25 mai 2012

Jeux Interdits

Je ne vais évidemment pas vous parler du film de René Clément de 1952 qui a révélé la petite Brigitte Fossey, ni du légendaire morceau du même nom, magistralement interprété à la guitare par des milliers de guitaristes en herbe du monde entier.

Non, vous me connaissez maintenant un petit peu (pour certains même beaucoup, enfin bref) vous vous doutez que le titre est à interpréter à double sens, et que forcément, je ne parle ni ciné ni guitare ce matin.

Non, je parle plutôt de ces choses qu'on fait pour avoir une dose d'adrénaline très forte, une décharge d'excitation, de nombreux auteurs, compositeurs et romanciers se sont penchés sur la question, surtout de savoir pourquoi certains font des choses folles, alors qu'ils ont tout pour être heureux.

Je me pose également cette question.

A la lumière de mon expérience perso, et de ce que je constate autour de moi, force est de constater que les gens s'ennuient.

Quand tout va bien, les gens s'ennuient.

Alors, ils ont besoin de piment. De beaucoup de piment.

Par exemple sur une pizza, une margherita, base tomate, mozzarella, origan, c'est ma pizza préférée, bon, prenons cette pizza toute simple mais pourtant délicieuse, cuite au four à bois, un plaisir sans nom.

Un simple filet d'huile d'olive et le bonheur est complet.

Pourquoi y ajouter de l'huile piquante? Juste pour titiller mon palais?Mais sentirai je encore le goût inimitable de la pizza que j'adore?

J'aime bien ajouter du poivre, manger épicé, oui je le confesse.

Mais à force de rajouter du piment, on finit par fausser le goût de l'aliment original, est il alors utile de risquer de perdre le meilleur, parce qu'on a voulu à tout prix, à coup de jeux et de tirages de corde, le rendre plus piquant?

Je ne le pense pas trés sincèrement, et bien entendu, on peut transposer l'exemple de la pizza aux relations amoureuses, amicales, familiales.

A force de bâtir des "systèmes" d'existence, basés sur les piques et les" titillements", ce mode de fonctionnement ne finit il pas par essouffler l'origine de la relation?

On peut tout perdre à jouer avec le feu, et on le sait, c'est ça le truc qui me fait me questionner.

Les gens qui jouent à des jeux malsains, savent trés bien quels sont les enjeux!

Ils savent qu'ils ont tout à perdre, ils savent que parfois le jeu n'en vaut pas la chandelle, pire, ils s'auto proclament princes de vertu, alors même qu'ils sont les premiers à donner des coups de canif dans le contrat "moral" qu'ils passent avec la personne qu'ils aiment.

C'est trés étonnant.

Ce comportement humain est particulièrement étonnant, c'est le mot.

Les femmes, les hommes, heureux, qui ont tout pour l'être, qui le sont d'ailleurs parfois, mais pris dans le tourbillon de leur vie quotidienne, finissent par zapper le bonheur.

Ils oublient que c'est une chance, ils sont inconscients d'être des privilégiés, parce que le bonheur d'être aimé est incroyable, parce que celui d'être capable d'aimer est incommensurable, parce qu'on ne se rend compte, sans doute à force de l'entendre, qu'on est heureux, que lorsqu'on ne l'est plus.

Ou sur le point de tout perdre.

Et c'est ça qui a poussé la rédaction de ce billet.

Doit on jouer, en pensant qu'il ne s'agit QUE d'un jeu, interdit certes, mais plaisant et sans conséquence, puisque-croit-on- on en fixe soi même les règles?

Peut-on être inconscient au point de jouer une fois, sans se faire prendre, deux fois, trois, quatre, six, dix fois, en continuant à s'auto persuader que ce n'est pas grave, que l'on peut parfaitement arrêter à tout instant?

Comme le ferait un voleur?qui croit que pas vu pas pris?un toxicomane, qui pense pouvoir maîtriser son addiction?

On se ment.

On se ment tout le temps, parce qu'au jeu de l'amour, on connaît parfaitement les risques, on refuse d'admettre qu'on risque de s'attacher, de tomber amoureux de ce qui n'est qu'un jeu, et de briser ce qui était jusqu'au début de la partie, le ciment de notre existence.

Je dis qu'il s'agit d'ennui.

Qu'à être trop heureux on se lasse, et qu'il nous faut toujours des petits moments de souffle coupé, de guili dans le ventre, d'excitation, la même qu'on avait il y a trés longtemps avec celui qui partage notre salle de bain et notre compte joint.

Mais on a tendance à l'oublier, quand on retrouve nos 15 ans, nos couettes et notre air béat, notre pti coeur qui s'emballe et nos niaiseries.

On oublie.

Mais quand tout s'effondre, on se souvient! 

La mémoire qui nous faisait défaut quelques heures précédant la découverte du pot aux roses, nous revient en pleine figure et appuie sur la touche play du magnéto de notre vie.

Aucune liste n'avait été dressée, des pour et des contre entre les 5 minutes de plaisir d'ado et la vie qu'on construit jour aprés jour quand on a enfilé notre combi de joueur interdit.

Tout ça pour ça? Le jeu en valait il vraiment la chandelle?

On ne peut pas vraiment le savoir quand l'heure est à la reconstruction.

Au final, il aurait peut être mieux valu qu'on essaie de commencer la guitare....


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Y a des copains!