11 mars 2012

Fantastic

J'ai vu un film il y a quelques années, dont je n'ai jamais su le titre, mais qui a tout de même retenu mon attention.

C'était un de ces films futuristes dans lesquels on imagine des voitures qui volent dans le ciel, des inventions incroyables notamment une machine à rêves.

Le procédé était simple (même s'il avait demandé à notre héros un bon nombre de calculs, qui donnait lieu à la fameuse phrase "si mes calculs sont exacts" vous voyez ce que je veux dire?).

Il fallait mettre un casque type casque audio, relié à un boîtier dans lequel on insérait des dvd, lesquels intégraient des rêves dans les cerveaux des "protagonistes".

Alors, dans mon souvenir, la suite n'est pas claire, je ne sais plus si le but de cette invention était de retrouver des souvenirs pour dénouer une enquête criminelle, ou bien, de terroriser les gens à l'approche de l'an 2000.

Bref, toujours est il que je n'ai -comme souvent- retenu que ce qui m'intéressait, le fait qu'on puisse par le biais d'un casque, d'une voix, d'images, de musique, communiquer à notre cerveau des rêves.

Comme si, par exemple, en écoutant un album, les rêves que l'interprète ou le compositeur avait voulu communiquer au monde, pouvaient s'insérer dans le cerveau du public.

Alors, je n'ai eu de cesse que de tenter l'expérience, pas forcément essayer de se connecter avec les rêves de l'auteur, mais en tous cas, de laisser mon esprit divaguer, au fil du son.

Vous savez cette impression, qu'on a en écoutant certaines chansons, ça nous renvoie tout de suite à certaines situations, certains endroits, par exemple "sky and sand" des frères DJ Kalkbrenner, nous propulse immédiatement sur une plage, au bord de la mer, dans une soirée tranquille, un coucher de soleil, des coktails, et la route qui nous emmène le long de la plage.

Les Beach Boys nous transportent malgré nous en Californie, les Beatles à Coven Garden, les Bee Gees nous filent la fièvre du samedi soir, et que devons nous dire des Opéras, des Concertos de Musique classique, qui nous embarquent dans des univers tellement différents, selon notre humeur.

Et puis, la musique que l'on aime nous fait vivre des choses incroyables, nous fait rêver, nous transporte, et parfois bien plus loin qu'on imagine.

Notre imagination devient un terrain de jeu, à condition de s'y abandonner, sans concession.

Alors , à bord du TGV n° 7083, voiture 16 place 17, j'ai recommencé vendredi.matin.

J'ai choisi le son, le voyage, le moment.

J'ai plongé dans l'univers de mon amie Gwen, avec un warm up dont j'ai déjà parlé ici (cf Music sounds better with you) pendant deux heures, une heure de train, le trajet jusqu'au métro et quarante cinq minutes de métro, ligne 4 puis ligne 1, descendre la rue, prendre à droite, puis encore à droite jusqu'à destination.

Comme les rois mages, en Galilée suivent des yeux l'étoile du berger etc etc, moi j'ai suivi le mix de ma propre étoile.

J'ai voyagé dans un rêve, ce trajet que je fais pourtant depuis six mois, n'a pas du tout revêtu les mêmes couleurs, comme si je le faisais pour la première fois.

Ce train qui filait vers la capitale, ces décors pourtant souvent ternes, sous la pluie du Nord, tout était différent.

Les premières notes déjà, me donnaient l'impression de vivre une expérience, d'être dans un autre monde, un monde positif, un monde sain, un monde, que je contemplais mais dans lequel pourtant je n'évoluais pas encore, comme si je devais gravir des étapes avant d'y pénétrer.

J'étais éveillée au début du voyage, j'emploie ce mot à double titre, c'était un voyage en train, et un voyage musical, ce n'est pourtant pas le style de musique que j'écoute d'habitude, mais c'est ce qui est bon, casser les habitudes, explorer des horizons nouveaux.

J'ai fermé les yeux, mon "autre" voyage pouvait commencer.

"we can stay all night, listening to this sound, all below the beating of your heart" j'explorais un autre horizon.

