12 mars 2013

Le temps ne fait rien à l'affaire....

Vous avez reconnu cette expression issue de la fameuse chanson de Brassens, mon vieil ami Georges qui me donne le sourire dés le matin et me trotte dans la tête, quelque soit la chanson et en toutes circonstances.

Ce tendre trublion, ce poète et chansonnier, dont j'aurai rêvé de voir l'Ecole des fans, tant ses chansons sont totalement incongrues et à ne pas mettre entre toutes les oreilles.

Bref, souvent je me suis fait la réflexion de ce que le public, les associations, les médias, les moralisateurs, qui sont souvent les mêmes, ceux qui font la pluie et le beau temps et ont droit de vie et de mort sur toute once de talent, penseraient aujourd'hui de mon Georgio.

A l'époque où l'on sacralise la télé réalité, et où l'on montre la bêtise humaine sur toutes les chaînes, avec des réalités désolantes, brandissant CETTE jeunesse comme l'étendard de toute une génération, on se demande ce qui choque finalement dans ses chansons.

L'Eglise, la police, la guerre, la collaboration, la politique, les femmes, la morale, les prostituées, le sexe, le bon vin, la tendresse malgré tout, bref, tous ces sujets qui sans doute étaient les plus importants à son époque (et qui sont toujours d'actualité aujourd'hui) sont passés entre ses griffes.

Entre les trompettes de la renommée et le Gorille, auprès de son arbre et au marché de Brive la Gaillarde, on ne peut pas dire qu'il ait épargné grand monde.

Combien de plaintes, combien de radios auraient boycotté ses chansons, combien d'encarts dans les magazines, combien d'audiences au Tribunal, jusqu'à ce qu'il craque et qu'il s'enfuie pour pouvoir chanter peinard "madame la marquise m'a foutu des morpions" [...], "en accord avec lui le catéchumène et moi l’énergumène  il me laisse dire merde je lui laisse dire amen"

J'ai eu un début de réponse dimanche soir au Grand Mix de Tourcoing où j'ai découvert GiédRé.

Comment dire, cette chansonnière, dans la digne lignée de mon Georges, dont la ressemblance physique avec Bérangère Krief est à s'y méprendre, a un univers à elle, chante sur la vie, la mort, l'amour, le quotidien, le sexe aussi, et tout ce qui touche un être humain 2;0;

Voilà notre relève, dans tout le sens du terme.

Le même style, la guitare à la main, mais avec la modernité de notre 21ème siècle, et puis cette même capacité à dénoncer, comme ça, l'air de rien, sur la ritournelle, on a envie de chanter avec elle, c'est efficace et ça donne la patate.

Et qui la connaît? Qui l'apprécie?

Peu de gens connaissent même son existence. Et pourtant elle a déjà fait trois albums, les "vrais magasins" comme elle dit vendent enfin son dernier opus.

Ce n'est pas ma musique préférée mais elle est drôle, sensible, touchante parfois, et même si elle dit la vérité avec des mots crus, elle ne ment pas à son public, ça c'est certain.

Sans un solide second degré, impossible d'écouter ses chansons, évidemment, mais encore en fallait il pour applaudir "elle m'emmerde, elle m'emmerde, elle m'emmerde vous dis je" en 1969....

Dés lors la réflexion est la suivante, que ce soit Brassens ou Coluche, il est évident qu'il n'auraient pas eu le même succès unanime aujourd'hui, les critiques étant ce qu'elles sont, on aurait eu des polémiques tous les quatre matins, parce que la fameuse question du bac "peut on rire de tout? " est aujourd'hui encore d'actualité.

Je me demande du coup si la Société n'a pas pris un train de retard au lieu d'avancer.

Les avancées technologiques, scientifiques sont indéniables, mais j'ai l'impression trés sincèrement, que le pays a perdu son second degré, a oublié de rire de lui même, n'est plus vraiment ouvert d'esprit, s'offusque de la moindre blague potache.

Je ne cautionne pas tout, parfois moi aussi je m'interroge, mais je me dis qu'on ne se scandalise pas toujours pour les bonnes raisons.

Que GiedRé ait été invitée à une émission aussi connue que Taratata m'a étonnée, sur une chaîne du service public, alors que d'aucuns pourraient penser qu'elle relève plus de la chanson paillarde que de l'authentique poésie.

Quand j'entends les live de Georgio je me rassure en me disant qu'un jour, en France, on riait quand on nous chantonnait l'air de rien "le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con, " à peu d'années d'écart des Tontons flingueurs qui disaient "les cons ça ose tout".

Je ne suis pas nostalgique de cette période que je n'ai pas connue, mais je me demande s'il est nécessaire de se prendre autant au sérieux qu'on le fait aujourd'hui, ou en tous cas, être suffisamment lisse et poli pour n'avoir aucun problème avec le Fisc et les Médias.

