Cold Case

Information qui a du passer totalement inaperçue ce week-end entre l'allumage du barbec' et la partie de ventre glisse dans la pelouse, mais qui a attisé ma curiosité...

Celle de cette femme qui a été portée disparue pendant 50 ans...et retrouvée vivante au Canada.

L'histoire se passe dans le Surrey, au Canada, où en 1961 Lucy Johnson a brusquement disparu...laissant entre autre sa fille de 7 ans....

Cinquante ans plus tard, dans un journal local, la gendarmerie qui s'était occupée de sa disparition a publié son histoire et sa photo dans le cadre d'une série sur les cas irrésolus (cold case donc vous voyez où je veux en venir....)

Et comble de la surprise, une femme s'est manifestée....la photo: c'était le portrait de sa mère.

Je vous explique: Madame Johnson s'était fait la malle en 1961, son mari n'a déclaré sa disparition qu'en 1965, et avait même été suspecté de l'avoir éliminée. 

Mais que nenni, la douce s'était juste éclipsée, et avait reconstruit une nouvelle vie ailleurs, à 1695 kilomètres de sa petite fille de 7 ans qui a passé une grande partie de sa vie à la rechercher....

Et c'est la fille que Lucy a eu à Yukon qui a répondu à Linda, sa fille du Surrey....

L'histoire se "termine" bien, en tous cas sur le plan des recherches mais me pose (au moins) deux questions:

Je pense d'abord à ces gens qui quittent tout du jour au lendemain sans laisser d'adresse.

Vous savez l'histoire du type qui part acheter des clopes et ne revient jamais.

Combien de fois cela nous est arrivé de "vouloir tout plaquer pour partir au bout du monde sans laisser d'adresse"? de vouloir tout quitter, pour avoir la paix, de monter dans un bus ou un avion pour partir loin des problèmes du quotidien quand on a envie de vivre mais loin de tout ce foutoir?

Bein pour ma part, plus d'une fois j'avouerai.
Mais la deuxième question que je me pose à l'issue de cette histoire c'est "pourquoi ne pas avoir emmené sa fille avec elle?"

Mais j'ai la réponse à cette question.....Peut-être que Lucy Johnson n'en pouvait plus de sa vie, de son mari et de son quotidien, mais qu'elle a voulu préserver sa fille des déchirements provoqués par un divorce (on est en 1961...) et que par amour pour elle, elle s'est tout simplement sacrifiée.
Peut-être qu'elle a souffert toute sa vie, de cette séparation et de n'avoir pas le courage de la rechercher....se disant qu'il était sans doute trop tard....

Linda Johnson a déclaré avoir beaucoup de questions à poser et qu'elles commençaient toutes par "pourquoi", mais que la première chose qu'elle ferait en "re-voyant" sa mère, serait de la serrer dans ses bras.
Sa mère a refait sa vie sans elle, a eu quatre autres enfants, et elle n'a à son encontre aucune rancoeur....

Alors on pourrait croire que c'est romancé, qu'en réalité Linda a les boules et qu'elle en veut à sa mère de l'avoir délaissée tant de temps, on pourrait croire aussi qu'à quasi 60 ans, Linda qui a vécu sans mère a fait 20 ans de psychothérapie et souhaite en obtenir remboursement.
Mais qu'est ce qui pousse une femme à quitter sa vie sans crier gare?

Comment peut-on disparaître sans jamais être retrouvé, jamais trahi, jamais rongé par la culpabilité au point de craquer et de revenir en arrière?

Tenez, prenez Audrey Hepburn dans "Breakfast at Tiffany's".

C'est ni plus ni moins ce que fait son personnage. Elle se barre de sa petite vie qui ne lui correspond pas pour aller tenter sa chance à New York, incognito et pouvoir manger son donuts tranquille en matant la vitrine de Tiffany's.

Et revenir en arrière est pour elle inconcevable, c'est pourquoi elle fausse compagnie à son "mari" à la gare des bus, alors qu'il était venu la récupérer.

Oui cette histoire me fait bien sûr réfléchir, en écho avec une partie conséquente de ma vie, disparaître de la vie de quelqu'un ne doit pas être chose aisée pour la personne qui disparaît tout comme pour ceux que l'on laisse.

Bien sûr il y a des égoïstes dans le lot, mais il faut aussi se demander pourquoi les gens décident un jour de se barrer de façon aussi radicale....Y a sûrement de bonnes raisons de prendre de telles décisions, mais comment les comprendre, comment accepter le choix que d'autres, à tort ou à raison nous imposent?

Parce qu'on pense à Linda...mais que doit-on penser de Lucy?

La condamner ou essayer de la comprendre? Je dis bien "essayer", on n'est pas obligé d'y arriver.

Mais y en a qui y arrivent. 

L'espoir....c'est bien ça que les gens entretiennent en rouvrant des enquêtes jamais élucidées, en recherchant les gens qu'ils crèvent d'envie de revoir pour se construire et avancer.

L'espoir et l'instinct même je dirai, l'instinct de savoir que rien n'est terminé, qu'il faut toujours continuer de croire.

J'espère que toutes les Lucy auront la chance d'avoir des filles comme Linda....

Je vous embrasse :)


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