailing.

Troisième phase: le mailing

Vous avez postulé en vrai, c'est mieux.

Derrière votre écran, vous pouvez être crade, en pyj informe, le cheveu gras et la peau dégueulasse, personne ne vous voit, mais on vous lit.

Alors de grâce, relisez vous. Oui, des fautes d'orthographe dans une lettre de motivation, ça craint.

On saura que vous avez bidouillé votre cv.

La phase une se doit d'être discrète, crédible, appropriée.

Vous avez un trou de quinze ans dans votre cv puisque vous avez retiré tous vos diplômes post-bac, eh bein vive l'expérience à l'étranger (invérifiable, enfin sauf si vous dites être allé 15 ans en Chine à un recruteur dont le siège est basé à Pékin et que vous ne parlez pas chinois, mais c'est un détail....)

Le mieux, dans ce cas, c'est de savoir mentir, de croire en son mensonge et de parler une langue étrangère couramment. 

Sinon, réfléchissez à autre chose.

Le mailing donc.

Le principe est le même que de déposer des cv, mais peinard devant Game of Thrones.

Mais sans le son. Sinon on est vite déconcentré.

Alors, vous allez faire une lettre de motivation, remplir des formulaires, je vous conseille vivement de les enregistrer dans un dossier "candidatures 2014" par exemple, pour savoir ce que c'est quand on reçoit des réponses (automatiques, négatives, intéressantes, spam)

Attention, lettre de motivation sans faute, adaptée, avec vos qualités mais pas trop, mais surtout celles qui sont en rapport avec le poste: savoir faire la cuisine on est content pour vous mais c'est pas utile chez Maisons du Monde, bien plus chez Alice Délice, quoique.

Lettre de Motivation, Curriculum vitae impeccables, en PDF (ça prend moins de place en ko: kilo octets. Bon si tu sais pas ça tu sors)

Maintenant que vous avez fait le tour des boites que vous connaissez dans votre région (attention aux annonces toute la France, vous allez encore vous emballer pour rien. Si vous vous emballez souvent pour peanuts, si si, moi aussi alors je le sais) pensez aux sites de dépôt de cv, si vous postulez sur plusieurs profils, scindez vos groupes de mails. Il ne faudrait pas envoyer le cv "chef de projet" sur une annonce "arts du spectacle vivant".

Quatrième phase: l'attente et le double mailing

Vous avez envoyé vos cv, ou vous êtes déplacés, et rien? Au bout de 24 heures c'est normal, oui moi aussi j'ai trouvé ça long, mais dans mes vagues souvenirs, je ne répondais pas aux mails de mes clients dans les 24h de leur envoi.

Alors laissez leur la semaine.

Au bout d'une semaine à vous ronger les sangs, renvoyez un mail.

Montrez que vous êtes motivés, ne lâchez rien.

Une personne seulement me l'a reproché. Mais bon, elle avait plus d'une excuse pour ne pas me prendre à son actif, et l'annonce est toujours sur la vitrine de sa boutique. 

Tout le monde sait que quelqu'un qui cherche du travail, en a besoin. Surtout quand il écrit qu'il est motivé et disponible de suite.

Parfois, vous n'aurez aucune réponse.

Parfois, alors qu'il était écrit "urgent" on a fait la fine bouche, parfois, alors que vous n'avez reçu aucune réponse, vous repasserez devant la boutique en question, et il n'y aura plus d'affiche.

Ceci n'est pas grave, quand vous y repenserez en signant votre CDI, en arrivant à vos fins, en décrochant vos diplômes, vous en rirez.

Aujourd'hui, je sais parce que c'est aussi mon cas, ça vous saoule.

Mais pas de panique.

Bien qu'il y ait des moments d'abattement, vous devez vous relever. Pas de temps à perdre, pas le choix, on fonce, on y retourne.

Chez Paul (emploi) on ne vous proposera RIEN.

Alors demandez! J'ai attrapé au vol, un atelier préparation d'entretien, et un bilan de compétences.

Fouinez, furetez, et renseignez vous. Ils sont sympas chez Paul. Parfois dépassés mais super sympas et n'attendent que ça de vous aider, mais ne savent pas trop comment.