En tous cas, je prends toujours plaisir à écouter ces bons mots, Brassens est un poète et GiedRé a un peu plus de mots crus dans sa besace, mais finalement, qui s'en choque vraiment?

Des Chansonniers, y en a t il encore beaucoup?

Je repense aux Fables de l'ami Jeannot, et je me dis que lui non plus n'a pas dû faire tout de suite l'unanimité, et tous ceux qui dénoncent avec humour les travers de nos congènères.

Ceux qui ne disaient pas de gros mots quand ils étaient petits, mais qui aujourd'hui, "ne pense plus merde, mais le disent pardi"

Poètes incongrus, auxquels certains bien pensants font la sourde oreille, mais sourient en cachette, aux jeux de mots scabreux, à l'abri des regards.

Je crains qu'on n'avance pas vraiment vite dans les années à venir sur le sujet de l'auto dérision, alors que c'est là la clé d'une vie paisible....

C'est grâce à cela d'ailleurs qu'on en arrive à faire un moon wallk en audience....

Comme dirait GiedRé dans son hommage à Grégoire, toi, plus moi, plus eux, plus tout le monde, on va tous faire la même chose, dans la pièce au fond à droite ou dans la cabane au fond du jardin.....oui oui, même toi lecteur.

Quand je pense que mon Bon vieux Georges est mort seulement 10 mois après ma naissance, des fois je me dis que c'est mal fichu, mais quand je pense qu'il est né en 1921 et moi 60 ans après lui, et qu'aujourd'hui j'écris un article sur ses chinoiseries, je trouve que la vie est plutôt bien faite....

La bonne nouvelle c'est que GiedRé a mon âge....et j'espère qu'elle tiendra le coup!

Les rebelles se reconnaissent entre eux :)

Avertissement :N'oubliez pas que les gens qui vous font rire sont aussi les plus sensibles...



8 mars 2013

Pride and Joy

Je ne pouvais décidément pas terminer cette journée sans rendre hommage à celles dont je fais partie, et qui m'honorent, les femmes.

Aujourd'hui n'est pas un jour de fête, on nous l'a assez bassiné, non, c'est une journée commémorative, en mémoire de toutes celles qui se sont battues pour faire reconnaître nos droits.

Ce n'est pas encore gagné, nombreuses sont encore celles qui doivent supporter leur féminité comme un poids face aux autres, et pas seulement aux hommes, mais également à la Société, à la famille...

Etre une femme n'est pas simple et même ceux qui pensent n'avoir aucun problème avec ça, sont quand même tentés de lancer une petite vanne inutile mais perçue comme humiliante.

Ce soir, en cette journée anniversaire de la lutte pour obtenir l'égalité, ou tout au moins l'équité, entre hommes et femmes, la question qui m'obsède est toujours la même ou presque: Pourquoi?

Pourquoi faut il se battre, pourquoi les femmes sont elles considérées comme plus faibles que les hommes, pourquoi les gens ne sont ils pas encore capables de croire qu'une femme peut penser, agir, et vivre par elle même, mais qu'elle copie, qu'elle envie et qu'elle n'est pas à la hauteur?

Pourquoi existe t il encore des différences de salaires à des postes similaires, pourquoi alors que nous sommes les seules à pouvoir donner la vie, acte héroïque bien que merveilleux, la maternité est elle encore un mystère pour les hommes, et pourquoi encore trop d'entre eux s'enfuient à grandes enjambées lorsqu'ils sont sur le point de prendre ce type de responsabilités?

Pourquoi les femmes devraient encore être dévalorisées quand elles prennent soin d'elles et sont coquettes, pourquoi devraient elles se cacher, pourquoi avoir peur de porter des vêtements féminins,pourquoi certains hommes se sentent autorisés à lever la main sur elles?

Pourquoi, les filles, devenues femmes, n'auraient pas le droit de vivre leur propre existence comme bon leur semble, et pourquoi ne leur fait on pas confiance?

De nombreuses questions ne sont pas encore réglées, ou tout au moins, les réponses qu'on m'apporte ne m'ont pas convaincue.

Ce soir je pense aux femmes fortes de ma vie, à ma grand mère tout d'abord qui a sacrifié sa vie pour son mari et ses enfants, et qui aujourd'hui, à un âge où elle devrait profiter de cette seconde jeunesse, mériterait de commencer à vivre pour elle....

A ma mère, qui est si loin, au sens propre et figuré, et qui n'a pas encore entamé les justes combats.

A ma petite maman de coeur, qui, enfermée dans sa propre vie contre son gré durant de longues années a un jour voulu reprendre le contrôle et s'est affranchie, parfois au risque d'être seule contre tous pour être heureuse à sa façon.

A ma tante, qui a su vaincre les malheurs que la vie a semé, même si dans son coeur elle y pense toujours, qui sait être présente et à l'écoute, même si nos générations sont éloignées.

