26 févr. 2014

Play or not to play?

La saison de la chasse se termine, et le Bachelor débute, comme quoi dans la vie il n'y a pas de hasard.

Bien entendu ça coïncide aussi avec la fin imminente des Princes de l'Amour...finalement on reste sur ces variations sur le même thème.

Sur fond de scénarii plus ou moins bien dirigés, on peut avoir l'impression que tout cela est en carton, et qu'il n'existe pas de sincérité chez les candidats.

Je crois qu'il y a deux façons d'aborder les choses, concernant ces programmes et dans la vraie vie bien entendu.

La première consiste à se dire que tout cela n'est qu'un jeu.

On nous caste, pour notre beauté plastique ou nos qualités de cœur (big up les prétendants de LPDLA) on nous met en compétition, le pompon sur la pomponette, c'est le Prince, la Princesse ou le Bachelor.

Un célibataire riche et intelligent qui cherche la femme de sa vie, des beaux mecs séducteurs prêts à tomber amoureux s'ils rencontraient la femme de leur vie, des prétendants aux grandes qualités de cœur qui n'ont jamais connu l'amour ou bien une princesse canon qui a été déçue par des beaux mecs qui l'ont baladée et qui recherche finalement un beau mec avec des qualités de cœur (un ami gay donc) 

Bref ces gens quittent leur vie de tous les jours pour nous prouver que, comme le disait Céline Dion, l'amour existe encore.

Enfin l'amour.... L'attachement en fait.

Comment peut-on vraiment tomber amoureux sous l’œil bienveillant de 2000 caméras et de 15 autres personnes, en compétition, et en plus à IBIZA, lieu de toutes les tentations?

Depuis 2001, on a finalement multiplié à l'infini le LOFT, au cours duquel nous avons pu être émus par les amours naissantes et aquatiques de Loana et de Jean Edouard (sans déconner, c'est pas possible?) 

Tout est possible pour tomber amoureux, et si on n'y arrive pas (cf toutes les éditions du Bachelor qui nous montraient surtout comment un mec canon et riche pouvait grâce à la production d'une émission de télé réalité se taper plein de nanas canons sans dépenser un cents, ce qui est ceci dit pratique pour emballer enfin bref) on peut le fabriquer.

Donc soit on joue le jeu, et on le prend comme tel (un jeu donc) soit on se fait happer par notre nature d'être humain et on repart meurtri d'avoir porté à l'écran nos sentiments enfouis parce qu'on était pas prêt.

Bon si c'est bien fait, on peut se marrer (pas sûre que Thomas et Nabilla soient trés heureux aujourd'hui, heureux oui, pas riches, non non je parle de bonheur sincère et réciproque.)

Différence flagrante (euh?ou pas) avec l'Ile de la Tentation, qui ne m'apparait plus si flagrante en fait, au temps pour moi.

Et dans la vie alors?

Dans la vie, la tendance est à ....cette capacité de ne pas s'attacher.

Voilà, on n'est pas un couple, on est des potes, on n'est pas ensemble et on n'est pas non plus un one shot., mais on se comporte comme si on était un couple aux yeux des tiers.

Du coup, on casse un peu tous les codes de ce qu'on connait déjà jusqu'alors.

Exit les sentiments et le romantisme, liés forcément à une vie à deux (même si ce n'est pas nécessairement le cas mais bon, y a des choses difficiles à surmonter hein, niveau clichés) exit la pureté des sentiments, l'idée c'est de prendre un truc en rayon (un humain) le consommer durant un certain temps, et le jeter aprés sans état d'âme. (et je ne parle pas ici des larmes de crocodiles qui ont évidemment fait la joie de nombreux manipulateurs)

"Mais non, personne ne souffre" nous dit W9.

Regardez les émissions dont je vous ai parlé plus haut, les prétendantes s'en remettent un jour de ne pas avoir reçu la rose.

Bon et bien là c'est pareil, on est hermétique à la souffrance, on maîtrise les sentiments naissants, on a une carapace, et on finit par devenir des monstres d'égoïsme, dans la vraie vie.

Où est la limite entre le jeu, la séduction et les véritables sentiments?

Difficile à trouver en fait.

On nous abreuve de confusion des genres, comment savoir alors quels sont les codes aujourd'hui pour séduire?