C'est vrai que certains ne prennent pas la peine de vous rappeler, tant pis pour eux.

Plus tard vous vous demanderez si vraiment vous vouliez ce job là, et vous relativiserez.

Mais préparons nous à la cinquième phase!

Cinquième phase: l'entretien.

Bravo! Vous avez décroché un entretien!

Vous continuez à mettre un réveil le matin, à vous lever, à vous préparer, vous êtes combatif(ve) c'est bien!

Rien que de décrocher un entretien redonne du courage!

Rassurez vous, même si chez nous, en France être motivé ne suffit pas, quand en Angleterre, ou aux US, ou bien sûr au CANADA, on peut taper à la porte, être motivé et le prouver par un essai le soir même, chez nous il faut passer trente entretiens, être mis en concurrence, passer des tests psycho techniques, qui ne servent et ne mènent nulle part, subir un arsenal de questions pour finalement pas grand chose à l'arrivée, ceci fait partie du jeu.

Rappelez vous de faire plaisir au patron.

Préparez-vous: vous devez tout savoir sur la boîte, le nombre de salariés, le siège social, la dynamique, le produit, vous devez être au taquet!

Physiquement: mêmes bases que pour la deuxième phase, à une exception près: évitez le jean pour un entretien, bon chez Diesel, je me tâte encore. Mais on évite pour être sûr.

N'en faites pas trop, répondez aux questions calmement.

De toutes façons, ça fait un entraînement. Vous êtes motivé, oui, vous avez un profil "intéressant " ce qui veut dire en français: pas mal mais pas ouf.

Pourquoi vous prendre vous? ne répondez pas "c'est évident voyons, regardez moi!" même si ça vous démange.

Rappelez vous qui est le boss. Et c'est pas vous.

Mais ça va aller.

Oui, un jour vous vous rendrez à l'entretien qui fera la différence, vous trouverez le job qu'il vous fallait, le tremplin nécessaire à l'accomplissement de votre projet.

Ce jour là vous oublierez l'humiliation, l'obligation d'alléger votre cv, de mentir sur vous-mêmes et vos capacités, vous oublierez que personne ne savait quoi faire de vous, tant vous étiez atypique, mais ce jour là vous en ferez une force.

L'originalité, celle qui est en vous, pas celle que vous construisez, il faut la chérir, la couver même, rien n'est plus important c'est votre signature.

Personne ne croyait en Gabrielle Chanel ni en Vincent Van Gogh.

Allez au bout de vos rêves, de vos ambitions, vous pouvez y arriver, même en assurant vos arrières de façon réaliste, en payant votre loyer, en vivant correctement, en mettant de l'argent de côté.

Donnez vous les moyens qui vous permettront d'atteindre une fin.

Nous vivons dans un pays bureaucratique qui a besoin de documents écrits pour attester de votre talent, même si vous êtes le pire employé du mois, le pire étudiant du siècle, vous avez un titre, vous valez quelque chose.

On ne peut ici prétendre qu'à ce qui a été écrit sur nous, nos diplômes, nos expériences professionnelles, peuvent être balayées d'un revers de la main, parce qu'un autre aura fait un double cursus, sur le papier, même si son anglais est pourrave et qu'il fait trois fautes à chaque mot qu'il écrit.

Il n'y a pas assez de budget pour proposer des formations rémunérées, mais des formations gratos financées par la Région.

C'est un fait, il y a beaucoup de gens motivés qui voudraient travailler, mais aussi beaucoup d'employeurs qui, face au trop plein de demandes, se permettent de faire la fine bouche pour des impératifs financiers bien entendu.

Il n'y a pas que des fainéants assis sur leur canapé qui vivotent de leurs alloc contrairement à ce que certains prétendent. Il y a beaucoup de gens, et j'en ai croisé, diplômés, mais paumés, licenciés, parents, seniors, jeunes sans expériences, valides ou non, qui sont motivés à travailler, à se lever le matin, à faire des tâches ingrates parfois, pour réussir à exister, car le travail aujourd'hui est l'une des denrées de sociabilisation les plus difficiles à trouver et à conserver.

