6 févr. 2012

La poutre et la paille.

Je n'avais pas vu tout de suite de quelle citation il s'agissait quand mon interlocuteur a sorti "oui, enfin, c'est un peu comme la poutre et la paille".

Il n'y avait aucune connotation coquine, la référence était relative à Jésus. (Oui, oui, Jésus, vous voyez de qui je parle)

Et c'est en écoutant les références bibliques du Juge que j'avais face à moi, que m'est venue l'idée de cet article (ça mène à tout hein) (d'habitude j'écoute gentiment) (mais là euh.....il a parlé de Jésus j'ai décroché)

Les deux hommes qui étaient confrontés aujourd'hui, dont l'un que j'assistais, devaient raconter comment ils s'étaient connus.
L'un ne se souvenait que vaguement (ou faisait semblant de ne se souvenir que vaguement, mais pas plus que vaguement) l'autre, dans les moindres détails, le lieu, la période, ce qu'ils se sont dit, comment ils se sont connus, par quel biais etc.

C'était saisissant. 

Et je me suis demandé, si on posait la question à des amis, à des couples, s'ils se souviendraient de la même manière de la première fois qu'ils se sont vus.

Dans mon magazine féminin préféré, il y a souvent des couples, auxquels on propose un questionnaire croisé.

Les mêmes questions pour voir s'ils sont au diapason.

Imaginez si le gars répond "je l'ai connu à une soirée chez des potes je l'ai trouvé mignonne, j'avais picolé, et finalement j'ai conclu" alors que la fille répondrait "je l'avais repéré depuis des mois et je savais qu'il viendrait à une soirée chez des amis communs, je m'étais préparée des heures et j'ai réussi à lui parler, on a fini la soirée ensemble, j'avais l'impression de rêver".

Il est évident que les mecs de la com ne publieraient jamais ce genre de choses.

Tout comme à la radio, quand dans une émission de grande écoute, il s'agit de piéger des mecs infidèles, ou sur lesquels la nana a de sérieux doutes.

Quand la question est posée au mec infidèle "mais t'as une copine" et qu'il répond "ouais, mais rien de sérieux" alors que la nana a présenté l'histoire comme "on va prendre un appart, ça fait 6 ans qu'on est ensemble et je veux être sûre" bon, on ne parle pas du tout de la même chose!

J'avais déjà parlé des modes d'emploi et du fait qu'on devrait se faire une "charte de l'utilisateur" avant de s'installer ensemble ou de tenter une histoire.

Aujourd'hui je creuse un peu, comment savoir si on est au diapason?
Ces deux hommes ce matin, se sont bien rencontrés le même jour, et pourtant ils n'ont pas la même mémoire, ni la même vision de ce même évènement.

Personne d'autre n'était présent, il n'y avait pas de caméra de vidéo surveillance, alors comment savoir qui dit vrai?

Sur une rencontre amoureuse, c'est pareil, les intentions ne sont pas affichées au dessus de nos têtes comme une bulle de bande dessinée, qui dirait ce que l'on pense à notre interlocuteur.

Ce n'est pas simple les rapports humains.

Et les amis, ceux qui un jour devront raconter un évènement marquant vécu ensemble, comment décriront ils ce que nous avons vécu?

Tout est une question d'angle, une question de perception.

Comme un message que l'on reçoit, comment connaître le ton? Comment savoir que le destinataire attendait une autre réponse, un autre message?

Rien n'est écrit d'avance, et rien n'est traduit ni expliqué.

On peut, plus ou moins, prévoir à l'avance certaines réactions, parce qu'on connait à peu prés les réactions des gens dans des situations similaires.

Mais on n'est jamais sûr de rien.

Les gens ne sont pas prévisibles, ils peuvent parfois ne pas attendre de nous ce que nous faisons d'habitude.

Alors, ce matin, dans le bureau du juge, je pensais à tout ça, et je me disais, qu'aucun des deux ne mentait finalement sur les circonstances de leur rencontre, qu'il s'agissait d'une question de point de vue, et qu'on ne pouvait rien changer.

C'est un sujet passionnant, la perception, surtout quand on a face à nous des êtres complexes, ou contradictoires, qui sont capables de dire le contraire de ce qu'ils ont dit avant.

On ne sait jamais sur quel pied danser, et on ne sait pas ce que l'autre pense vraiment.

On ne peut pas sonder son cerveau, et quand il dit qu'il ne pense "à rien", ce qui à mes yeux est une hérésie, mais je ne suis qu'une femme, je ne peux donc pas comprendre, ce qui est pourtant si simple, les seuls qui réussissent à ne penser à rien, ce sont les hommes. (C'est chimique.) c'est qu'il ne pense à rien.

Mais on ne sait jamais à quoi l'autre pense vraiment, ressent vraiment, sauf les gens qui comme moi, par chance, sont transparents, et sur le visage desquels on perçoit la moindre émotion.

A part quand on est frappés par la foudre comme Mel Gibson dans "Ce que veulent les femmes" ce qui me semble aussi probable que de gagner à la loterie.

Dès lors il est simple, en fonction de la position de chacun, de mettre de côté la poutre qu'on a dans l’œil (ceci dit ça doit faire SUPER MAL) pour se concentrer sur la paille dans l’œil de son voisin (ce qui doit faire aussi vachement mal) pour éviter de donner le véritable fond de sa pensée.

Et là, je comprends mieux pourquoi j'ai mal à la tête, je n'arrive jamais à ne penser à rien.....Ah si j'étais un homme.......


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Y a des copains!