Material Girl

Pour une grande sentimentale comme moi, il est facile de s'attacher aux gens, même à ceux que l'on connait depuis trés peu.

Mais ce qui est étonnant c'est de s'attacher aux objets.

Comme ma voiture, que j'aime d'amour ou les vêtements, dont je me souviens pour chacun d'eux, l'occasion pour laquelle je les ai achetés, où je les ai trouvés, les cadeaux qu'on m'offre, les cd, les films, les choses qui remplissent mon espace, les albums photos, les lettres d'amour, et cet objet qui ne me quitte jamais, que j'ai malmené, fait tomber, ramassé, eu peur d'avoir perdu, pesté, insulté quand il m'abandonnait au mauvais moment, aimé quand il m'annonçait de bonnes nouvelles ou m'apportait des jolis messages.

Bien sûr je parle de mon portable.

Oh je vous entends déjà, consacrer un article à son portable franchement la pauvre, elle doit sacrément être en manque d'inspiration.

Pas du tout.

Je suis trés sérieuse au contraire, même si ce post peut paraître bien futile à côté de sujets plus brûlants comme l'adoption de l'article 1er de la loi pour le mariage pour tous, qui vient d'avoir lieu à l'Assemblée Nationale, la guerre au Mali ou le chômage.

Néanmoins, comment feriez vous sans votre téléphone portable?

Comment feriez vous pour rester en contact, pour joindre vos amis, pour avoir des nouvelles du monde, seriez vous capable de vous en débarrasser, DEFINITIVEMENT?

Seriez vous juste surpris en cherchant dans vos poches, votre voiture et votre sac à mains pendant 5 minutes, de ne pas le trouver?

Ne seriez vous pas en grosse panique, dégoulinant de sueur et de peur?OH MON DIEU MAIS IL EST OU? le coeur battant, le front perlant et les mains moites?

Je n'y crois pas trente secondes.

Mon téléphone, qui m'accompagne 24/24 (enfin, là je l'éteins la nuit quand même) depuis le 24 avril 2010, est mon allié. J'en ai besoin pour le travail bien entendu, mais je l'ai trop manipulé de sorte que sa batterie rend l'âme et que je suis sur le point imminent d'en changer.

Ce n'est pas un objet dernier cri, ce n'est pas un petit rejeton de la marque à la pomme, c'est un gentil portable gris chromé tout neuf, mais qui rend l'âme parce que je suis une dingue.

Vous ne me croyez pas?

A New york, à peine embarqué sur le ferry m'emmenant à Staten Island, alors que mon séjour n'avait débuté que depuis 24h sur les 72h passées sur place, mon appareil photo me lâche.

Juste avant de voir la Statue de la liberté, qui sait quand je la reverrai un jour?

Heureusement: j'avais mon portable. Il m'a permis de faire des photos magnifiques, en sépia, en noir et blanc, des photos en couleur somptueuses pour un téléphone sincèrement, j'étais la première étonnée.

Parce que j'imprime les photos, que je les place dans des albums des soirées entières, quand j'ai vu le rendu j'étais scotchée.

Des agrandissements qui trônent dans mon entrée, fièrement encadrés, sont les oeuvres de mon Nokia!

Montréal, New York, Londres, la Corse et toutes les magnifiques villes que j'ai visité en Calabre.

Toutes les photos que vous avez vu sur le blog, c'est avec mon portable que je les ai faites, y compris la photo emblématique du blog, le fameux panier de fraises.

Il m'a permis de photographier et de filmer tous les ptis bout'choux que mes amis ont mis au monde ces deux dernières années, il m'a annoncé de bonnes et de mauvaises nouvelles, m'a accompagné dans tous les mariages que j'ai faits, m'a sauvé la mise quand je ne trouvais pas ma route, m'a permis de récolter des souvenirs dans les concerts que j'ai vu, d'immortaliser certaines rencontres et certaines soirées, comment ne pas alors lui dédier un post?

Je sais que ça parait bassement matérialiste d'écrire une Ode à son portable quand on a une vie aussi remplie que la mienne et tant de choses bien plus importantes auxquelles on ne dédie rien d'autre que du temps.