Oui , bien sûr que tout cela décourage.

Mais ce n'est rien du tout comparé à ce que vous valez.

Ne perdez pas espoir, multipliez les formations que vous trouverez sur internet, allez encore et toujours à la rencontre des gens, aux forums, aux ateliers proposés.

Ne vous démotivez jamais.

Aucun emploi ne tombera du ciel, ne rêvez pas. 

Et le réseau? utilisez vos connaissances, vous avez déjà rendu service non?N'hésitez plus à solliciter vos amis, faites passer des cv par leur intermédiaire, vous croyez que les autres font comment?

Ouvrez vous aux autres, allez vers eux.

Il n'y a pas de secret.

Si vous avez un objectif vous devez tout faire (de légal j'entends hein) pour y arriver.

Aujourd'hui, 16 avril 2014, j'ai décroché mon quatrième entretien, sur 30 cv déposés en ligne et en vrai.

On verra la suite. Mais je ne lâche RIEN.

Allez, on y va, on y croit, de toutes façons, c'est à force de détermination, de courage, de motivation, d'audace même, que nous arriverons à la destination que nous nous sommes fixé.

Je vous embrasse, et je crois en vous.








13 avr. 2014

Cross Over the Bridge

Il vous est sans doute déjà arrivé, le dimanche soir, ou pire, quelques jours avant, d'appréhender la semaine qui arrive en vous demandant comment vous allez y survivre, cherchant des éventualités pour éviter de vivre toutes ces choses qui vous attendent, allant même jusqu'à envisager l'hibernation.

Dans ma vie professionnelle précédente, ce moment fatidique m'arrivait fréquemment, quand je visualisais mon agenda, trois audiences à trois endroits du département le lundi, quatre dossiers le même jour à la même heure le mardi, six rendez vous le mercredi, trois audiences et une permanence bulletins le jeudi, et terminer sur une belle permanence pénale le vendredi puis deux groupes de td le samedi matin.

Oui, ça m'arrivait presque chaque semaine, d'avoir l'impression d'être au pied d'une montagne que je devais gravir sans regarder en bas, ou passer au-dessus d'un pont sans reprendre ma respiration mais en courant le plus possible ou surfer au-dessus d'une vague de 10 mètres enfin vous avez compris l'idée....

Et finalement, à la fin de la semaine, j'étais assez contente: en vie donc (ce qui est plutôt une bonne nouvelle vu que j'avais toujours envie de mourir avant lesdites semaines)  et plutôt satisfaite du résultat.

Chacun d'entre nous a parfois l'impression de se laisser submerger, emporté par un tsunami d'obligations et de choses agréables ou non à faire, mais qu'il faut faire, et qui dés lors doivent quoi qu'il arrive être surmontées.

Un déménagement à organiser tout en travaillant 40 heures par semaine peut s'avérer bien plus facile sur le moment que durant sa préparation, et on ne peut qu'être fier de soi quand on a réussi.

La semaine dernière, entre les concours de l'enseignement et les td, je vous avoue que le dimanche soir je n'en menais pas large.

Comment allais-je pouvoir concilier 6 heures d'épreuve chaque jour en moyenne avec les cours que je donnais (pour la dernière semaine! imaginez la dose d'émotion!) à la fac, 12 heures dans la semaine?

Résumons pour les maths sup maths spé qui lisent ce blog: j'ai eu plus d'heures de concours que d'heures de cours la semaine dernière, 22 heures de concentration intense en lettres modernes et en italien et 12 heures de concentration en droit pénal spécial, plus la vie qui continue, une conférence d'éloquence le jeudi soir, et une recherche d'emploi.

J'étais vannée d'avance.

Mais en sortant des épreuves de lettres modernes, mardi et mercredi, j'ai réalisé ce que j'avais réussi à faire, et j'étais fière de moi.

En sortant jeudi et vendredi, aprés les épreuves d'italien, j'ai certes dormi trois heures d'affilée, mais j'étais encore debout, suffisamment pour assurer un déménagement le samedi suivant.