Hier, les troubadours chantaient des chansons, les chevaliers caressaient la main, inventaient des poèmes, cueillaient des fleurs ce qui démontrait leur virilité. (et oui!)

Puis, il a fallu être à la page, regards, sourires et longues lettres enflammées ne suffisaient plus, il fallait être galant, prendre des initiatives, etc.

Les hommes ont pris peur à l'arrivée de la libération féminine croyant, à tort, qu'ils perdraient leur capacité d'action.

Donc les femmes ont profité de la brèche.

Les hommes sont certainement perdus, ils sont sans doute incapables aujourd'hui de savoir ce qu'ils veulent, pauvres bichons.

Ce qui peut expliquer la présence de 25 prétendantes entre 21 et 29 ans, qui mûres, sûres d'elles, présentées comme des killeuses séductrices, et d'un seul Bachelor.....Au final, contrairement à la Belle et ses Princes, qui se retrouvait devant un cas de conscience évident, (un mec pas super beau mais attachant ou un mec beau mais euh comment dire, qui veut juste **** en fait, comme t'en rencontres 20 par mois en soirée?) le Bachelor est bien emmerdé, elles veulent TOUTES (sauf une apparemment) se caser, fonder une famille, vivre ensemble tout ça.

Ouais, sauf que maintenant les hommes qui veulent ça, il faut attendre qu'ils aient eu le déclic, ou un divorce minimum dans les 4 ans. (comptez vers 35-40 ans) 

Pourquoi alors ce mode de vie: le jeu?

Pourquoi ne pas se laisser aller à aimer, ne pas vouloir s'attacher, faire tout son possible pour être détaché, ne pas dire de mots doux, ne pas être câlin, prévenant, ou alors, pire, l'être, le gendre idéal, pour finalement déguerpir à la moindre initiative, quelle qu'elle soit?

J'avoue que "la peur de souffrir" ne suffit plus.

Parce que si on a peur de souffrir, on ne fait plus cuire de pâtes, de peur de se brûler avec l'eau en les égouttant, on ne fait plus de frites, par peur de s'ébouillanter avec l'huile, on ne s'épile plus, par peur d'avoir mal et ainsi à l'infini.

Personne n'a dit que le jouer était chose aisée.

Je me rappelle d'être allée à l'Inquest il y a longtemps et d'en avoir pleuré tellement j'avais peur. 

Bon finalement je l'ai fait, et je suis là pour en parler. Pourtant c'était chaud, et j'avais hyper peur du vide.

Aujourd'hui, aller au devant de l'autre et lui envoyer des signaux mais sans s'attacher vraiment c'est comme aller au mac do pour commander une salade composée. 

C'est à dire ne pas assumer.

Alors je dis stop.

Les filles qui prennent des "sex friend" sont meurtries, attendent, et en attendant, elles finissent par se contenter de ce qu'elles peuvent avoir, jusqu'à ce que l'homme idéal se pointe et leur déclare sa flamme.

Le pourcentage infime de nanas qui ne ressentent rien pour leur sex friend n'est pas réel, ce sont des hologrammes.

On s'attache forcément, faut arrêter de se voiler la face.(s'attacher ne veut pas dire aimer follement et vouloir s'épouser hein les hommes toujours, non je ne fais que traduire pour que vous compreniez! je sais c'est compliqué)

Nous avons été conçues pour l'attachement. Et un geste tendre, une attention, un baiser, voire même une partie de pump it up, forcément, on y pense, on y repense, on y re-re-re-re pense même dans le pire des cas.

Il faut qu'en face la porte se claque sur nos doigts vite pour qu'on comprenne que si on veut recommencer il ne faut pas réclamer d'attentions.

Et les hommes sont HYPER BALAISES pour créer un VIDE, que dis-je un grand canyon.

Les hommes sont conçus pour détacher. Et quand ils se lassent, ils disparaissent, puis réapparaissent, prennent mal le fait qu'on ne veuille plus se re-coincer les doigts dans la porte, insistent, disparaissent, réapparaissent, deviennent lourds, déploient des trésors d'inventivité pour revenir, (et là: comme dans tous les films où on dit PLUS JAMAIS on les laisse revenir) et re disparaissent au moindre signe d'attachement (et je ne parle pas de menottes messieurs)

Je ne sais pas quand cette tendance au flou va cesser, quand on prend la main d'un humain pour se balader dans la rue, et qu'on l'embrasse fougueusement, cet humain, non, désolé, n'est pas juste un pote.

