16 oct. 2011

All by myself

Il faut bien avouer que le film que j'ai vu ce soir, ne sera pas classé dans les chefs d'oeuvre du 7ème Art.

Mais vu la semaine que je viens de passer, il me fallait un film où je pourrais reposer mon coeur et mon esprit, et c'était parfait pour ça.

Malgré tout, force est de constater que mon cerveau a beaucoup fonctionné et a retenu une phrase en particulier.

A la fin du film, l'héroïne doit faire un discours au mariage de sa soeur, et vient de comprendre une chose essentielle: "aimer c'est être soi même"

Exact.

C'est sans doute ce qui me gêne dans ce que je fais aujourd'hui.

Ce monde d'apparence et d'apparât, où l'on est sans cesse en retenue et en représentation, ne me convient pas, ne convient pas à ma personnalité.

J'ai toujours voulu avoir la maîtrise sur les choses, mon comportement, ma vie, je ne bois pas d'alcool, je ne fume pas, ne prends aucune substance illicite, et pour cause, je veux maîtriser

Car dans ce métier, dans cette vie que je pensais avoir choisi à raison, on n'a nullement le droit à l'erreur.

Absolument pas.

On ne peut pas boire dans les bars jusqu'à plus soif, ou jusqu'à ne plus tenir debout, on ne peut pas rouler sous les tables, être inconvenant, insultant, montrer ses fesses, partir en camp de nudiste, enfin, bien sûr je donne des exemples qui ne me concernent pas.

On ne peut pas s'écarter du chemin car il y a toujours quelqu'un qui nous attend au tournant....

Et c'est pour cela, que je ne réussis pas à crever l'abcès.

Je ne rentre pas dans le moule pré dessiné pour moi ou en tous cas pour ce que je devrai être.

Je reste moi même, quand j'enfile ma robe, quand je l'enlève, je ne mens pas sur la marchandise, sur ce que je suis et ce que je ressens, mais je me retiens TRES (ou trop?) souvent, de dire ce que je pense en vertu d'un principe, le devoir de réserve.

C'est en cela que je ne rentre dans aucune case dans ce métier, je suis atypique, je dénote.

Je viens de comprendre, ce soir, face à ce film pour nanas.

Ma personnalité ne correspond pas à l'image de ma profession.

Et quand j'y pense ça m'apparaît évident: je ne suis pas faite pour être dans la retenue, dans les conventions, dans l'ordre, sous l'autorité.

Je suis une créative évidemment, je vis à l'instinct, à la sensibilité, je ne suis moi même réellement qu'avec mes amis, et parfois même je m'adapte à eux.

Aussi pour aimer, il faut se sentir soi même, complète, il faut sentir qu'il ne nous manque rien.

Aujourd'hui.....que dire?

Il me manque des choses, des gens, pour me sentir complète.

D'abord évidemment un métier, qui m'accepte telle que je suis, pas plus, pas moins, moi.

Mon esprit fantasque, ma bonne humeur perpétuelle, mes coups de gueule et de sang,   mon enthousiasme, mon authenticité, mon pep's.

Qui ne me demande pas plus de sérieux, de retenue, de calme, de rigueur.

Qui ne me demande pas d'être une autre que moi, une moi calme, une moi éteinte, une moi frustrée.

Et puis un métier, où les gens que je rencontre, ne mentent pas en permanence.

Un endroit où l'on jouerait le théâtre de la vie, mais sans malice, sans arrière pensée néfaste, sans violation des droits les plus basiques et évidents,

J'ai porté longtemps, un masque de fille parfaite, un masque de fille bien comme il faut.

Depuis que j'ai mis un pied dans ma robe, je sais que ça n'ira pas en s'améliorant.

J'aime profondément ma robe et ce qu'elle signifie, pour moi et pour l'ensemble de ma profession.

Je ne la quitterai sans doute jamais, c'est mon premier costume de scène.

Mais la tragédie à laquelle j'ai, impuissante, assisté ces derniers jours m'amènent à cette réflexion.

Porter un masque en permanence, c'est s'obliger à ne jamais pouvoir le retirer.

Quand on "se doit" d'être infaillible, on oublie d'être humain.

Je préfère, aujourd'hui et pour le restant de ma vie, qu'elle soit longue ou courte, être humaine.