Le soleil, à travers la fenêtre dans mon imaginaire, inondait le compartiment, comme cette photo que j'ai prise en revenant de Reggio Calabria l'été dernier, et qui m'accueille sur l'écran de portable depuis.

Puis, je suis rentrée dans cette vidéo, celle que j'ai prise du train faisant la course avec le soleil, comme une partie de cache cache, passant dans des tunnels, en sortant mais toujours en compétition.

Le train dans lequel j'étais, au son de la musique, filait au bord de la mer, je pouvais presque en sentir la présence, l'odeur, le souffle, le vent, c'était étonnant, je souriais, je vivais grâce au son, des moments d'apaisement.

Puis, le train s'est transformé en aéroport, mais toujours au coucher du soleil, c'est trés surprenant, des palmiers, une esplanade, et la lumière, cette lumière que le soleil faisait refléter sur les objets, les gens, tout était lumineux.

Le beat était là, comme les battements de mon coeur, dont le rythme s'était adapté à celui du son.

Je continuais mon exploration, de grandes étendues de plaines, gorgées de soleil, des vignes, des terres, et au delà, encore la mer.

J'avais quitté le TGV depuis longtemps, je me sentais comme dans du coton, les yeux fermés, l'impression d'une légèreté m'envahissait.

J'étais paisible, toujours physiquement place 17, mais dans mon esprit, il n'y avait que des couleurs positives, du jaune, du rouge, de l'orangé.

Une heure de trajet en train venait de s'écouler, sans que je ne m'en sois véritablement aperçue.

Mon voyage imaginaire continuait.

Puis le train s'est arrêté, j'ai rassemblé mes affaires, et je suis sortie, en direction du métro.

Mes épaules, ma tête, mon corps tout entier avait envie de danser, sur les rythmes qui m'accompagnaient.

Jamais le trajet en métro ne m'avait paru aussi léger.

La route vers ma vie artistique, sur le son d'une autre artiste, généreuse et altruiste était vraiment délicieux.

Et j'ai compris que cette impulsion était provoquée par la musique, par le message que voulait faire passer Gwen, un message positif, un message enjoué, un message pacifique.

Il y avait tout ça dans sa musique.

Et tellement plus encore.

Je regardais les gens, et le warm up continuait à jouer.

Je me suis rappelée New York, les rues de la grosse pomme qui se dévoilaient à moi, en musique, comme une bande originale, chaque pas que je faisais me semblait incroyable, j'étais là, sur l'Ile de Manhattan, et ces décors qui étaient pour moi si familiers depuis mon enfance se déroulaient sous mes yeux.

Puis j'ai remonté le temps, encore un peu, quand en classe de cinéma audio visuel, on découpait les films en plans séquence, chaque séquence était reliée à une musique en particulier, c'est pour cela que j'associe toujours un son à un évenement de la vie, la musique ne me quitte jamais, comme tatouée sur ma peau.

Palais Royal......plus que quelques stations, je souris en regardant les gens, comme dans un film, nous faisons tous partie d'un plan séquence à durée indeterminée qu'on appelle la vie.

Champs Elysées Etoile, je suis bientôt arrivée.

La musique de Gwen ne me quitte pas, elle fait partie de moi, d'habitude j'écoute la voix des gens autour de moi, là ils sont présents, mais je suis dans une bulle, dans un univers que je fais mien.

Je sors de la rame, monte les quelques marches qui m'amènent sur les champs, derrière moi , l'Arc de Triomphe, je descends la rue, sur le même tempo.

Le mix se termine, deux heures de mon point A à mon point B, de ces deux mondes dont je suis le trait d'union, comme deux parties de moi qui n'aspirent qu'à se rejoindre.

J'arrive à destination, je descends mon casque rose bonbon autour de mon cou, j'entends à nouveau le monde réel, les bruits extérieurs, comme quand on se réveille d'un rêve.

L'expérience a été fructueuse, j'ai voyagé à travers le temps, le monde et les sphères du monde, dans mon imagination.

En gardant à l'esprit que..."Toute expérience modifie le sujet qui la subit."

Je vous conseille d'écouter le warm up en lisant l'article....histoire de....vous voyez c'que j'veux dire....

Bon rêve les amis....je vous embrasse.

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