8 mars 2012

Time After Time....

On ne se rend pas compte de la perception d'autrui, parfois on la néglige même.

Quelle est la notion d'un délai raisonnable dans la vie de tous les jours pour chacun d'entre nous?

Je me suis posée cette question, bien entendu, vous vous en doutez, dans le cadre de mon travail et aussi en écoutant les gens parler autour de moi.

Comment sait on si nous avons tous la même notion du temps?

C'est une excellente question....

Par exemple, quand on a un rendez vous avec quelqu'un et qu'on est en retard, (ce qui est trés rarement mon cas, vous le savez bien) comment est perçu ce retard par la personne qui nous attend?

Pense t il ou elle que nous sommes juste trés peu organisé, ou pire, que nous n'accordons que peu d'importance à notre entrevue?

En réalité, nous négligeons cette attente, ce ressenti, on arrive, on s'excuse, et on passe vite à autre chose, sans s'attarder sur ce retard, qui pour certains sont un mode de vie....n'est ce pas moi?

Je sais que les autres savent que je suis toujours en retard, jça m'énerve toujours de l'être d'ailleurs, et ce n'est que lorsque je suis à l'heure et les autres en retard (si si ça arrive) que je réalise que c'est pénible.

Mais bon, je suis incorrigible, et en même temps, j'ai toujours une bonne raison d'être en retard, comme tout le monde....

Toujours est il, que mise à part ce cas précis, l'attente est un fléau, auquel on n'accorde pas assez d'attention.

Quand on attend des résultats, des analyses, l'arrivée d'un enfant, la vente d'une maison, la réalisation d'un projet, on est dans un état proche de l'Ohio, mais surtout d'anxiété avancée.

Aussi, les gens comme vous et moi, qui ne sont pas dans le "milieu", peuvent mal supporter, les délais, retards, que prennent les banquiers à nous accorder un prêt, que prend une vente de maison, une succession, un résultat judiciaire, un dossier tout court.

Et les professionnels ont perdu la notion du temps.

Ils ne se rendent plus compte de la réelle souffrance que peut engendrer une attente, et surtout que les gens qui attendent souffrent, ont besoin d'être rassurés.

Comme un enfant, à qui on promet que ses parents vont rentrer, quand il dort chez ses grands parents, et qu'il se sent un peu anxieux, ou à qui on promet un cadeau dont il rêve à Noël.

Pour un salarié dans une entreprise à qui on promet une prime, mais qui ne la voit pas arriver, un étudiant qui attend une bourse qui tarde à être accordée, un couple, qui attend un accord de prêt pour acheter une maison, des résultats d'analyse, pour savoir s'ils pourront avoir un enfant.

Et bien sûr, que dire, de ceux qui attendent une greffe, un coeur, un poumon, un rein, et au delà, ceux qui attendent un vaccin, une aide humanitaire....

Non vraiment, personne ne réalise ce qu'une attente peut engendrer chez nous, chez vous, chez tous ceux qui attendent quelque chose en ce monde.

Et on attend tous et toutes quelque chose, une accalmie, un renouveau, un prince charmant, une situation, on attend et on entend tous ces fameux conseils, "prendre du recul, prendre son mal en patience, garder la foi, garder espoir....."

C'est loin d'être simple, à gérer, à expliquer et à comprendre.

On fait quoi en attendant?

J'ai vu un homme qui pensait avoir tout perdu, il avait une famille, une femme et des enfants, neuf frères et soeurs, et il était gérant d'une entreprise qu'il avait créé lui même.

Mais il attendait la vente d'un immeuble, depuis deux ans.

Il appelait son notaire, tout le temps, une fois par semaine, même si ça ne servait à rien, parce que ça prend du temps, et parce que le notaire n'avait pas de baguette magique.

Alors il a perdu patience, deux ans, c'est long, mais on lui a répondu, c'est loin d'être fini....

Il a fait, et son avocat l'a brillamment expliqué, comme nous faisons tous, au téléphone après une heure d'attente avec le sav de notre opérateur téléphonique, de notre assistance technique, de notre banque, ou de tel ou tel service.

Il a pété un plomb.