Peut être, sans doute, mais ce portable là, est différent des autres, et si j'avais pu reprendre le même je l'aurai fait.

C'est évidemment le coeur serré mais avec la conviction que je n'ai pas le choix, que je m'en vais à la fin de ce post, remplacer ce fidèle compagnon de route.

Je souris à moitié en relisant mes mots, c'est aussi le coeur serré que j'ai changé de voiture, à chaque fois, et que j'ai remplacé certains objets dans ma maison.

Parce que chaque chose a son histoire, et que j'accorde de l'importance à beaucoup (trop) de choses sans doute, mais qu'en tous cas, elles me le rendent bien.

J'aime beaucoup les humains, ça n'a franchement rien à voir, j'adore mon chat, sans lequel je passerai sans doute beaucoup de nuits sans dormir, (et inversement d'ailleurs) mais là, avant de l'éteindre pour le replacer dans mon tiroir de table de chevet (il contient trop de beaux messages!) et de ne l'allumer qu'à de trés rares occasions, je tenais à faire une rétrospective de ces trois dernières années, qu'il a vu et vécu de façon au moins aussi intense que moi.

Etonnemment, je n'avais pas donné de nom à cet objet pourtant familier et inséparable de mes deux mains.

Je vous imagine jeter un oeil à votre propre téléphone en vous posant la question de tout ce que vous avez fait avec, et je suis sûre que vous ne vous étiez jamais posé cette question, parce qu'elle parait si inutile....

L'idée m'est venue, en regardant la parenthèse inattendue de Frédéric Lopez. 

Quand les invités devaient se séparer de leur portable pendant 24h.....et n'y arrivaient pas vraiment.

Je suis souvent joignable en tous cas davantage pour mes amis que pour mes clients, bien plus pour ma famille qui ne m'appelle jamais (et du coup quand ils m'appellent, je crains toujours le pire) que pour ceux qui cherchent à me joindre pour que je règle leurs problèmes dits urgents.

Mais cette invention est révolutionnaire, joignable partout même à l'infini, la seule chose importante à savoir, c'est comment l'utiliser.

Le laisser au repos, filtrer certains appels, le mien me faisait penser au téléphone fixe de chez nos parents quand on racontait des heures à nos copines la journée qu'on avait passé ensemble.....c'était mon pote.

Si vous êtes arrivés à ce moment du post, je vous en remercie, et je vous promets que vous n'entendrez plus au bout de trente secondes de coup de fil  "si ça coupe, c'est que j'ai plus de baaaaaaat" trop tard.

C'est surprenant, même pour moi, mais je considère les objets qui m'appartiennent (sans doute parce que je n'en n'ai pas de grande valeur financière) comme des vases de la dynastie des Ming.

Je n'y peux rien.....je suis une Sentimental Material Girl 

Je vous embrasse et bon week end les joyeux:)


Commentaires

La Reine des Pâquerettes a dit…
Quel article... je souris, et je m'attriste en même temps... Le portable est une arme, je le peste tellement... je voudrais m'en séparé, j'y ai pensé de nombreuses fois et finalement je le garde!!!
Pourquoi??
Parce que quand on se retrouve au chômage c'est l'objet indispensable car comme le dit la Dame Pole Emploi: "il faut toujours être joignable"... mon oeil... bref... histoire perso!
Et d'autre part, il est mon lien de communication avec la Personne la Plus Importante de ma Vie.. il est indispensable parce que cette personne à un métier qui lui fit risquer sa vie parfois et que mon téléphone me rassure quand je reçois un petit mot, un simple " oups j'ai oublié la poubelle ce matin" ou " j'arrive dans 2 minutes.." Quelques mots qui me confirment qu'Il est toujours là, qu'il pense à moi... Que je l'aime..
Bref mon portable c'est un lien très fort avec Lui et c'est pour ça que je le garde ... finalement...

Je crois que je pourrai disserter des heures sur ce thème lors je vais m'arrêter là... Parce que contrairement à Toi Miss L, mon portable je le déteste bien plus fort que toi tu aimes le tien..

Des bisous Miss L...

Y a encore plus de joie!

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