Le corps humain est résistant, c'est le mental qui parfois ne suit pas.

Avoir peur est humain, normal, logique, et j'avoue avoir plus peur du lendemain d'aujourd'hui (oui demain donc, merci de suivre) puisqu'il est vide....et ça c'est angoissant.

Passer d'une vie trépidante, sans cesse en action, sans cesse sollicitée, toujours au téléphone, toujours sur les mails et les courriers, les audiences et les rendez vous aux préparations de cours, corrections de copies et autres oraux, puis les concours et les derniers td, tout ça en transports en commun, plus les recherches de boulot à ....Rien. 

Bein ça fait peur mes amis.

Alors bien sûr, les dédicaces, le mémoire, les recherches d'emploi, le quotidien à gérer, bien sûr que j'aurais des choses à faire.

Mais ce changement de rythme n'est pas si simple que ça à supporter.

Quelqu'un qui est toujours par monts et par vaux, soudainement confronté au vide....peut avoir une sensation de vertige.

Oui, c'est un choix.

Non, personne n'a dit que ce serait facile.

Mais il n'est pas interdit d'exprimer un ressenti face à un changement radical de vie, ou de constater - et donc sans se plaindre- qu'il faudra du temps pour s'accoutumer à ce changement soudain.

Quand le rythme est soutenu, on ne réalise pas ou plus ce qui se passe autour de nous, on rate des anniversaires, des moments importants, à cause du travail, des réunions, des audiences......

Quand le rythme se relâche, on est soudain là tout le temps.

On planifie, on étale les choses, on se précipite moins.

La sensation d'être enfermé dans un étau est si grande chez l'homme moderne, qu'elle peut faire peur, soit avant d'attaquer une semaine de séminaire à 500 km de chez soi où on va devoir parler en public alors qu'on est timide, ou face à des échéances financières, quotidiennes, qui nous empêchent de voir l'avenir sereinement.

Demain, il me faudra reconstruire, heure par heure, un nouvel emploi du temps.

Mon agenda, mes obligations, les choses à résoudre et les choses à réaliser seront les éléments fondateurs de ma vie, afin d'améliorer ma condition actuelle.

Mais même si parfois j'ai pleuré, ces jours-ci, même si j'ai senti ma gorge se nouer, j'ai réalisé en me retournant que j'avais surmonté la vague, la montagne et le pont, toute seule souvent, avec des soutiens aussi, mais que dans tous les cas, rien n'était insurmontable.

Comme le disait Sénèque, ce n'est pas parce que c'est impossible qu'on n'ose pas, c'est parce qu'on n'ose pas que c'est impossible.

Croyez en vous, à la fin de votre épreuve, quelle qu'elle soit, vous pourrez être fier, vous saurez qui vous êtes au fond.

Je vous embrasse.


Pour me souvenir que je suis montée en voiture et que j'ai traversé un jour le Pont de Normandie....
et que j'avais SUPER PEUR mais que je l'ai fait quand même, comme quoi......


7 avr. 2014

#Perspectives

Le changement entraîne souvent le changement.

Elle a l'air con cette phrase comme ça toute seule et finalement pas tant que ça si vous allez jusqu'au bout de ce post.

En pleine révolution à 180 °, changement professionnel pour écrire un monde meilleur tout ça tout ça, voici venu le temps des nouveaux moyens de vivre sa vie autrement.

Moi la citadine, qui au volant de ma campi-mobile défiais les règles du temps (non, je n'aime pas être en retard, non les gens qui sont systématiquement en retard n'aiment pas ça, c'est comme ça et ça nous énerve, mais c'est pas pour autant qu'on aime ça!Au moins, ça, c'est dit) me voilà face au changement de vie radical.

Pour que ce soit plus clair voici les étapes du changement en six phases (et mes étudiants sont ici pliés en deux , les six phases c'est notre truc à nous)

1. Changement de perspective professionnelle

Vous le savez, il a fallu faire un choix entre ma vie (le fait d'être vivant et en bonne santé, d'avoir des amis, un jour un mec et des enfants donc) et un de mes rêves (qui en réalité  n'avait plus rien d'un rêve, dureté du système et violence des situations ont eu raison de mon coeur (organe vital essentiel chez les humains et particulièrement mis à l'épreuve chez moi) et de mes nerfs) (c'est quoi le problème avec les parenthèses?)