Oh oui, je vous le dis, je vous l'écris, je préfère, de loin être faillible, humaine et avoir les pieds sur terre et le coeur dans les nuages.

Le monde dans lequel JE vis, en permanence, est un monde où en chacun il y a du bon, où tout le monde devrait être capable de vivre ensemble, où les gens sont capables de s'aimer pour de vrai, et pas juste en façade.

Le monde vu de mes yeux, est un endroit vaste et riche, où pour être heureux il faut s'en donner les moyens, accepter les différences, accepter les défauts des autres, s'en accommoder si l'on se dit un ami, ne pas vouloir changer les autres si l'on ne sait pas ce que l'on a au fond de nos propres tripes.

Oui, dans le monde version Campi, il est possible de tout changer, d'aller de l'avant, de bousculer les habitudes, d'évoluer, de changer de vie, de revenir aux essentiels, d'accepter sa vie, de la choisir et de l'assumer.

Aussi basique et évident que cela puisse être, je vous rappelle que pour exister le nourrisson ne pousse son premier cri qu'une fois que l'on coupe le cordon ombilical grâce auquel il a appris, poussé, s'est construit et a fini par arriver à la vie.

Je suis arrivée à un moment où il faut couper le cordon ombilical entre cette profession qui ne veut pas de moi telle que je suis, pour exister par moi même.

Il en est de même pour l'amour. Je ne suis pas une croqueuse d'hommes, ni une tombeuse, c'est connu.

Je suis une fille sympa et rigolote qui aimerait être aimée pour ce qu'elle est, qui ne veut plus confondre la lumière d'une étoile avec celle d'un réverbère, qui veut être aimée au grand jour, pour de vrai.

Je ne dis pas que personne ne m'a ou ne m'aime aujourd'hui pour de vrai.

Je sais, sans prendre trop de risques, que je suis appréciée, aimée et entourée.

Pour de vrai.

Mais je ne veux pas d'histoire en pré fabriqué, juste pour faire comme tout le monde, je ne veux pas d'une histoire clé en mains, trouvée sur un site, comme si je trouvais la paire de chaussures ou la robe du siècle sur un site de vpc.

Non, je le sais, ce ne sera pas simple.

Mais être aimée telle que je suis, exubérante, rondelette, rigolote, artiste dans l'âme, idéaliste, c'est aussi important pour moi que pour Bridget Jones par Marc DARCY.

Un truc possible, un truc vrai, une complicité, un vrai lien, affectif, pas forcément fougueux, voilà où je me sentirais moi même.

Je le connais ce truc là, en amitié, depuis de nombreuses années avec certaines et certains, depuis peu avec d'autres, et je vous aime, tous, et toutes, sincèrement et authentiquement.

Je vous aime pour ce que vous êtes, vos qualités et vos défauts, je me fiche pas mal de ce qu'on dit de vous, je ne crois que mon coeur, et c'est pourquoi parfois je pleure.

Je vous défends quand il le faut, je vous reproche des choses quand je suis déçue, mais tout ce que je fais, est vrai.

Et cette semaine, mon coeur a été mis à rude épreuve. Mon intelligence (aussi petite ou grande soit elle selon l'angle de vue) a beaucoup souffert.

Je vous le dis, lecteurs et amis, qui êtes souvent les mêmes, cette semaine a été très dure pour moi.

L'empathie qui me caractérise si fort, m'a mis dans des états proches de l'Ohio.

Je n'ai pas supporté le lynchage, l'abandon, la dureté, l’âpreté de certains propos face à un homme qui à ce moment là, était sans défense.

J'ai appris des choses, qui m'ont mis en colère, j'ai entendu des choses qui m'ont attristé, j'ai pleuré, j'ai crié.

Ce n'est pas pour le meilleur de mes amis que j'ai ressenti tout cela, parce que pour lui j'ai été inquiète, présente, patiente, et impatiente aussi, de voir la situation s'arranger.

Non, celui pour lequel j'ai veillé, longtemps, pleuré beaucoup, c'est un homme que je me rends compte, connaître très peu dans le fond, mais que j'ai suffisamment regardé dans les yeux pour savoir.

Les apparences, encore elles.