Quand on dit des mots gentils, on doit les assumer, quand on dit des mots d'amour, on doit faire gaffe, parce qu'en face, à moins de tomber sur un pervers narcissique, la personne reçoit ces mots et RISQUE de les interpréter comme un gage de ce qu'elle veut d'ailleurs.

Donc en résumé, si on :

- embrasse quelqu'un fougueusement (en public et en privé) 
- va au restaurant et qu'on invite par exemple, genre en mode Bachelor mais pas payé par M6 (en public)
- prend la main d'une personne (en public)
- envoie des messages langoureux (en privé)
- pense à l'autre six fois par jour en le lui démontrant par moultes expressions (en privé et en public)
- fait l'amour tendrement (si possible seulement en privé)

NON ON N'EST PAS POTES.

Donc ça va suffire de faire genre "ah bah non, on est potes" quand on remplit ces critères, "mais c'est pas juste un plan d'un soir" non, puisqu'on fait durer le truc, sans faire gaffe à l'humain en face de nous, conquis et déjà prêt à être anéanti dans 5, 4, 3, 2 trop tard

Et même si on prend des précautions d'usage: "au fait, tu sais, il ne faut pas qu'on tombe amoureux hein, on est potes. Non parce que jt'aime bien hein, mais bon tu vois, c'est juste comme ça."ça n'est pas incompatible avec le fait d'être un(e) enfoiré(e) affectif(ve).

NON, encore une fois, ce mélange des genres n'est pas possible humainement.

J'ai cru à de rares occasions qu'il eut pu s'agir d'un compromis intéressant. Fausse Bonne Idée.

Après ça, si on l'a été, on n'est plus potes.

Quoiqu'il en soit, j'assume mon besoin d'attachement, et ma nécessaire propension aux sentiments.

Maintenant j'annonce la couleur.

Sans villa à Ibiza, sans concurrentes, sans caméras.

Certains jeux devraient être interdits, en-dessous d'une limite d'âge, et en-dessous d'un certain potentiel émotionnel et psychologique.

Comme ces émissions sont d'ailleurs interdites aux moins de 10 ans....(de thérapie?)

Je me demande si on ne devrait pas d'abord consulter un psy et un médecin cardiologue pour être sûr d'être bien armé pour ce genre de relations.

Comme toutes les modes, celle-ci finira par s'estomper (et oh malheur de revenir, comme le fuseau) , mais en attendant, comme on ne peut pas encore mettre nos cœurs, hommes ou femmes d'ailleurs, dans des pansements imperméables, je pense qu'il serait judicieux d....'éteindre la télévision.

Je vous embrasse.

ps: j'ai ajouté des kleenex, à vous d'en voir l'utilité...ou le symbole







2 commentaires:

La Reine des Pâquerettes a dit…

J'adore... j'adore... j'adore... tes mots , tes idées, ta franchise...
Je déteste, déteste, déteste, ces hommes qui ne comprennent rien et qui pensent uniquement avec leur s*x* !
Comme tu le dis si bien l'humain n'est pas prévu pour ce fonctionnement plus que complexe de on b**s* mais on est pas en couple, on s'embrasse devant tout le monde mais on est pas en couple, on est pote.

Personnellement, je déteste le terme "pote" pour moi il n'y a rien de plus hypocrite. Soit on est Ami, on partage une relation amicale forte, des événements plus ou moins heureux, on sait qu'on peut compter sur l'Ami de jour comme de nuit. Soit on est une connaissance, quelqu'un avec qui on a partagé un verre, un repas, le temps d'une soirée, ou partagé les mêmes bancs d'école pendant des années sans forcément se donner des nouvelles une fois le collége ou lycée fini.
Pour moi la personne qui me dit on est pote, elle signe l'arrêt de toutes relations en cours avec moi. Elle sombrera rapidement dans la catégorie "connaissances foireuses" !

Bref... Ton article est parfait. Les relations hommes/femmes sont si compliquées qu'il nous faut rester vigilent à chaque instant... en couple ou non, rien n'est jamais acquis... jamais.

Je t'embrasse Miss Sourire !

Anonyme a dit…

Tout simplement Génial !!

Y a des copains!