J'ai donc choisi, comme la raison, le coeur, la vie et le reste me le commandaient de changer de métier.

Je me disais naïvement qu'en attendant d'avoir le concours, j'allais trouver vite facilement un job alimentaire histoire de voir venir.

C'était sans compter sur mes trop nombreux diplômes qui visiblement gênent le patron lambda.

Oui, quand tu as trop de diplômes pour le poste, tu coûtes trop cher donc on ne te choisit pas TOI.

Tu as de nombreuses qualités indéniables et tu saurais vendre n'importe quoi à n'importe qui, oui, nous en sommes sûrs, mais tu es trôôôôôp diplômée!

Alors.....une seule solution: retirer des diplômes du CV.

Ouais y en a pas d'autres.

Sinon je me fends d'un aller retour à Paris au siège de chaque magasin de chaîne et je demande à voir le PDG.

Bon j'ai pas le budg', et cette idée ne fonctionne pas à tous les coups, encore une idée insufflée par quelqu'un d'idéaliste no limit. (Oui, je parle bien de vous cher Dominique)

Je ne lâche rien, les cours se sont trop bien passés pour la 4ème année consécutive, les étudiants sont drôles, attachants, retiennent et apprennent, sont intelligents, et me rendent fière d'eux.

Que demande le peuple? A la veille des concours, moi j'dis, bein, le capes m'dame.

Mais que les sceptiques se rassurent: je préfère enlever temporairement des diplômes de mes cv et faire 35 heures en cdd pour renflouer mes caisses que de revenir en arrière. Que ce soit bien clair, je suis à présent bien plus heureuse qu'avant, j'crois même que je ne l'ai jamais autant été.

Mais c'est gentil de s’inquiéter.

2. Le changement de perspective décorative d'intérieur.

Nouvelle vie nouveau décor.

J'ai vidé mon appart: mais vraiment vidé.

J'ai vendu des fringues, des meubles, des bijoux, des objets déco, je ne m'arrête plus.

Je me dépossède, pour mieux me sentir chez moi.

Et ça fait un bien fou! 

Arrachage de tapisserie (et non pas juste 'détapissage" non non, j'ai bien ARRACHE la tapisserie saumonée de ma chambre), peinture grâce au savoir faire et à la patience de mon meilleur ami, nouveaux meubles acquis grâce à la générosité de mes amis, nouvelle déco, nouvelles couleurs, et nouvelle fonction pour ma chambre: DORMIR.

Oui, avant je stockais. Maintenant, il n'y a que l'essentiel, un dressing, de la lumière douce, des livres et de la musique. (en plus d'un lit, ça va sans dire)

Et un message clair sur la porte: prendre le temps. 

A bon entendeur....

3.Le changement de perspective de déplacements.

Je vends ma voiture.

Je l'écris pour mieux réaliser.

Non, je n'ai pas craqué pour aller vivre à pieds dans les montagnes tibétaines, je l'ai tout simplement achetée à crédit et aujourd'hui, sans job, impossible de payer le crédit, alors je dois la vendre.

Mais pour quelqu'un comme moi, qui personnifie tout (ma voiture est donc quelqu'un à part entière dans ma vie, mais je me soigne pour ça rassurez vous) c'est plus qu'un objet qu'on vend, c'est tout ce qui va avec.

Alors je me déplace déjà en bus depuis 1 mois.

Le bus, c'est cool. 

On se fait conduire, on se fait ramener, on est obligé d'anticiper, mais au final, pas de stress, et en plus du temps pour lire, observer le décor qui nous entoure, observer les gens....et accueillir des sourires, qu'on aurait raté, seul dans sa voiture 4 places.

Les locations en auto-partage et autres "je suis une super nana" vont me permettre si besoin essentiel, de me retrouver quelquefois en voiture encore, de louer mon garage à quelqu'un de mon immeuble, d'utiliser les moyens urbains mis à ma disposition, y compris les trains et les bus des autres villes et puis d'accepter de me faire ramener par les amis.