Comme on peut le faire, quand on a l'impression, puisque personne ne nous dit rien, que personne ne veut nous parler, qu'à un moment, on se moque de nous.

On le dit d'abord gentiment, puis moins gentiment, on devient nerveux, puis agressif, et cela s'explique par le fait qu'on se sent en danger, incertain, incompris, qu'on voit qu'on est dans une impasse, dos au mur.

Alors là on menace, d'appeler un avocat, d'appeler la police, de dénoncer, que ça va barder, etc etc...

Comme le faisaient nos parents, quand on était petit, ils disaient une fois, "arrête mon chéri" puis "arrête chéri maintenant", "puis arrête tout de suite ça suffit" puis si nous n'avions toujours pas obéi, "si tu n'arrêtes pas...."

Voilà, le stade de la menace, celui du chantage, affectif ou autre, qui n'a jamais commencé une phrase par, "fais ceci sinon" ou "arrêtes sinon"?

Nos parents, nos grands parents, nos frères et soeurs, nos copains de classe, "arrêtes sinon je l'dis à la maîtresse", nos amis, nos amours.

Nos banquiers, nos assureurs, nos avocats, nos clients, nos fournisseurs, nos employeurs.

Tout le monde fait ça.

Parce que tout le monde perd la notion du temps.  

L'impatience, voilà ce qui nous fait agir, de telle ou telle manière.

Quand on perd patience, on s'emballe, on perd les pédales, nos mots dépassent notre pensée, on ne pense jamais faire de mal à personne, comme au volant de notre voiture quand le conducteur devant nous fait n'importe quoi ou n'avance pas et qu'on dit, "avances sinon je te crève tes pneus, jte pousse avec ma voiture"

D'abord dans 80 % des cas, on parle tout seul, on a l'air ridicule dans notre voiture à s'énerver s'écheveler, tout seul.

L'autre en face n'entend pas ce que le Code pénal considère comme une menace.

Toutes les fois où on est rentré de soirée, alors qu'on habitait chez nos parents, et qu'on a dit "s'ils m'entendent rentrer si tard ils vont me tuer", heureusement que ce ne sont que des mots!

L'impatience, la patience, l'attente, les délais, sont des mots qui engendrent quoiqu'on en pense du stress, de l'anxiété, des insomnies, des ongles rongés, des paquets de cigarettes en pagaille, des cafetières, et parfois même un teint brouillé, des cernes, pour les heures de sommeil perdues à regarder le plafond en recherche d'une solution "en attendant".

Je n'ai pas de solution, je n'ai pas de remède, j'attends tellement de choses moi même de la vie, que je ne saurai m'ériger en bonipenseuse.

Mais ce qui est sûr, c'est que l'attente est un facteur d'espoir aussi.

Tant qu'on attend quelque chose, c'est qu'il reste de l'espoir, qu'il reste une chance, que rien n'est perdu.

Et que tout finit par s'arranger toujours. D'une manière ou d'une autre, les douleurs liées à l'attente, finissent par s'estomper.

Alors en attendant, il ne faut pas faire le vide autour de soi, et je le dis à voix haute pour le relire encore, et m'en convaincre moi même, parler, communiquer, verbaliser le problème.

C'est l'essentiel. 

Et en attendant, cliquez sur le titre....le chargement ne dure pas plus de deux minutes.

La vie est courte, c'est vrai, mais deux minutes.....c'est moins que le temps qu'il vous a fallu pour arriver jusqu'à cette phrase:)

Je vous embrasse:)

2 commentaires:

Puck a dit…

As-tu remarqué aussi que le temps est relatif de plusieurs manières : bien sûr il s'étire douloureusement lorsqu'on se trouve dans une attente angoissante et il file comme une brise d'été quand on passe un bon moment. Mais en plus, tous les mauvais moments semblent raccourcis, amoindris et tendent à s'effacer une fois que l'attente est terminée. Ce n'était qu'un mauvais moment à passer. Mais les bons moments restent figés dans la mémoire, comme des zones d'éclaircies sur une mer houleuse.

Y a d'la joie! a dit…

je suis entièrement d'accord.
Le temps....c'est un mystère.
On peut écrire dessus et en parler, mais on ne percera sans doute jamais son secret
Un peu comme l'amour....

Y a des copains!