A ma jumelle, qui s'est construite sans rien demander ni rendre de comptes, quand je vois quelles sont ses journées, son parcours, sa vie, son quotidien, je ne peux que l'admirer en silence, et me tenir à ses côtés, pour l'épauler si d'aventure elle flanchait et pour l'aimer pour tout ce qu'elle apporte autour d'elle.

A ma grande et belle cousine, qui a su tracer son chemin comme elle l'entendait depuis ses 18 ans et qui réussit à vivre son bonheur.

A ma marraine, qui est forte, qui donne tout, sans rien attendre en retour, qui a un coeur pouvant contenir le monde entier, et qui doit pleurer en silence parce elle se doit d'être un pilier, et qui force l'admiration de tous.

A mes meilleures amies, mes soeurs de coeur Leila et Amandine, qui me suivent depuis 17 ans, qui sont présentes dans ma vie, en vrai ou en pensée, en message ou en déjeuner, avec qui je partage une amitié sans aucun nuage noir jamais, qui portent leur vie à bout de bras, qui aiment leur amoureux comme au premier jour, qui se battent pour obtenir ce qu'elles veulent dans la vie sans oublier ma Lisette qui se relève et rebondit, le coeur au vent et que j'aime toutes les trois à l'infini et au delà.

A mes amies de coeur, Elise, qu'on confondrait avec une étudiante en première année aux Beaux Arts et qui est maman de quatre beaux enfants, qui s'est relevée de tout, tout le temps et qui ne voit la vie QUE du bon côté quand tout nous semble perdu, Marion, qui voit toujours le positif en tout, qui n'est qu'amour, Suzy, ma battante préférée, qui sait toujours rebondir, Sarah et sa légendaire technique du rebond, son coeur grand comme l'univers....

A mes amies si chères, Juliette, qui a tenté son défi personnel et le remporte haut la main, Caro qui a décidé de changer de vie et qui assume ce choix, Yael qui se démène pour vivre sa passion autour du monde, So, petit bout de femme en or pur, qui prend les bonnes décisions au bon moment même si elle en doute, ma belle Alexia, toujours positive et enjouée, malgré les coups durs, ma Janou, ma petite Céline, qui a monté son weddingplan est qui est une véritable artiste, Fanny qui se bat et soutient sa famille à bout de bras, Mon piti Milou, qui a pris sa vie en mains, a changé de vie, de région et a trouvé le bonheur....et à toutes celles qui ont une place à part entière dans mon coeur mais que je ne peux toutes citer ici sinon il faudrait un tome 2 :)

A ma cousine Lucie, qui n'a peur d'aucun défi, chef d'une petite entreprise qui ne connaît pas la crise, à mes cousines, toutes plus fortes les unes que les autres, à mes tantes, d'ici ou d'ailleurs.

A Aurélie, Gérante de sa chocolaterie depuis une bonne dizaine d'années et qui reste là, forte quoiqu'il arrive.

A toutes celles de mes amies qui ont des enfants, elles ont mon admiration, et aussi un peu d'envie de leur ressembler

A Miss Gwen, femme DJ qui sait s'imposer dans un monde majoritairement masculin, à celles qui font vivre nos villes, qui portent leurs projets à bout de bras, dont nous sommes fières.

A Dalila, qui fait entendre nos voix sur la place publique, et qui combat chaque jour, que dis je chaque minute, la plus petite trace de discrimination.

A Stéphanie Zwicky, qui sait mieux que personne comme être beau n'est pas être superficiel ou squelettique, qui porte le corps de la femme haut et juste.

A mes étudiantes, à mes futures élèves, qu'elles sachent que je me tiendrais à leurs côtés si l'on osait douter de leur capacité et leur force.

A mes amies et collègues Barbie, Isa et Alice, à mes consoeurs, continuez de vous battre pour exister les filles, on est fortes!

A George Sand, Simone de Beauvoir, Coco Chanel et Simone Weil, Elisabeth Badinter et Gisèle Halimi, Elisabeth Guigou, à la grande Christiane Taubira et à ces femmes qui ont construit l'Histoire au féminin.

A Vous bien évidemment , mes lectrices fidèles, vos mères, soeurs, meilleures amies, grand mères....

A nous toutes nous formons une sacrée bonne équipe, dont je suis fière de faire partie.

Nous avons toutes un point commun: un coeur qui bat pour les autres à l'unisson, un coeur qui nous ouvre toutes les portes, un coeur qui ne nous trahit jamais.

Pour nous toutes, et pour la relève, Ava, Coline, Solène, Lola, Julia....il faut continuer à faire exister le 8 mars.

Jusqu'à ce que tout soit entré dans l'ordre et que cette date soit VRAIMENT un jour comme les autres.

Femmes, je vous aime.





Y a des copains!