Elles le montraient jovial, agréable, d'autres ont dit mielleux et condescendant.

Ces apparences le montraient infaillible, puissant.

Ses yeux le montraient humain. Et quand on est humain, vraiment, quelque soit ce que l'on fait, on peut trébucher.

Mais rappelez vous, on a pas le droit à l'erreur dans ce milieu là.

A la moindre marche ratée qui vous fait redescendre au niveau inférieur, les autres vous attendent, et vous passent devant pour mieux vous ratatiner.

Quelle entraide?Quelle solidarité? Ah oui, en apparence, on dit un mot, une phrase, mais on se regarde toujours du coin de l'oeil, on se guette.

Evoluer dans un milieu pareil en restant le même, ce n'est pas chose facile.

Et c'est pourquoi j'ai pris la décision salvatrice de le quitter, ce milieu.

Pas les gens que j'y ai rencontré, pas les vrais, les authentiques, avec lesquels je partage des idéaux.

J'ai souffert que l'on piétine les valeurs auxquelles je crois, j'ai souffert de ne savoir comment aider, comment protéger, comment prévenir.

J'ai eu mal de ne pas savoir. 

Je ne veux plus avoir aussi mal.

Je ne me suis jamais sentie au dessus des autres, au dessus de tout ça, je me sens sur un pied d'égalité de fragilité et d'humanité avec ceux qui souffrent, quels qu'ils soient, qu'ils l'aient cherché ou non, d'ailleurs.

Qu'on ne vienne pas me parler de choses bien pires, bien plus difficiles à supporter, bien plus insupportables et dramatiques, comparons ce qui peut l'être.

Je vous parle de ce miroir d'apparences brisé un soir d'octobre, qui aurait pu être le votre ou le mien, celui de vos amis, de vos parents, de vos voisins.

Je vous parle de ce monde où nous jouons tous un rôle, bien défini, de ce monde où nous cherchons à trouver et à garder notre place.

Il n'est pas simple d'être soi même, quand on voit ce qui nous attend.

Alors on se couvre, on s'habille chaudement, on s'entoure de poids, on se cache derrière des pulls, des écharpes, des manteaux, on se fabrique une enceinte, une armure, pour nous protéger des dangers.

Parfois ça ne suffit pas.

Parfois le danger traverse les différentes couches qu'on se construit, et parvient à nous déstabiliser.

Alors on est sur ses gardes, on se méfie, mais à qui peut on vraiment faire confiance?

A nous mêmes. Je suis sérieuse pour une fois.

C'est comme ça que j'en suis arrivée ici, j'ai parfois eu le teint brouillé, l'image brouillée, les signaux faibles, la peur au ventre, le stress permanent, le reflet flou.

Aujourd'hui je suis assez fière. D'avoir réussi à sortir de là sans trop m'éclater la tête contre les murs de haine et de bêtise dressés contre nous, d'être restée moi même, de n'avoir pris personne de haut, de pouvoir encore, aller aux toilettes sans en rougir, parce que tout le monde y va.

De faire l'amour par envie et par plaisir, de faire l'amie, parce que c'est ce que je sais faire de mieux, de donner et d'avancer, sans attendre en retour qu'une chose, la mémoire du coeur.

Et d'assumer mes choix, même les mauvais, même les surprenants.

Je suis une artiste, mais une sincère et authentique. Je porte un masque si je veux, je joue un personnage si je veux.

Parce que si je ne veux pas, ça sonnera faux, et ce ne sera pas moi.

Voilà qui je suis, all by myself.



1 commentaire:

Y a d'la joie! a dit…

46 à l'heure où j'écris ce commentaire....
Vous êtes 46 à avoir lu cet article, et je ne sais pas qui vous êtes?
Confrères?Amis?Famille?les 3?
J'ignore ce que vous en avez pensé, je ne sais pas où vous vous trouviez, ce que vous avez voulu me dire aprés, si vous partagez mon opinion, si vous me comprenez....Je l'ignore, mais je sais que vous êtes passés, que vous avez lu, et rien ne sera plus comme avant avoir lu ce post, quand vous me verrez, vous penserez toujours à cet article, à ce cri dans la nuit et à ma tristesse d'un long moment d'automne.
En tous cas.....Merci.

Y a des copains!