Trompe l'oeil

Je ne vous ferai pas un dessin.

Un trompe l'oeil c'est avant tout une oeuvre d'art.

Je me faisais cette reflexion en regardant les rideaux de mon salon.

Des rideaux suédois tout cons, avec un imprimé que je ne saurai décrire mais qui tire sur les fleurs en filigrane en tous cas.

Bref, en surimpression, on dirait des visages et c'est trés bizarre.comme vous pourrez le constater vous mêmes sur les photos que j'ai prises.

Bref, tout ça me fait donc penser à l'autre trompe l'oeil, celui de la vie.

Celui qui nous berce d'illusions et nous fait naïvement croire que nous connaissons vraiment les gens que nous côtoyons, que nous rencontrons, que nous finissons un jour ou l'autre à autoriser l'accés de notre vie et de notre coeur.

Ce n'est jamais simple de cerner les gens.

Mais en même temps, certains n'arrivent pas à nous leurrer trés longtemps.

Notre iris peut être aveuglé au début par la brillance, les couleurs, la beauté.

Et puis notre cornée peut être troublée par la poudre qui nous est jetée aux yeux.

Un jour où l'autre, l'oeil reprend sa tâche initiale: voir.

Et le trompe l'oeil, s'il n'est jamais loin, s'il est la face immergée de l'iceberg, cachant ainsi la froideur d'un coeur, l'égoïsme, l'insupportable manie de vouloir toujours être au centre de tout, finit un jour par se briser, comme on brise un miroir.

Ce n'est pas immédiat, ce n'est pas instantané.

Du temps.

Voilà ce qu'il faut à notre oeil pour percevoir l'imperceptible, pour qu'il s'habitue à ce qu'il voit, pour qu'il comprenne, pour qu'il traduise le message envoyé, pour qu'il décrypte l'image qui s'offre à lui.

Voilà pourquoi quand j'ai acheté mes rideaux, je n'ai pas vu les visages en trompe l'oeil.

Voilà pourquoi je n'ai rien capté.

Voilà pourquoi j'ai été surprise quand j'ai aperçu un jour une forme.

Voilà pourquoi mon oeil est aujourd'hui plus aiguisé à voir les loups qui se cachent derrière les brebis.

Même s'il est expérimenté, l'oeil humain n'est pas infaillible, l'oeil humain, même expert, n'est pas parfait.

Alors je suis là, à scruter depuis mon canapé moelleux les ombres dans mes rideaux quand le soleil s'y reflète.

Je regarde avec attention, je m'émerveille presque.

Ce n'est pas grave, il s'agit juste de rideaux.

Mais dans la vraie vie, c'est rare que ça m'émerveille.

Il est rare que j'aime découvrir la nature (obscure) de mes congénères.

Parfois je me demande si je ne préférerai pas vivre dans l'ignorance.

Je préfère les rideaux, ça me fait penser au théâtre.

Les miens ne sont pas rouges, ils sont gris.

C'est la bonne couleur pour servir de fond aux ombres chinoises de la vie, un peu de blanc, un peu de noir, le juste milieu.

Celui qu'on passe sa vie à chercher quand notre curseur est toujours ailleurs, plus haut, plus bas, ailleurs.

En attendant de trouver le mien (de juste milieu hein vous suivez c'est bien) je fais des photos des visages sur mes rideaux.

Pour entraîner mon oeil à ne plus jamais se faire avoir.

Et puis c'est rigolo....

Je vous embrasse.....méfiez vous des contrefaçons.....














PS: à l'heure de publication de ce post, les visages de mes rideaux ont décidé de se cacher.
Ils sont timides. Mais je ne suis pas dingue, on est plusieurs à les avoir vus.
Si si. Evidemment sans imagination vous ne verrez rien. Ah bah oui. C'est le minimum!

PS 2: ils sont réapparus dans la lumière alors je vous les ai photographiés.....clic clac kodak:)







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Y a encore plus de joie!

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