La roue tourne en fait, et j'agis en conscience, celle d'économiser et dans ma situation ça urgeait un peu, et celle de me déplacer autrement. (et de ne plus prendre de PV)

On reparlera voiture si j'obtiens le capes et un poste dans un collège de campagne avesnoise.

Ou si j'ai soudainement des enfants.


4. Changement de perspective alimentaire

J'en ai déjà parlé ici et pourtant j'attaque ma quatrième semaine sans glucides ni gluten, et je suis encore là pour en parler comme quoi c'est possible de s'alimenter autrement, même quand on a peu de moyens.

Des légumes, des fruits et des protéines, tout compte fait ce qu'on mangeait avant Marco Polo, et même avant le welsh et les frites.

Donc, en fins de comptes, manger moins sucré, moins gras et sans blé, c'est possible (et sans mauvais jeu de mots)

J'ai attrapé une ligne mes amis, vous m'en diriez des nouvelles.

Et puis ça va plutôt bien.

J'ai beaucoup sommeil en revanche, j'imagine que je devrais en conséquence, retourner me coucher plus tôt.

Même si je pars du principe qu'on dormira quand on sera mort.

Dormir aide néanmoins à ne pas mourir trop vite.....donc....

Bref, rdv dans 2 mois!

5. Changement de perspective amicale

Je les vois, je les entends, je les écoute, je suis là quoi.

Et ça change tout.

J'arrive à suivre une conversation avec des humains sans avoir mon téléphone branché sur 15000 volts et ça change du coup beaucoup de choses.

Etre moins connecté aide surtout à se reconnecter avec la réalité: une chose à la fois, je suis dans le présent, sans avoir un pied dans le futur. En clair, quand je suis avec un(e) de mes ami(e)s, je fais en sorte de ne pas être déjà mentalement ailleurs avec un(e) autre pote.

Bien sûr nos rythmes sont différents, et pour sortir il faut un financement.

Mais au final, ceux qui restent sont importants.

Ce n'est pas facile d'être là pour tout le monde tout le temps dans la vie quotidienne, mais un mot par ci par là, un petit message, une attention, ne serait-ce qu'à ce ce qui se dit, forcément ça renforce les liens.

Oui, le changement était bénéfique....pour un courant d'air comme celle que j'étais il n'y a pas si longtemps.

6. Changement de perspective dans le miroir

Qui suis-je, où vais-je, dans quel état j'ère, étaient des questions importantes et quasi quotidiennes de mon existence précédente.

Aujourd'hui, je sais qui je suis, d'où je viens et où je vais.

Je retrouve mon image initiale, je retrouve des repères et forcément ça détend.

Je sais où je dois aller, parce que je l'ai décidé, et rien n'est plus important que les caps qu'on se fixe à soi-même quand ils sont réalisables et même irrationnels. (j'ai quand même publié un bouquin!)

En me regardant, en me fixant, je ne baisse plus les yeux, je sais où est la ligne d'arrivée, où se trouvent chaque pallier, la détermination me pousse au-delà de mes limites.

Tout ce que je mets en place aujourd'hui, dans la vie quotidienne, dans chacun de mes choix, sera essentiel pour demain.

Et même s'il y a encore du boulot, je ne me décourage pas, le chemin parcouru en trois mois est énorme.

Chaque matin, se lever avec des objectifs, être dans le bus à 7h39 alors qu'avant j'arrivais à peine au Palais à 9h30...nouveaux objectifs bien définis, nouvelle vie, nouvelle femme, et je n'ai volontairement pas mentionné de phase 7 sur le changement de perspective sentimentale.....c'est encore en construction, j'apprends seulement!

Tout ça pour dire qu'il est possible de changer, possible d'assumer ses choix, et de pouvoir se retourner en se disant qu'on est fier de soi, fier du travail entrepris, fier de tout ce qui nous a poussé là où nous sommes.

Au bon endroit, au bon moment.

Y croire toujours ça aide vachement.

Vous devriez essayer!

Je vous embrasse.










Y a des copains!